Un intellectuel espagnol engagé pour Israël, Gabriel Albiac.

 

Ci-joint, la traduction de la première partie de l’article intitulé : « Las raíces de Israel » (« Les racines d’Israël »), un texte qui s’insère dans « Otros mundos », une anthologie d’essais de Gabriel Albiac publiée par la maison d’édition Páginas de Espuma, Madrid, 2002. La deuxième partie de cet article est plus historique, plus factuelle. Je propose donc une traduction de cette première partie où Gabriel Albiac met les points sur les i, avec précisions sémantiques et redéfinition de certains mots, à commencer par sionisme qui dans bien des têtes (elles se contentent de répéter ce que distillent ou assènent les médias de masse) se confond avec fascisme. Ci-joint donc l’intégralité de « Las raíces de Israel » de Gabriel Albiac dans sa version originale :

https://www.clublibertaddigital.com/ilustracion-liberal/62/las-raices-de-israel-gabriel-albiac.html

 

Gabriel Albiac (né en 1950, à Utiel, dans la Comunidad valenciana)

Quelques précisions biographiques : Gabriel Albiac est professeur de philosophie depuis 1974 à la Universidad Complutense de Madrid (UCM), l’une des plus prestigieuses universités d’Espagne et du monde latino-américain. Ce philosophe enseignant collabore intensément avec les médias : presse écrite, radio et télévision. Chroniqueur à l’ABC et auteur de nombreux articles dans la presse espagnole (dite « de droite », volontiers pro-israélienne), Gabriel Albiac proclame sa ferveur pour le judaïsme, le monde séfarade (les expulsés d’Espagne et du Portugal) et l’État d’Israël. Il attribue cette ferveur à sa lecture de Spinoza. Je passe sur ses prix et récompenses pour ne signaler que le prix Samuel Toledano (reçu en 2013) et le prix Samuel Hadas de Amistad España-Israel, reçu en 2012, à l’occasion du 25ème anniversaire de la reconnaissance d’Israël par l’Espagne, en 1985 donc. Rappelons que Samuel Hadas (1931-2010) fut le premier ambassadeur d’Israël en Espagne. Quant à Samuel Toledano (1929-1996), il a puissamment œuvré tout au long de sa vie à la reconnaissance de la communauté séfarade et de l’État d’Israël par les autorités espagnoles.

Ci-joint, une visite guidée de la bibliothèque de Gabriel Albiac par Gabriel Albiac et sous les auspices de Libertad Digital, un centre le liberté en Espagne qui, comme tout centre de liberté, a cette spécificité : la défense d’Israël. Vous ne comprenez pas le castillan ? Qu’importe ! Laissez-vous guider durant une dizaine de minutes par la belle énergie espagnole :

https://www.youtube.com/watch?v=HXPk7rvU174

Concernant Libertad Digital, je considère après plus de vingt ans passés dans ce pays que ce site constitue le fer de lance de la défense d’Israël (de la liberté donc) en Espagne. Je conseille aux hispanophones et plus simplement à ceux qui « se débrouillent » en espagnol de consulter ce vaste site avant d’entrer par exemple cette clé sur le moteur de recherche : « Libertad Digital Israel ».

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Donc, la traduction de la première partie de l’article en lien ci-dessus :

Ainsi qu’il en est de tout mot qui s’inscrit dans l’aire passionnelle de la rhétorique politique, le mot sioniste a fini par devenir presque impossible à appréhender. S’efforcer de rétablir son contenu en termes apodictiques est à présent une tâche quasi impossible et, pire, inaudible.

Pour le locuteur moyen de la fin du XXème siècle, sionisme et antisionisme constituent le couple d’opposés conceptuels par lequel s’appréhende le conflit arabo-israélien. Dans les traditions de gauche les plus conventionnelles, sionisme est généralement employé comme synonyme ou variante d’impérialisme. Avec les plus radicales et grossières de ces traditions, on a même pu évoquer – sous l’influence du jargon de l’OLP – le « fascisme sioniste » (…).

Nous allons tenter de rétablir la signification historique de ce mot. Le sionisme est une idéologie politique née dans le monde laïc juif européen – et plutôt socialiste –, à la fin du XIXème siècle, sous l’effet d’une poussée antisémite dont l’affaire Dreyfus est emblématique. Le cycle du sionisme se termine définitivement avec la création d’un État juif en Palestine. Le sionisme réalise ainsi son programme essentiel. Après 1948, l’utilisation du mot sionisme devient métaphorique ; il ne désigne plus aucun mouvement social ou politique précis.

Commençons par rappeler deux caractéristiques de ce mouvement, formellement établi à Bâle, en 1897, avant de suivre son itinéraire avec la fondation de l’État d’Israël.

Mais en premier lieu, revenons-en à certains usages dévoyés du langage. Il est fréquent de constater dans l’opinion publique une assimilation spontanée entre sionisme et intégrisme religieux : un cliché (un tópico) confortable qui met dans un même sac orthodoxie rabbinique et sionisme radical, un cliché confortable mais erroné, tant du point de vue historique que religieux. Cette confusion entre sionisme et tradition rabbinique est discordante. Cette identification entre les orthodoxies religieuses et les expansionnismes territoriaux n’a de sens que dans les traditions religieuses qui pratiquent le prosélytisme (qui prend appui sur l’hypothèse d’un salut universel), une norme éthique primordiale. C’était le cas de la tradition chrétienne, il n’y a pas si longtemps, lorsqu’elle prenait au sérieux sa dogmatique, et c’est à présent le cas de l’islam, avec encore plus de détermination. Tandis que pour le judaïsme orthodoxe, le prosélytisme est une perversion théologique. L’élection divine du peuple est métaphysiquement et théologiquement incompatible avec la conversion comme pratique de masse. Ainsi convient-il d’appeler les choses par leur nom ; et de conserver un minimum de mémoire historique. Le sionisme n’est pas né dans des milieux rabbiniques et orthodoxes. Il a été essentiellement le fait du judaïsme laïc et de ses tendances les plus affirmées, très mêlées au socialisme naissant – le cas de Moses Hess ou de Israël Zangwill sont assez significatifs – depuis la fin du XIXème siècle. Son objectif politique défini par son grand configurateur doctrinaire, Theodor Herzl dans « L’État juif » (1896) comme projet d’édification d’un État juif dans la Palestine ottomane, heurta de front la majorité du rabbinat de la diaspora qui vit là une substitution du religieux par le laïc.

Jusqu’à aujourd’hui, en Israël même, les secteurs les plus littéralistes du judaïsme d’observance messianiste refusent la légitimité d’un État conçu sans aucune référence à une transcendance. Pour un orthodoxe, le Livre est transparent : le Règne ne peut advenir aussi longtemps qu’il n’y a pas de Messie ; toute tentative pour hâter Sa venue revient à blasphémer l’œuvre divine ; et c’est précisément ce que fait le sionisme qui édifie un État (juif) laïc.

Les importantes concessions faites à ce rabbinat orthodoxe par David Ben Gourion après la formation de l’État d’Israël ne parviendront jamais à effacer complétement cette tension essentielle et insurpassable.

L’échec de la Haskala, ce mouvement d’assimilationniste qui s’efforça, d’abord en Allemagne puis en Russie, de favoriser la pleine intégration du judaïsme en Europe et les pogroms de 1819 et 1881 sont les présupposés immédiats de l’émergence du mouvement de Theodor Herzl en faveur du retour à Sion que le Premier Congrès Sioniste proclama en 1897 à Bâle.

 

Theodor Herzl (1860-1904)

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Ces lignes pertinentes de Gabriel Albiac, homme d’intelligence et de bonne volonté, appellent des prolongements. Mais pour l’heure, je préfère m’en tenir là après avoir signalé ce philosophe important dans le monde espagnol, un philosophe au parcours atypique et courageux. Il y a d’autres intellectuels espagnols et hispanophones engagés dans la défense d’Israël et de la culture juive, parmi lesquels Adolfo García Ortega auquel j’ai consacré un article sur ce blog. Ils ne constituent pas le gros de la troupe, mais c’est ainsi partout, en France notamment où ils sont si nombreux à prendre une pose pro-palestinienne. Sait-on jamais… Le courage n’est pas une caractéristique des intellectuels français, pays sur-étatisé où les organes de l’appareil d’État envahissent et étouffent les consciences.

Ainsi que je l’ai précisé, Gabriel Albiac travaille beaucoup avec les médias, du quotidien ABC en passant par la radio et la télévision. Les vidéos qui le montrent s’exprimer sur des questions diverses, en particulier Israël, pays qu’il admire et défend, sont assez nombreuses. J’ai choisi de mettre en lien une longue entrevue en castillan (80 mn), à la Casa Sefarad Israel (calle Mayor 69, Madrid), intitulée « Sefarad Convivencia : diálogo con Gabriel Albiac » :

https://www.youtube.com/watch?v=LUtDUqRbriE

L’article suivant mis en lien est intitulé « Quand l’étincelle juive d’un milliardaire américain devient un flambeau de Yom HaAtsmaout » et signé Amanda Borschel-Dan. Il met l’accent sur la laïcité des fondateurs d’Israël et il peut être lu comme un prolongement à ce qu’écrit Gabriel Albiac. Dans cet article donc, on peut notamment lire : « Et si je vous demandais de me nommer les héros du peuple juif d’avant la haskala, vous pourrez nommer Maïmonide, Rachi, quatre ou cinq, peut-être même six noms. C’est très peu pour des milliers d’années. Mais ces trois cents dernières années, le nombre de Juifs qui ont accompli de grandes choses est extraordinaire. C’est à couper le souffle, tant de choses ont été faites, c’est à se demander comment ! Comment a-t-on pu en faire tant en trois cents ans ? C’est un phénomène notable et je pense l’une des choses les plus tristes de l’instruction juive, c’est que jusqu’à maintenant nous avons ignoré ces trois cents dernières années dans notre éducation juive traditionnelle. Et Israël, dans un sens, est un exemple de réussite laïc extraordinaire (c’est moi qui souligne). Israël est le plus grand miracle du XXe siècle. Pas à cause des religieux, mais grâce aux accomplissements laïcs ». J’ai souvent pensé à ce phénomène. La lecture et la traduction de cet article de Gabriel Albiac m’ont remis en tête cette interrogation, le rapport extraordinaire entre la haskala et la fécondité juive :

http://dovkravi.blogspot.com.es/2017/06/quand-letincelle-juive-dun-milliardaire.html#more

 

Olivier Ypsilantis

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Gustave Le Bon, observateur des foules

 

« L’importance sociale d’une idée n’a d’autre mesure réelle que la puissance qu’elle exerce sur les âmes. Son degré de vérité ou d’erreur ne présente d’intérêt qu’au point de vue philosophique », Gustave Le Bon.

 « Assurances contre les accidents, création de maisons ouvrières, retraites, hygiène, éducation, crédit agricole, développement de la mutualité, organisation de la prévoyance, etc., sont des preuves évidentes de la sollicitude générale. Ce n’est pas là du socialisme, c’est du devoir social, chose bien différente », Gustave Le Bon.

 

 

Gustave Le Bon (1841-1931)

 

Je me souviens d’avoir découvert Gustave Le Bon dans la bibliothèque d’une grand-tante par un titre qui m’intrigua : « Psychologie des foules » (publié en 1895). Je devais avoir quinze ou seize ans et il pleuvait à verse. Je me suis calé dans une méridienne (je pourrais la décrire) et j’ai commencé par ouvrir ce livre un peu au hasard, subjugué, avant d’en faire une lecture méthodique. Je me souviens de la couverture vert très pâle de ce livre, le plus connu d’un écrivain malheureusement trop oublié. L’édition que j’avais entre les mains était celle de la Librairie Félix Alcan (108, boulevard Saint-Germain, Paris, VIe arrondissement), l’édition de 1905.

Cet article m’a été en partie inspiré par la lecture de la thèse d’histoire des idées politiques de Gustave Le Bon parue en 1986, aux Presses Universitaires de France (P.U.F.) et signée Catherine Rouvier, docteur d’État en Droit public et en Sciences politiques de l’Université Paris II (Panthéon-Assas), ancienne élève de Sciences Po Paris et professeur à l’Université de Paris XI (Orsay).

Gustave Le Bon m’a d’emblée fasciné. Il a observé cette manie latine (française en particulier) de vouloir « faire le bonheur des peuples malgré eux », une dénonciation basée sur l’observation de la politique de colonisation, française plus particulièrement. Il pose la question : Comment la métropole s’y prend-elle ? Réponse : En expédiant « des légions de fonctionnaires » ; et, goguenard, il enfonce le clou : « C’est à peu près d’ailleurs notre seul article d’exportation sérieux ! »

Gustave Le Bon (un homme à lire et à relire car politically incorrect) notait il y a environ un siècle que nous, Européens, sous-estimons la puissance de la religion en Asie. Lisez bien, il écrit : « Les institutions politiques des Orientaux, qu’il s’agisse des Arabes ou des Hindous, dérivent uniquement de leurs croyances religieuses… Il n’y a pas de code civil en Orient, il n’y a que des codes religieux ; une nouveauté quelconque n’y est acceptée qu’à la condition d’être le résultat de prescriptions théologiques ». A bon entendeur, salut ! Et pour finir, une prophétie du même qui ne se voulait en rien prophète (et cette considération à plus de cent ans) : « Loin de disparaître, leur influence (des mahométans) grandit chaque jour ». Une différence, et de taille, entre Arabes et Hindous. Les Arabo-musulmans cherchent à convertir le monde entier, tandis que les Hindous restent entre eux. On naît hindou, on ne le devient pas.

L’islam et le socialisme ont des points communs, jusqu’à un certain point il est vrai… Il s’agit de deux religions de masse, de deux religions massifiantes, massificatrices.

Gustave Le Bon et le socialisme, on y vient… Mais, tout d’abord, entendons-nous. Gustave Le Bon n’est ni anti-républicain, ni anti-démocrate comme certains le laissent entendre ; il est anti-socialiste comme l’est tout homme épris de liberté. Dans l’un de ses ouvrages, « Psychologie du socialisme », moins connu que « Psychologie des foules », il décrit ainsi le socialisme et dès les premières pages : « Le pays ne serait plus qu’une sorte d’immense couvent soumis à une sévère discipline maintenue par une armée de fonctionnaires ». Un couvent ? Pour Gustave Le Bon, le socialisme est un étatisme mais aussi… une religion.

Le socialisme est bien une religion : il est beaucoup plus « une croyance à forme religieuse » qu’une doctrine. Le socialisme est venu tout naturellement prendre la place de religions anémiées. Il est « venu à l’instant précis où le pouvoir des vieilles divinités a considérablement pâli ». Mais s’il y a religion, il y a dogme. Oui, nous dit Gustave Le Bon, mais les dogmes (la doctrine) ne se structurent et ne s’imposent vraiment que lorsque la croyance (à forme religieuse) a triomphé ; et après on bidouille, en s’efforçant de « mettre d’accord les principes formulés par ses fondateurs avec les faits nouveaux qui les contredisent trop nettement », à la manière d’un théologien. Le dogme est incertain aussi longtemps qu’il n’a pas triomphé. Et on en revient à la psychologie des foules. Les foules ne s’attardent pas sur les discussions des théoriciens, les foules ne coupent pas les cheveux en quatre (l’anglais a cette belle expression : to dance on the head of a pin).

La véritable influence du socialisme et de ses dogmes se fait non par les théories (il est capable d’en pondre au moins autant qu’une poule pond des œufs), et leurs arguments économiques qui n’intéressent que quelques spécialistes, le socialisme est véritablement fort quand « il reste dans le domaine des affirmations, des rêveries et des promesses ». Ce qui était vrai il y a un siècle et plus l’est encore, même si le bavardage de la technicité s’est immiscé un peu partout. Bref, peu importe la part de vérité ou d’erreur, quand « une croyance est fixée dans les âmes, son absurdité n’apparaît plus, la raison ne l’atteint plus. »

Parmi les modifications sociales essentielles qu’entraîne la mise en œuvre du socialisme, l’emprise grandissante de l’étatisme, le socialisme reposant sur un égalitarisme qui ne peut être maintenu que par la coercition. La France s’y prête tout particulièrement, forte d’une tradition historique qui remonte bien avant la Révolution de 1789 ; et le tempérament latin (sur lequel l’auteur revient volontiers) aide aussi à la propagation du socialisme.

L’égalité, c’est le triomphe de la collectivité sur l’individu, c’est la mainmise du collectivisme sur l’individualisme, deux principes en lutte perpétuelle qui animent les sociétés humaines depuis toujours.

J’ai toujours haussé les épaules en apercevant la trilogie Liberté-Égalité-Fraternité au fronton des bâtiments officiels. Je dois porter Walden en moi. Je ne suis pas un défenseur de l’Ancien Régime ; mais le Nouveau Régime ne m’a jamais enthousiasmé. Il récupère les tares de l’Ancien ; il en corrige certes quelques-unes mais il en rajoute d’autres. Le constat est consternant : on tourne en rond ! Le plus ridicule dans cette trilogie est bien Fraternité, comme si elle se décrétait ! Et la Liberté, se décrète-t-elle ? Personne ne s’entend sur ce mot fourre-tout. C’est un véritable dialogue de sourd. L’Égalité, oui : on s’efforce de couper tout ce qui dépasse ; mais comme l’écrit Catherine Rouvier : « De cette société où ont été abolis les privilèges, les rangs et les communautés surgissent, comme de leur bois de jeunes loups affamés depuis longtemps, les ambitieux, les forts, les énergiques, les actifs de tout poil et de toute origine, bien décidés dans ce désert social à se tailler la part du lion et à restaurer à leur profit titres et privilèges ».

 

 

En citant de la sorte Catherine Rouvier, je ne cherche pas à défendre à tout prix l’Ancien Régime et à peindre un monde noir et blanc, noir pour la Révolution, blanc pour ce qui l’a précédé ; mais je refuse de basculer dans l’inverse, blanc pour la Révolution, noir pour ce qui l’a précédé. Je ne suis pas un contempteur radical de la Révolution française, en aucun cas ; je ne suis pas non plus l’une de ses groupies, en aucun cas. Trop à dire à ce sujet. Il est vrai que de nombreux contempteurs de la Révolution française me sont antipathiques ; mais étant imperméable à tout dogme (tant religieux que laïc), je n’ai aucune peine à reconnaître le bien-fondé d’un certain nombre de leurs jugements. Je préfère lire Edmund Burke que tout ce salmigondis chié par les théologiens révolutionnaires, à commencer par Saint-Just. Quant aux groupies révolutionnaires, leurs transes me répugnent et leur absence d’esprit critique me déprime lorsqu’elle ne me met pas en colère. Un mot à ce sujet : on oublie que parmi ces jeunes loups que la Révolution française fit sortir de leur bois figurent d’assez nombreux cadets de familles aristocratiques que le droit d’aînesse avait privés de moyens de subsistance, des cadets tentés par l’aventure car n’ayant rien ou presque rien à perdre. La Révolution française est aussi (et d’abord) l’histoire d’une lutte interne et complexe au sein des vieilles classes dirigeantes, de la noblesse et de ses complexités que pourrait symboliser la mort d’un roi voté par un cousin, premier prince du sang, Louis-Philippe d’Orléans, duc de Montpensier, duc de Chartres puis duc d’Orléans, devenu Philippe Égalité…

Dans une société libre, l’égalité est impossible. Certes, il peut y avoir l’égalité devant la loi, ce qui n’est pas si mal, ce qui est même très bien, ce qui est essentiel ; mais cette égalité sur le papier — cette égalité codifiée — est vite contournée, et diversement, par les forts, tandis que les faibles n’ont pour toute liberté que celle de rester faibles. Car dans une société la vraie liberté est économique, matérielle, c’est ainsi ; et cette liberté engendre des inégalités qui ne peuvent être corrigées qu’autoritairement, par intervention étatique, avec redistribution. C’est alors que l’État s’impose et s’enfle. Nous avons l’État français, gorgé comme une tique. Mais, redisons-le, le volume particulier qu’a cet État n’est pas exclusivement le fait de la Révolution française qui n’a fait qu’accélérer un processus. Gustave Le Bon observe très justement que si la France est prédestinée au socialisme, c’est parce que le socialisme n’est autre chose que « l’expression ultime de l’idée monarchique dont la Révolution n’a été qu’une phase accélératrice ». Le socialisme c’est la monarchie dite « absolue » du XVIe siècle, mais en pire… Dans un cas, le bon peuple est soumis au bon vouloir du prince ; dans l’autre, il est ligoté comme Gulliver par les Lilliputiens. Et dans ce cas, il ne s’agit pas d’une métaphore du krach de 1720 mais de l’individu immobilisé dans un maillage de lois, de décrets, d’arrêtés, de circulaires, de chartes, de règlements, de codes, et j’en passe…

Certes, le socialisme est en principe soumis à l’élection ; je dis bien en principe car l’histoire a montré qu’il sait s’installer et se maintenir par la force la plus brutale. Le socialisme est donc en principe soumis à l’élection, à des mandats temporaires, mais il est tout-puissant, et sournoisement, avec cet énorme appareil administratif. En France aujourd’hui, aucun parti politique, des partis les plus à droite aux partis les plus à gauche, en passant par le centre droit, le centre gauche et le centre du centre, aucun parti politique ne lutte pour moins d’État, aucun.

 

Olivier Ypsilantis

 

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Je me souviens (sur les routes et en train)

 

Je me souviens que sur la route des vacances, vers l’île d’Yeu, nous nous arrêtions dans les environs de Chôlet, dans un bois, de pins me semble-t-il. Là, nous piqueniquions. Je mangeais léger car la suspension hydraulique de la DS Citroën de mon père me mettait le cœur au bord des lèvres. Enfants, nous nous disputions les places aux vitres au cas où…

Vers le Portugal, en Extremadura, le Guadiana que nous longeons puis dont nous nous éloignons avant de le traverser pour le longer plus loin, et ainsi de suite.

Au bord de la route, dans le Territoire de Pondichéry, émergeant d’une épaisse végétation, La Vache qui rit, rouge comme le képi des gendarmes de Pondy.

Nous quittons la route et entrons dans La FutaiePropriété privée, ainsi que le signale un panneau. Longue allée de sable et de gravier, avant la courbe qui conduit à la grille, une haute grille métallique à deux battants très ouvragés, style Art Nouveau. Les phares pivotent avec le volant, ce qui émerveille les enfants que nous sommes. Ne serions-nous pas à bord d’un vaisseau spatial ?

Je me souviens, sur les routes du Québec, des camions au capot saillant dont le magnifique 9900i, avec ses tuyaux d’échappement qui montaient en symétrie (comme des périscopes) le long de la cabine.

 

Un 9900i sur une route du Québec

 

Inde, en train, l’aube, à peine. Des taches blanchâtres en contrebas. Je m’interroge. Le jour commence à se lever ; ces taches : de la pâte dentifrice autour des lèvres d’Indiens à la peau très sombre (je suis dans le Sud, quelque part dans l’État du Karnataka), des Indiens accroupis le long de la voie ferrée et qui se brossent, se brossent et se brossent les dents. En Inde, on n’arrête pas de se brosser les dents et de se racler la gorge, au réveil surtout, une habitude que je n’ai pas perdue. Il s’agit de chasser ces humeurs accumulées au cours du sommeil, du fond de la gorge et des fosses nasales.

Sur les routes de Pologne, un été. A l’orée d’un petit bois, j’entends de l’eau qui coule. Un ruisseau à l’eau transparente ! J’en profite pour me laver intégralement. Cette eau froide me redonne des forces et avec cette propreté retrouvée, je me vois traverser le pays à pied.

Sur une route du Tarn, un été, vers la gentilhommière du frère et de la sœur, de Maurice et Eugénie de Guérin. Je lirai l’œuvre du frère quelques années après cette visite, une œuvre que je rapprocherai de « Hypérion ou l’Ermite en Grèce » (« Hyperion oder Der Eremit in Griechenland ») de Friedrich Hölderlin, des œuvres qui vous enivrent d’énergie. Et si vous ne connaissez pas Le Cayla, je vous propose une brève visite :

https://www.youtube.com/watch?v=xPfMg9oddhk

Extremadura , Alta Vega del Guadiana, entre Cáceres y Badajoz, des rizières en abondance avec la confluence du Río Alcollarín, du Río Ruecas et du Río Gargáliga, pour ne citer qu’eux. L’enfant David se souvient des rizières du Vietnam, alors que nous descendions des montagnes du Laos vers la plaine, vers Ðiện Biên Phủ et Hà Nội. Il pleut sur l’Extremadura et il me parle des rizières du Vietnam, des paysans aux chapeaux coniques en feuilles de latanier fabriqués dans les environs de Huê. Il aimerait revenir au Vietnam. Le Vietnam, je ne cesse d’y revenir, par le rêve et la rêverie, à l’orée du sommeil, souvent, vers Huế le plus souvent, Huế et ses brumes humides, féminines, Huế si douce et qui n’en fut pas moins le lieu de terribles combats, en 1968, combats précédés par le massacre de milliers de notables par les communistes.

 

Vietnamese woman in coolie conical hat riding bicycle ladden with bags, Hanoi, Vietnam

 

La route sous la pluie, les essuies-glaces et leurs différentes vitesses, le confort de l’habitacle, des musiques choisies qui me replacent dans des souvenirs amoureux. Les terres rouges d’Aragon et les amandiers en fleurs, déjà.

La nuit, dans les Pyrénées. Barrage de la Guardia Civil qui me demande de la suivre. Fouille systématique de la voiture. L’un des membres de la patrouille tombe sur un recueil de poèmes de Miguel Hernández, son poète favori ; et il se trouve qu’il est originaire de sa ville, Orihuela, dans la province d’Alicante. Nous voilà à boire café sur café dans la caserne (il s’est mis à pleuvoir) et à parler de poésie pendant que ses collègues passent ma voiture au peigne fin.

Marche dans les collines du Wicklow (sur les pas de J. M. Synge : voir “In Wicklow, West Kerry and Connemara”) où je rencontre un quidam échevelé et quelque peu débraillé qui m’invite à prendre le thé chez lui. Il m’explique (et ses yeux riboulent vers le ciel) que la Sainte Vierge apparaît régulièrement dans un coin de son salon et que j’aurai peut-être la chance de la voir…

Au départ de Phongsaly, dans la province la plus septentrionale du Laos. L’autobus surchargé ne cesse de se surcharger. Dans le couloir central s’empilent des sacs de riz sur lesquels prennent place Laotiens et Laotiennes, avec de la volaille et encore des sacs. Crevaison dans un gué. Arrêt sur une route couverte d’une poussière d’une incomparable douceur où je m’enfonce jusqu’aux chevilles. Malgré l’inconfort, je me sens bien : je suis toujours bien sur la route.

 

Olivier Ypsilantis

 

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A propos du Qatar, de l’Arabie Saoudite et de l’Iran – 2/2

 

L’Iranien souffre d’une sensation d’encerclement justifiée mais que personne n’évoque alors qu’elle est centrale dans les agissements du régime iranien qui a par ailleurs poussé de côté l’exportation de sa Révolution. Ce régime est ce qu’il est, je ne le défendrai sous aucun prétexte. Il faut tout de même se donner la peine d’en étudier les structures (assez mouvantes) et les luttes d’influences, volontiers tout en nuances, au sein de l’appareil du pouvoir. Nous ne sommes pas chez les frustres Arabes, propagateurs d’une religion frustre, et il convient avec l’Iran de laisser de côté ses gros sabots. On jugera mon ton méprisant, au point où en sont les choses je m’en fous.

L’Iran n’a rien plus rien à gagner à organiser des attentats, rien. Elle risque même d’en subir (1), d’être frappé par des membres de Daesh, des Sunnites qui vouent une haine radicale au Chiisme (et ils ne sont pas les seuls) dont l’Iran est le cœur. La guerre entre Chiisme et Sunnisme pourrait faire les gros titres (headlines) dans les années à venir.

L’un de mes espoirs les plus chers, la création d’un Grand Kurdistan, surtout en zone arabe (Irak, Syrie) et turque. Vive le Rojava ! Vive les Peshmergas !

 

Je pourrais en revenir à ces forces centrifuges et centripètes qui menacent l’Iran, l’intégralité territoriale du pays – et oublions pour un temps le régime. Mais en dehors des spécialistes, personne ne se donne la peine d’étudier l’histoire plusieurs fois millénaire de ce pays véritablement fascinant et autrement plus riche que celle du monde arabe dans son ensemble. Nous devons infiniment plus aux Iraniens qu’à l’ensemble du monde arabe ; mais considérant l’état d’inculture générale, le radotage des mass médias et nos terrifiantes compromissions (en Europe notamment) avec le monde arabo-musulman, je suis conscient que mes propos se perdront dans le désert…

Dans les lignes qui suivent, je me permets de faire brièvement part d’expériences personnelles, certes fort limitées mais authentiques et qui me servent à l’occasion de guide dans la fosse que creusent jour après jour les mass merdia, dans les traquenards de l’Information qui « informe » pour mieux désinformer…

Le chauffeur de l’autocar, la soixantaine passée, était un Pasdaran. Il avait fait partie de la garde rapprochée de l’Imam Khomeini à ses débuts. Il se débrouillait en anglais et, de ce fait, nous avons pu discuter. Il a vite compris que j’aimais son pays ; et à aucun moment je n’ai évoqué le régime issu de la Révolution de 1979, pas question de le heurter, je voulais le mettre en confiance et l’interroger ! L’intérêt que je manifestais pour son pays, intérêt historique et culturel, se doublait d’une franche hostilité envers le monde arabe, hostilité que je lui exprimais et sans détour. Le lendemain, à l’arrêt, dans un village de briques crues et de poussière, sous un ciel de poussière, nous avons repris la conversation. J’en suis venu à Israël, en prenant un air aussi dégagé que possible tout en l’observant à la dérobée. L’air pensif il m’a dit : « Israël est notre plus grand ennemi ». Mais je sentais que sa parole était en suspend et qu’il avait quelque chose à ajouter. Je ne le quittais pas des yeux. Son regard et ses traits se durcirent : « Non ! Nous avons un ennemi bien pire qu’Israël : l’Arabie Saoudite et le wahhabisme ! » Je me revois alors lui sourire et lui mettre une main sur l’épaule.

Le guide, Reza, était un homme d’une grande finesse, amoureux de la langue française qu’il maniait avec une parfaite élégance. Je le revois à Chiraz nous lire des passages du « Divân » de Hafez, sur la tombe du poète (en français, dans la traduction de Charles-Henri de Fouchécour), puis des passages du « Jardin de roses » de Saadi, sur la tombe du poète. Reza était discret et fin. Cet Azéri d’allure moderne était un chiite pratiquant. Il était extraordinairement serviable et d’une patience qui me subjuguait. Il semblait avoir l’éternité devant lui. Un jour, j’orientai la conversation sur Israël, et mon ton laissait supposer que ce pays n’avait peut-être pas ma sympathie – il faut à l’occasion savoir être hypocrite pour mettre son interlocuteur en confiance…

Ce qu’il m’a dit mérite qu’on s’y arrête. Il n’a pas commencé à éructer comme un Arabe, à déclarer qu’il fallait en finir avec ce pays et rejeter les Juifs à la mer – ce que me servent inlassablement les Arabes du Maghreb que j’interroge à ce sujet, je le précise car il m’est arrivé de rencontrer des Berbères qui s’écartaient de cette infamie. Il m’a dit : « Les Israéliens sont des loups qui rodent autour de nous ; et que peut-on faire dans ce cas ? On leur jette des pierres pour les éloigner ». Voir les Israéliens comme des loups et les Iraniens (le régime de Téhéran) comme des agneaux prête certes à sourire mais c’est mieux que les éructations en boucle des Arabes et le radotage coranique. Ce qui doit être analysé est le degré de sincérité de Reza : la propagande du régime a-t-elle vraiment réussi à lui faire croire qu’Israël menaçait l’Iran ? Je suis menacé – je me sens menacé –, en conséquence je me défends ; c’est mieux que : les Juifs à la mer, un point c’est tout ! J’espère qu’on me comprendra. Reza a perdu son calme une fois (tout en restant calme), lorsque je l’ai interrogé sur le Bahaïsme, une belle religion fondée par un Persan en 1863 : « Le Bahaïsme, des agents d’Israël qui veulent nous détruire. A surveiller ! »

Mais j’en reviens à des considérations plus strictement géopolitiques. Ce n’est en aucun cas une quelconque affinité religieuse ou idéologique qui rapproche l’Iran et le Qatar, un rapprochement par ailleurs assez mesuré – et j’insiste –, car à lire les News on pourrait croire que ces deux pays s’entendent comme larrons en foire. Aurélien Marq explique fort bien les raisons de ce rapprochement dans l’article que je viens de citer : « Rappelons au passage que le Qatar doit sa richesse au gaz, bien plus qu’au pétrole, ce qui le rapproche de la Russie et de l’Iran plus que des autres membres de l’Opep ». C’est donc un rapprochement de circonstance, lié à des intérêts commerciaux, plus prosaïquement à une histoire de « gros sous », de « big money ».

Je me suis senti un peu moins seul en lisant cet article. Je ne sais qui est Aurélien Marq mais je salue sa perspicacité. L’auteur rappelle en passant l’hostilité multiséculaire entre les Perses et les Arabes avant d’ajouter : « Opposition d’autant plus forte que les Saoudiens savent que l’Occident a beaucoup plus en commun, sur le plan culturel, avec les traditions chiites et leurs interprétations symboliques et poétiques du Coran, qu’avec la lecture littéraliste du wahhabisme qui y voit avant tout un code juridique. Une commune fierté de l’Antiquité, alors que l’Arabie Saoudite tente méticuleusement de faire disparaître ses origines. (On estime que depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’Arabie Saoudite a détruit 98 % des vestiges historiques de plus de mille ans présents sur son sol, y compris les sites historiques musulmans.) Une jeunesse qui rêve de liberté, alors que la jeunesse sunnite se radicalise. Du point de vue saoudien, un rapprochement entre l’Occident et l’Iran est un risque bien réel, susceptible de favoriser l’émergence du fameux « islam des lumières » dont l’hypothèse terrifie Riyad, et doit donc impérativement être empêché ».

Je ne suis ni naïf, ni en pamoison devant le Chiisme, mais cette analyse est la mienne depuis bien des années et en dépit des provocations verbales du régime de Téhéran contre Israël, provocations qui me révulsent et me donnent l’envie de renverser la table. Ce Concours international de caricatures sur l’Holocauste organisé par l’Iran suffirait à me décourager mais patience. Non, le monde arabo-sunnite (et plus généralement sunnite) n’est pas appelé à faire main basse sur les richesses du monde, dont les nôtres, et à le couvrir d’un voile de tristesse. Les éructations du régime de Téhéran cesseront. Les relations historiques entre les Perses et les Hébreux puis entre l’Iran et Israël ne sont pas marquées d’un sceau de sang et, une fois encore, je me garde de toute naïveté ; je souhaite un Israël fort, très fort. Je ne suis pas un pacifiste, le pacifisme ayant participé aux pires désastres. Je suis un homme de paix.

L’Iran protège ses richesses préislamiques, des richesses immenses, et il les donne à voir avec fierté, je puis en témoigner. Les écoliers iraniens visitent Persépolis par classes entières et le tombeau de Cyrus II à Pasargades est une image plus reproduite que celle de l’Ayatollah Khomeini et autres ayatollahs, je puis également en témoigner. L’Arabie Saoudite quant à elle encadre strictement les fouilles archéologiques, quand elle les autorise, et prend soin de gommer tout ce qui a précédé l’avènement de l’islam, à commencer par les riches témoignages de la vie juive et chrétienne sur sa terre. Un pays qui agit de la sorte ne mérite pas même un regard. Et quand on pense aux efforts de l’archéologie iranienne et israélienne, pour ne citer qu’elles !

 

 Le tombeau de Cyrus II à Pasargades, dans le Fars.

 

J’ai applaudi à l’élection de Donald Trump et j’applaudis à certaines de ses initiatives, notamment envers Israël et un Jérusalem indivisible sous l’égide d’Israël. J’ai été heureux de son projet initial (l’un des points forts de sa campagne électorale) d’un rapprochement avec la Russie, projet qui semble avoir été poussé de côté. Je comprends sa satisfaction d’avoir passé un gigantesque contrat d’armement avec les Saoudiens, ainsi donne-t-il du travail à son pays et rééquilibre-t-il sa balance commerciale. Mais il faudrait qu’il les congédie une fois le contrat signé et le chèque encaissé. Il faudrait encager ce pays qui contamine le monde avec ses pétrodollars, à commencer par l’Europe où sévissent de nombreuses communautés musulmanes, arabes en particulier. L’indépendance énergétique vis-à-vis de ce pays (sans parler du Qatar ou du Koweït) est une urgence prophylactique absolue. Pourquoi, nous Européens, ne pas donner notre préférence aux Russes, au gaz et au pétrole russes ? La Russie est le deuxième producteur de gaz au monde, le troisième de pétrole brut et de produits pétroliers. Et nous sommes voisins. Alors ? Une alliance entre l’Europe et la Russie ferait de nous une puissance exceptionnelle. Non plus seulement de l’Atlantique à l’Oural mais de l’Atlantique au Pacifique, de Brest à Vladivostok… A quand une volonté politique supérieure, soit une volonté stratégique ? Cette volonté pourrait dans un même temps et par des voies diverses nous détacher du monde arabe, de son cœur funeste, et faire baisser l’antisémitisme et l’antisionisme en Europe, faire oublier par exemple le suprêmement infâme Boycott – Diversement – Sanctions (BDS).

Il va falloir se reprendre et se déprendre de l’ensemble du monde arabe. Alliances renouvelées avec la Russie mais aussi avec l’Inde (et mise au banc du Pakistan) et la Chine. Israël définitivement rétabli dans ses droits millénaires et inaliénables, avec au moins l’intégration de la Judée-Samarie au pays (j’aimerais plus, le Sinaï par exemple), avec Jérusalem définitivement unifié. Les mots « Palestine », « Palestiniens », « Territoires occupés » et autres mots du même acabit devront être peu à peu oubliés car ils ne sont que des mots d’une propagande qui prolifère sur fond d’antijudaïsme, d’antisémitisme, d’antisionisme, et plus simplement d’ignorance qui plastronne et de crétinerie crasse.

Il y a aussi que (et je cite Aurélien Marq) : « La France gagnerait à se tenir à l’écart de la querelle entre l’Arabie Saoudite et le Qatar, et plus généralement à prendre ses distances vis-à-vis de ces deux pays, l’un et l’autre contribuant massivement à la diffusion de l’idéologie islamiste qui est, aujourd’hui, la principale menace pesant sur l’Occident. Elle devrait, surtout, se rapprocher de l’Iran, sans naïveté mais sans tergiverser. Puisque même l’Allemagne semble maintenant prendre ses distances vis-à-vis des Américains et de leur alliance renouvelée avec le wahhabisme, saisissons cette opportunité pour entraîner l’Europe vers une vision plus équilibrée du Moyen-Orient, et une prise de conscience des remarquables opportunités que recèle la société civile iranienne ». Vous avez bien lu ? Non ! Alors relisez !

 

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(1) J’ai écrit cet article en deux parties quelques semaines avant le double attentat qui a visé des symboles à Téhéran, soit le Parlement iranien et le mausolée de l’imam Khomeini. Curieux, je vais finir par me croire extralucide… L’Iran n’est pas coutumier des attentats, même s’il connaît des escarmouches avec des groupes indépendantistes kurdes et, surtout, baloutches.

 

Olivier Ypsilantis

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A propos du Qatar, de l’Arabie Saoudite et de l’Iran – 1/2

 

Le Qatar est enfin montré du doigt ; je ne m’en plaindrai pas ; il y a des années que je dénonce ce réduit comme l’un des principaux financiers du terrorisme international. Il n’est pas nécessaire d’appartenir à des services secrets – d’être dans le secret des dieux – pour en avoir connaissance. Par ailleurs, la tension entre l’Arabie Saoudite et le Qatar est une vieille histoire sur laquelle a surfé Donald Trump, avec peut-être l’aide d’Israël dans le but d’affaiblir le monde arabo-musulman, en attendant plus, ce à quoi j’applaudis. Divide and Rule, on connaît l’extraordinaire efficacité de ce motto qui explique en partie le British Empire.

Pendant ce temps, l’immense Inde et l’immense Chine montent en puissance, et nous n’en sommes qu’aux débuts. Et, à ce propos, je m’adresse à ceux qui déclarent que l’islam va submerger le monde. Non ! Ces derniers sont victimes des breaking news ; autrement dit, ils manquent de recul, de champ de vision, de viewing range ; ou bien ils se sont saoulés à la propagande coranique, et ils vont dessaouler parce qu’ils seront réduits en morceaux sanglants, tout simplement. L’immense Inde et l’immense Chine observent et se taisent. Elles observent les agissements d’un certain islam, de l’islam. Les Indiens et les Chinois sont patients, plus patients que nous ; mais lorsque cette patience sera mise à bout, cette patience orientale, des violences dont nous n’avons pas même idée commenceront avec une tranquillité et une précision de cuisinier qui découpe la viande…

Je vais faire simple. La Chine ne supportera pas d’être importunée par des braillements et de l’agitation coraniques. Les Chinois aiment vaquer à leurs affaires et en bons commerçants ils apprécient la politesse. Quant aux Indiens hindous (soit environ un milliard d’individus), ils représentent à présent environ 80% de la population totale du pays, une proportion certes confortable mais qui a tendance à décroître aussi discrètement que régulièrement depuis quelques décennies au profit de l’islam. Il faut avoir voyagé en Inde pour prendre la mesure d’une certaine inquiétude dont on parlera beaucoup dans les années à venir. Problème de natalité, certes, mais il faut compter avec ce fait : on naît hindou, on ne se convertit pas à l’hindouisme, tandis que l’islam ramasse tout ce qui traîne pour le mettre dans son chariot. Mais, surtout, pour l’Inde l’islam c’est d’abord le Pakistan, pays atroce entre tous où tout Sunnite a droit de vie et de mort sur les non-Sunnites, soit principalement les Chiites (c’est au Pakistan que vit la plus grande communauté chiite après celle d’Iran), les Hindous et les Chrétiens. Je signale que si le Pakistan est devenu ce qu’il est devenu, soit la terre musulmane de plus grande intolérance, c’est en grande partie pour cause de capitaux saoudiens déversés depuis des décennies dans ce pays, avec notamment construction à tout-va de mosquées salafistes.

Il me semble que l’un des problèmes géopolitiques majeurs (et peut-être même LE problème géopolitique majeur) que pourrait affronter le monde dans une décennie, ou un peu plus, est bien la question Inde-Pakistan. Le Pakistan qui pour l’heure est quasiment un protectorat américano-saoudien. Personne n’ignore que le programme nucléaire pakistanais a bénéficié de l’appui financier saoudien. Commencé en 1972, il s’est considérablement accéléré au cours de ces dernières années, passant de quelques dizaines à quelques centaines de têtes nucléaires. Mais tout le monde s’en fout, les mass media sont occupés ailleurs… Mieux dit : l’information est d’abord destinée à… désinformer.

La rivalité Arabie Saoudite / Qatar est une assez vieille histoire sur fond de Frères musulmans (le Qatar) et de Wahhabisme (l’Arabe Saoudite). C’est pourquoi le coup de gueule de Donald Trump n’a pas été sans effet : tout était en place pour qu’il se traduise illico presto dans les faits. Commencer par pénaliser le Qatar, l’un des argentiers des Frères musulmans, est bienvenu dans la mesure où ces derniers sont plus intelligents et efficaces que les tendances que soutient l’Arabie Saoudite, à commencer par le Wahhabisme. Mais il ne faudra pas s’arrêter en si bon chemin et serrer progressivement le collier passé au cou de cette dernière afin de parvenir à son étouffement progressif, un étouffement que les U.S.A. ont commencé à organiser puisqu’ils ne dépendent plus d’elle pour leurs approvisionnements en énergies fossiles. A nous Européens de suivre !

Dans un article publié sur le site Causeur, intitulé « Arabie Saoudite – Qatar : l’histoire d’une rivalité. Pourquoi la brouille diplomatique était inévitable » et signé Aurélien Marq, on peut lire : « Le reproche fait à Doha de soutenir les Frères musulmans s’inscrit dans la même logique de rivalité au sein de l’extrémisme sunnite, la Confrérie représentant à long terme une menace particulièrement sérieuse, que les pays occidentaux ont d’ailleurs le grand tort de sous-estimer. Qu’elle privilégie l’influence culturelle et l’entrisme politique plutôt que la violence grossière des attentats, qu’elle se pose en recours pour « apaiser les tensions entre les communautés » en faisant progresser l’islamisation à coups « d’accommodements raisonnables », ne la rend pas moins dangereuse, au contraire ». Analyse impeccable dont il va falloir tirer toutes les conséquences. Je reviendrai à cet article, il contient une remarque qui rejoint certaines de mes observations au sujet de l’Iran.

Le Jaïnisme ne représente qu’un très faible pourcentage de la population indienne, mais son influence économique et intellectuelle est considérable. Ci-joint, Palitana, haut lieu de pèlerinage jaïn.  

 

L’Iran ? Quel intérêt aurais-je à défendre ce pays : je suis sioniste, une maladie dont l’état de gravité est tel dans mon cas qu’elle a été jugée incurable, et par les meilleurs spécialistes. Tout d’abord, je ne défends pas le régime iranien, en aucun cas, et j’espère que ceux qui me lisent l’ont compris. Mais je dis et redis qu’en prenant un peu de distance par rapport aux News, c’est du côté de ce pays qu’un avenir respirable se dessine. Cette entente ne se fera pas à n’importe quel prix, c’est pourquoi je m’empresse d’ajouter que les tentacules que poussent l’Iran au Moyen-Orient doivent être sectionnées, à commencer par la plus puissante d’entre elles, celle qui partie d’Irak s’étend vers la Syrie et le Liban, avec le Hezbollah aux portes d’Israël. Mais dans un même temps, il faut comprendre qu’un certain isolement historique explique l’agressivité du régime, autrement plus qu’une quelconque idéologie conquérante. Je signale que l’Iran n’a jamais attaqué ses voisins dans une guerre de conquête, comme l’ont fait les Arabes, ces propagateurs de l’islam. L’Iran a été conquis par les Arabes et islamisé par eux. La guerre Irak-Iran (1980-1988), si proche de nous, a été déclenchée par l’Irak de Saddam Hussein. Mais je ne vais pas me répéter ; j’ai exposé mon point de vue dans un certain nombre d’articles publiés sur ce blog (voir Iran dans « Categories »). Je vais simplement reprendre quelques éléments de réflexion et frontalement : je ne suis pas un adepte de la langue de bois. Point de départ : j’ai toujours jugé l’Iranien supérieur à l’Arabe, et que les chiens de garde de l’antiracisme retournent à leurs niches et à leurs réflexes pavloviens ; je me suis expliqué à ce sujet et je n’y reviendrai pas.

(à suivre)

Olivier Ypsilantis

 

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Des artistes qui aiment Israël

 

En Header, Franck Sinatra (le sioniste) en Israël.

 

Cet article s’adresse à toutes celles et à tous ceux qui aiment Israël, qu’ils soient juifs ou non-juifs, homosexuels ou hétérosexuels, jeunes ou moins jeunes, à la peau claire ou à la peau foncée, et j’en passe, étant entendu qu’Israël est l’universel humain par le truchement d’un peuple extraordinairement particulier. Je signale que ces artistes qui aiment Israël sont généralement traités de tous les noms par les chiens de garde (de l’islamophobie), ceux qui aboient et retroussent les babines au seul nom « Israël ». Mais aimant les chiens, je me garderai dorénavant de traiter une certaine engeance de « chiens »… Et puis cette injure rappelle trop Jean-Paul Sartre, celui qui traita l’anticommuniste de chien. N’ayant pas la moindre estime pour ce « penseur », pour ce bavard, je préfère ne plus rien dire qui y fasse référence.

Je propose cette courte série où s’entrecroisent les cultures, les genres, les générations, les pays, les Juifs et les non-Juifs, etc.

 

Bob Dylan (né en 1941)

 

« Neighborhood Bully » (1983) de Bob Dylan. Les paroles de cette chanson se suffisent à elles-mêmes, et le titre de cette chanson est puissamment évocateur… Bully, Bullying, Israël et les Juifs sont victimes de bullying depuis des siècles et il est écrit que cette horreur aura une fin et qu’Israël aidera (et aide déjà) ceux qui en sont les victimes. Ci-joint, l’intégralité du texte de Bob Dylan dans l’original (un copier-coller sur le site officiel de l’artiste) :

Well, the neighborhood bully, he’s just one man
His enemies say he’s on their land
They got him outnumbered about a million to one
He got no place to escape to, no place to run
He’s the neighborhood bully

The neighborhood bully just lives to survive
He’s criticized and condemned for being alive
He’s not supposed to fight back, he’s supposed to have thick skin
He’s supposed to lay down and die when his door is kicked in
He’s the neighborhood bully

The neighborhood bully been driven out of every land
He’s wandered the earth an exiled man
Seen his family scattered, his people hounded and torn
He’s always on trial for just being born
He’s the neighborhood bully

Well, he knocked out a lynch mob, he was criticized
Old women condemned him, said he should apologize.
Then he destroyed a bomb factory, nobody was glad
The bombs were meant for him. He was supposed to feel bad
He’s the neighborhood bully

Well, the chances are against it and the odds are slim
That he’ll live by the rules that the world makes for him
’Cause there’s a noose at his neck and a gun at his back
And a license to kill him is given out to every maniac
He’s the neighborhood bully

He got no allies to really speak of
What he gets he must pay for, he don’t get it out of love
He buys obsolete weapons and he won’t be denied
But no one sends flesh and blood to fight by his side
He’s the neighborhood bully

Well, he’s surrounded by pacifists who all want peace
They pray for it nightly that the bloodshed must cease
Now, they wouldn’t hurt a fly. To hurt one they would weep
They lay and they wait for this bully to fall asleep
He’s the neighborhood bully

Every empire that’s enslaved him is gone
Egypt and Rome, even the great Babylon
He’s made a garden of paradise in the desert sand
In bed with nobody, under no one’s command
He’s the neighborhood bully

Now his holiest books have been trampled upon
No contract he signed was worth what it was written on
He took the crumbs of the world and he turned it into wealth
Took sickness and disease and he turned it into health
He’s the neighborhood bully

What’s anybody indebted to him for?
Nothin’, they say. He just likes to cause war
Pride and prejudice and superstition indeed
They wait for this bully like a dog waits to feed
He’s the neighborhood bully

What has he done to wear so many scars?
Does he change the course of rivers? Does he pollute the moon and stars?
Neighborhood bully, standing on the hill
Running out the clock, time standing still
Neighborhood bully

 


A l’occasion d’un voyage en Israël, en 2003, Whitney Houston est reçue par le Premier ministre Ariel Sharon ; elle lui déclare : « I’ve never felt like this in any other country. I feel at home, I feel wonderful. »

 

Sans commentaire : écoutez Serge Gainsbourg chanter « Le sable et le soldat » (composé lors de la guerre des Six Jours) :

https://www.youtube.com/watch?v=w47owg-IST0

 

Les relations de Madonna avec Israël sont fantasques, instables. C’est pourquoi j’ai hésité à faire figurer son nom dans cette liste. Son intérêt pour la mystique juive – la Kabbale – semble sincère mais je ne sais s’il s’agit d’une passion passagère ou bien durable. Cette catholique se serait convertie au judaïsme mais naviguerait depuis quelque temps dans l’islam, et s’y serait même convertie. A vérifier. Pour l’heure, oublions-la donc.

Johnny Hallyday sur le Kotel

 

Johnny Hallyday. Je n’ai pas une passion pour l’œuvre de Johnny mais j’admire l’énergie de l’homme, une énergie quasi surnaturelle. Non, vraiment, je l’admire sans être un fan. Et j’ai appris il y a peu que Johnny le Goy avait pensé s’engager aux côtés d’Israël en 1967. Je l’ai donc vu d’un coup comme un ami, un ami très cher, un proche, comme tous ceux qui aiment Israël :    

http://www.lepoint.fr/ces-gens-la/hallyday-j-ai-failli-venir-en-israel-au-moment-de-la-guerre-des-six-jours-29-10-2012-1522728_264.php

 

Je n’ai pas une passion pour l’œuvre de Michel Fugain mais j’ai appris il y a peu qu’il exprimait une sympathie sincère pour Israël. Et l’homme est infiniment sympathique et pas seulement parce qu’il aime Israël et la culture juive. Il déclarait en 2008, dans une entrevue avec André Darmon : «  Je vais vous faire une confidence, je suis le goy le plus juif de Paris ». Je suis le goy le plus juif de Paris

 

Véronique Genest (Julie Lescaut). Elle est haïe par les militants pro-Palestiniens et les Arabes pour ses propos qui ne laissent pas de place au doute, des propos qui rejoignent ceux de Tom Cruise, de Richard Gere et de Harrison Ford pour ne citer qu’eux, des sionistes qui par ailleurs éprouvent de la défiance (euphémisme) envers les Arabes :

http://www.lemondejuif.info/2017/04/veronique-genest-aux-militants-pro-israeliens-a-paris-am-israel-hai/

 

Romy Schneider et son mari Harry Meyen

 

L’amour de Romy Schneider pour Israël et le peuple juif pourrait faire l’objet d’un article à part, d’un livre. Romy Schneider, l’impératrice des actrices, avait une relation très particulière avec Israël et le peuple juif et ce n’est pas un hasard si elle avait prénommé son fils David et sa fille Sarah. Le passé de sa mère, Magda, la hantait. Romy a été inhumée avec une Magen David au cou. Lisez attentivement ce lien intitulé « Romy Schneider et le spleen du IIIe Reich » et signé Marie-Pierre Créon :

https://chroniquesdelairdutemps.net/2014/05/29/romy-schneider-et-le-spleen-du-iiie-reich/

 

Olivier Ypsilantis

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Notes libres, en lisant Léon Ashkenazi – 2/2

 

Léon Ashkenazi en vient à l’être-frère, avant d’en venir aux faux-frères.

L’une des dimensions de l’identité hébraïque, le frère. Dans le récit biblique, suite au meurtre d’Abel par Caïn, le terme « frère » disparaît. Par ailleurs, n’oublions pas que Rome est fondé suite au meurtre d’un frère par son frère, de Rémus par Romulus. Mais si Rome se félicite de ce meurtre qui entérine sa fondation, la Torah, elle, condamne Caïn.

Le mot « frère » et « sœur » reviennent fréquemment dans l’identité hébraïque. Que signifient-ils ? On commence avec Adam et Ève. Ils ne se parlent pas (sauf pour des consignes de kasher, humour biblique en quelque sorte). Peut-être s’aiment-ils, mais la Torah n’en dit rien. L’humanité croît et se multiplie, jusqu’au Déluge. Dieu a décidé d’annuler cette humanité dont la fraternité est absente. Il détruit son ébauche, comme le ferait un artiste, pour tout reprendre. A cet effet, Dieu garde des graines… C’est l’Arche de Noé. « Il est frappant de voir que l’humanité semble être sanctionnée parce qu’elle est incapable de la fraternité des frères ».

 

 

Apparaît Abraham, celui qui va reprendre l’histoire, Abraham qui à ce propos est souvent présenté comme le Nouvel Adam. Les termes « frère » et « sœur » reviennent alors dans le récit biblique et l’inondent. Abraham et Sarah sont présentés comme mariés, comme Adam et Ève. Comment se sont-ils rencontrés ? On ne le dit pas. S’aiment-ils ? La Torah n’en dit rien mais on le suppose. Mais on sait qu’ils se parlent, et pour se dire des choses importantes. Le mari reconnaît que sa femme est sa sœur, la femme reconnaît que son mari est son frère.

Les fils d’Abraham, Ishmaël et Isaac, ne s’aiment pas et ne se parlent pas mais ils ne se tuent pas.

Isaac et Rebecca se parlent pour se dire « mon frère » et « ma sœur ». Ils ont deux fils : Esaü et Jacob, des rivaux qui s’entêtent à savoir qui des deux est le véritable hébreu, qui des deux est le véritable Israël. Esaü prétend être Israël mais il n’est pas le peuple juif… Esaü, c’est l’Église, c’est Rome et, plus généralement, la Chrétienté. Les frères se parlent mais se séparent. Les relations entre ces deux frères et le regard que les trois grandes religions monothéistes portent sur eux sont un sujet de fascination. Ils doivent être étudiés de près car on y décèle l’un des multiples nœuds de l’imbroglio juif-chrétien-musulman.

Jacob et Rachel s’aiment. Naît Joseph. Joseph est le frère qui aime ses frères et qui ainsi qui répare la catastrophe commencée avec le meurtre d’Abel par Caïn. S’achève alors le récit de la Genèse et commence l’histoire d’Israël, et « l’humanité embraye sur le message messianique et prophétique de la fraternité et de la recherche de la paix à la manière de la descendance d’Abraham ».

Venons-en aux faux-frères. Ils ne manquent pas. Les faux-frères sont ceux qui veulent remplacer Israël mais aussi ceux qui veulent annuler l’identité hébraïque dans l’histoire humaine. Commençons par ces derniers :

Première génération. Abraham. Deux personnages tournent autour d’Abraham : Nimrod, le Hitler d’alors, celui qui d’après le Midrash jette les Hébreux dans le feu, à Our-Kasdim. L’autre, c’est Loth, neveu d’Abraham. La Bible dit que Loth et Abraham se ressemblent comme des frères mais « la capacité d’être frère est fondée sur la moralité chez Abraham et sur l’immoralité chez Loth », Loth qui va fonder deux lignées de rivalité messianique dressées contre Israël : Amon et Moav. « La parcelle de sainteté qui était enfouie dans l’identité de Loth revient avec Ruth, plus tard, et rejoint l’identité messianique qui engendrera le roi David ».

Deuxième génération. Isaac. Avimelekh, nom d’une dynastie de rois de la Philistée (un royaume qui aujourd’hui correspondrait plus ou moins au territoire de Gaza). Rome qui veut couper Israël de sa terre change le nom « Israël ». Ça ne vous rappelle rien… La Palestine… Les récits bibliques ne sont décidément pas de vieilles histoires bonnes pour les pépés et les mémés. Ils sont ce que nous lisons dans la presse du jour et ce que nous lirons dans la presse de demain. La Bible c’est le génie du temps qui est le génie des Hébreux et des Juifs qui n’ont pas complètement oublié qu’ils restaient des Hébreux. (En aparté. C’est parce que je sais que les Hébreux sont le peuple du temps (et j’y inclus les Juifs qui sont hébreux), de la mémoire, c’est parce que je sais qu’ils sont ceux qui désignent d’une manière effective l’immensité d’énergie que recèle le souvenir que j’ai appelé mon blog Zakhor). Donc, les Romains ont fait un « bon travail » – un travail efficace – puisque dans bien des têtes de Goyim en tout genre (et dans certaines têtes juives), les Palestiniens (les Philistins, les Phalestiniens pourrait-on dire) sont les authentiques propriétaires de la terre d’Israël. Nous ne sommes pas sortis de l’auberge : ces « vieilles histoires » sont terriblement collantes.

Nimrod veut anéantir physiquement le peuple juif ; c’est l’ancêtre des Nazis & Cie. Avimelekh veut l’expulser de sa terre. Et n’oublions pas le troisième acteur de cette tragi-comédie : Ishmaël, « l’identité approximative qui s’instaure en rivalité et qui réclame l’héritage d’Abraham l’Hébreu ». L’identité approximative, on ne saurait mieux dire… Une fois encore, nous ne sommes pas sortis de l’auberge… Ishmaël, soit l’Islam et plus particulièrement les Arabes, cœur historique de l’Islam.

Troisième génération. Jacob. Jacob est aux prises avec la lignée du frère d’Abraham. Na’hor a refusé de redevenir hébreu. Il veut rester araméen, en galout dirait-on aujourd’hui. Il fait souche et donne Bethouel qui donne Lavan. Lavan veut éradiquer l’émergence de l’identité d’Israël. Mais que représente aujourd’hui cette lignée ? « Ce sont les Juifs anti-juifs et anti-Israël qui au nom de l’ancestralité galoutique s’opposent au projet d’Abraham ». A côté de cette lignée, on a le frère de Jacob, Esaü (la Chrétienté) qui prétend être Israël, et Ishmaël (l’Islam) qui veut faire main basse sur l’héritage d’Abraham.

Pas mal ! Lire la Bible c’est mieux que lire la presse du jour dans la mesure où cette presse et les histoires rapportées semblent procéder d’elle qui la synthétise dans des épures. Toutes les histoires humaines (et toutes les virtualités humaines) y sont recueillies, des histoires qui se répètent jour après jour : les mêmes scénarios avec quelques changements dans les décors…

Septième personnage de cette grande représentation, de cette comédie humaine pourrait-on dire : Amaleq. Amaleq apparaît systématiquement dans les périodes de fin d’exil, quand l’identité d’Abraham tend à redevenir hébraïque. Ainsi cherche-t-il à détruire et remplacer Israël à la sortie d’Égypte. Idem à la fin du deuxième exil. Relisez le livre d’Esther. Amaleq c’est Hitler et « Mein Kampf », c’est aussi la Charte palestinienne. Amaleq est un condensé de ceux qui veulent détruire Israël et de ceux qui veulent remplacer Israël, une synthèse d’assassins et d’usurpateurs – les usurpateurs étant à leur manière des assassins.

L’être hébreu et l’amour des frères. L’idéal d’Israël, c’est l’unité, une vertu qui manque et aux Hébreux et aux Juifs, et c’est précisément pourquoi il est question d’idéal : l’idéal est ce vers quoi on tend… Le judaïsme est fondé sur l’unité, il appelle sans trêve à l’unité. Les Hébreux tendent vers la fraternité et ne cessent de se déchirer. Les Juifs tendent vers la fraternité et ne cessent de se déchirer. La refondation de l’État d’Israël a certes rassemblé mais elle a également accentué des fractures au sein du monde juif. Alors ? On pourrait désespérer des Juifs ; mais, lueur d’espoir, ils sont tous intimement conscients de cet état de choses et en souffrent diversement ; autrement dit, ils n’ont pas oublié ce rêve. Ne désespérons donc jamais !

Israël voyage dans l’humanité mais reste profondément vulnérable. Pourquoi ? Parce qu’Israël a des messages à porter (à l’humanité), des messages voilés et de ce fait – point central – des messages qui à tout moment risquent de ne pas être compris, et par les Juifs qui les portent et par les non-Juifs qui les reçoivent… La force mais aussi la vulnérabilité d’Israël sont aussi là. Le messager est dans une situation particulière : il est le pivot d’une aventure, il est le point précis sur lequel s’appuie le fléau de la balance : un message mal compris peut avoir des conséquences incalculables, et d’abord pour celui qui en est le porteur. Redisons-le, Israël peut se définir (et être défini) d’abord comme porteur de message.

Une question est posée : les sacrifices ne sont permis par la Torah qu’à l’intérieur du Temple ; alors, pourquoi le sacrifice fondateur de l’histoire d’Israël a-t-il été fait non seulement en dehors du Temple mais dans la terre de la plus grande impureté, l’Égypte ? Réponse : il y a deux saintetés : la sainteté dévoilée et la sainteté voilée, enfouie dans le profane, plus importante peut-être que cette première puisqu’elle attend d’être dévoilée, libérée. De même, il y a deux sagesses : la sagesse dévoilée et la sagesse voilée ; et deux amours : l’amour permis dehors et interdit dedans (l’amour du frère et de la sœur), et l’amour permis dedans et interdit dehors (l’amour de l’époux et de l’épouse). Le premier homme et la première femme ont accédé à l’amour époux/épouse, soit la reconnaissance de l’autre à l’intérieur de l’identité humaine ; ils ont ainsi quitté la catégorie mâle/femelle, la catégorie animale.

Le patriarche (Abraham en l’occurrence) élargit et approfondit la question de la relation amoureuse. Le couple ne doit pas se limiter à la relation époux/épouse, il doit aussi englober la relation frère/sœur. Plus prosaïquement, on s’épargne ainsi les scènes de ménage et on ne casse pas la vaisselle…

La relation du Juif à la Torah offre elle aussi cette sagesse bicéphale, avec le côté dévoilé (l’aspect sœur, public, universel) et le côté voilé (l’aspect épouse, privé, personnel).

Léon Ashkenazi dit : « Et voilà que le peuple juif se balade dans l’Histoire en disant de la Torah : voyez comme ma femme est belle, c’est ma sœur ! » (Il me faudrait décidément placer des émoticônes dans cet article, avec clins d’œil et sourires – à ce propos, les émoticônes n’auraient-ils pas été élaborés par des Juifs ?) En entendant ce peuple (hébreu) déclarer ce qu’il déclare, certains se grattent la tête, d’autres appellent l’ambulance, d’autres lui crachent à la figure et/ou le frappent en déclarant qu’ils n’aiment pas qu’on se paye leur gueule ; bref, les Hébreux, patriarches en tête, prennent sans cesse le risque de ne pas être compris et d’en subir les conséquences, des conséquences à l’occasion terribles.

Point de départ de l’histoire d’Israël, avec Abraham qui fonde la première vertu : la conscience d’Israël, une vertu qui se constitue avec trois vertus distinctes : la vertu de charité, la vertu de justice, la vertu de l’unité des valeurs (vertu de la vérité morale). Abraham n’est que charité, il n’est donc pas encore pleinement Israël ; et se conduire comme il se conduit peut à l’occasion vous mettre dans le pétrin, pour ne pas dire dans un merdier. Un exemple, avec Ishmaël, fils d’Abraham. Vous connaissez la prière que celui-ci adresse à Dieu, Dieu qui l’entend. Les ennuis commencent, continuent aujourd’hui encore et ne sont pas prêts de finir. La rivalité entre Isaac (l’unique fils légitime de la promesse de l’Alliance selon la Bible) et Ishmaël n’en finit pas, Ishmaël qui remplit le monde de son aigreur et ne cesse d’injurier et de frapper Isaac. Sarah croyait bien faire ; elle tardera pas à s’en mordre les doigts et à chasser Ishmaël, l’aîné, et sa mère, la servante Agar, au désert. A présent, nous avons des Musulmans plus nombreux que les étoiles du ciel, ou presque, et qui ont les glandes, et qui nous font un caca nerveux. Parmi les très nombreux symptômes de ces perturbations, leur insistance via « les Palestiniens », ce peuple inventé, à réclamer Jérusalem, un morceau en attendant le reste…

L’Islam, c’est l’arriviste à la recherche éperdue de prestige et de reconnaissance ; et il les recherche par tous les moyens, en commençant par insister sur le droit d’aînesse. Pour ma part, qu’importe ! Mon cœur et mon intelligence me guident et je les écoute, en toute modestie…

Olivier Ypsilantis

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Notes libres, en lisant Léon Ashkenazi – 1/2

 

J’ai écrit cet article en lisant une partie de la transcription d’une conférence donnée en 1988 par Léon Ashkenazi (surnommé « Manitou ») et intitulée « Abraham l’Hébreu, l’espérance de fraternité », un titre somptueux et prometteur. Ces notes sont libres, ainsi que l’indique le titre de l’article. Elles consistent en paraphrases et en courtes digressions suscitées par certaines de ses remarques. Ce sont des digressions d’humeur, le plus souvent, et qui n’engagent que moi, j’insiste.

Abraham est à l’origine de l’histoire d’Israël. Il vient de Our-Kasdim (dans ce qui est aujourd’hui une région frontière entre l’Irak et le Koweït) et il va se mettre en route vers ce qui est aujourd’hui Israël et que la Bible, il y a quatre millénaires, nommait déjà le pays des Hébreux. Les Juifs sont donc d’origine hébraïque, ce que des siècles et des siècles en diaspora ont fait oublier à certains d’entre eux qui regardent à l’occasion Israël comme une poule qui a trouvé un couteau, sans parler de l’hostilité ouverte ou cachée d’autres Juifs (peu nombreux je l’espère) envers ce pays. Léon Ashkenazi qui doit avoir assez souvent le sourire aux lèvres lorsqu’il écrit rappelle à ces Juifs, et à tout hasard, histoire de leur remuer les fesses, que « les Israéliens sont des Juifs redevenus hébreux, et sont des Hébreux d’origine juive ». Il précise que ce n’est en rien une boutade et il poursuit avec cette autre précision, à savoir que « les Juifs dans leur quête d’identité doivent retrouver leur origine hébraïque ; et que les Israéliens, en tant qu’ils assument leur identité, ne doivent pas oublier leurs origines juives ». Qui dit mieux ?

 

Léon Ashkenazi (1922-1996) avec une notice biographique Akadem : http://www.akadem.org/medias/documents/–biomanitou_1.pdf

 

Le gigantesque monde chrétien n’a que trop tendance (et souvent en toute bonne foi, ce qui est bien le pire) à se prendre pour Israël. Il est vrai que pour cause de Shoah et d’État d’Israël, le Verus Israel a pris du plomb dans l’aile et que les efforts de la part de la Chrétienté se sont multipliés. Raphaël Draï est le premier à le reconnaître, sans jamais tomber dans les mamours. Je rappelle que peu avant sa mort, il a publié une somme : « Jésus. Lecture de l’Évangile selon Luc », en deux tomes ; et, une fois encore, j’invite ceux qui me lisent à écouter (ou réécouter) son entretien avec Antoine Mercier, intitulé « Une lecture juive de l’Évangile » (durée environ 30 mn). C’est amical mais coupant, sans concession. Et c’est ainsi que l’amitié doit être sous peine de tomber dans la caricature d’elle-même :

https://www.youtube.com/watch?v=ITRdYClY_qM

Le monde post-chrétien (qui est ce qu’il est parce qu’il a été chrétien), un monde sécularisé, a récupéré une certaine défiance (pour ne pas dire animosité) chrétienne contre les Juifs qu’il a transposée sur Israël et le sionisme, mot qu’il charge de tous les maux, d’où cette sollicitude de nurse pour les « pauvres » Palestiniens.

Cette digression n’est pas de Léon Askenazi, on s’en doutera. Mais l’une de ses indications m’a poussé dans ce sens. L’Islam lui aussi s’énerve. Quoi ! Ces Juifs qui étaient de bons dhimmis refondent un pays officiellement rayé de la carte depuis tant de siècles ! Les Juifs redeviennent des Hébreux, des souverains ! On s’étrangle, on alerte, on vocifère, on menace… Pour le Musulman, Israël c’est l’arête qui se plante dans son gosier et l’empêche de respirer et d’ingurgiter. Et ça vocifère ! Et ça menace ! On active « le problème palestinien » qui trouve chez nous, et comme par hasard, des oreilles extraordinairement attentives. Chez nous ça se fout de tout mais lorsqu’il est question des Palestiniens, ça s’émeut et ça se sent l’âme militante. Que les Juifs soient redevenus des Hébreux par le rétablissement d’Israël et ça somatise, avec problèmes dermatologiques et digestifs, pulmonaires et cardiaques et j’en passe, au seul nom Israël. A présent, ça fait une fixette sur Jérusalem.

Jérusalem formellement unifié sous l’égide d’Israël, de l’État juif (une appellation qui perturbe les esprits grincheux), voilà qui est juste. Mais non, ça récrimine et pourquoi ? Parce que le rétablissement des Juifs dans leurs terres millénaires, avec Jérusalem comme point central – névralgique –, ça dérange cette croyance tantôt implicite tantôt explicite selon laquelle Chrétienté et l’Islam sont venus parfaire voire remplacer le judaïsme. J’ajoute qu’il y a parmi les Juifs un certain nombre de traîne-savates et de lèche-babouches qui pensent donner des gages et s’offrir une petite tranquillité en dénonçant diversement Israël. Un Juif anti-sioniste, c’est un gentil petit toutou, une agréable compagnie pour les Goyim…

Donc, Abraham l’Hébreu quitte Our-Kasdim, en Mésopotamie, et se dirige vers une région qui est aujourd’hui Israël. Abraham descend d’Ever (le mot « hébreu » en hébreu signifie « descendant d’Ever »). Mais qui est Ever ? Ever descend de la lignée de Sem (d’où « Sémite »), avant la grande dispersion et l’éclatement de l’humanité en soixante-dix nations (énumérées par la Torah).

Avec Ever, Israël n’est pas encore. Israël surgira avec Abraham. Ce point est extraordinairement important car l’humanité était représentée par les Hébreux. L’éclatement (voir Babel) et la dispersion produiront les Nations, les Goyim. La diaspora ne colle donc pas à l’identité juive, mais à celle des Goyim, des Nations. Avec Abraham donc vient Israël ou, plus exactement, Israël commence à venir avec Abraham, Abraham qui deviendra pleinement Israël en Jacob, son petit-fils – qui prendra le nom Israël.

Insistons : avant le temps des Nations (des Goyim), il y a l’humanité une. Vient la tour de Babel. La dispersion des Hébreux (par le fer et le feu romains) vient après. La dispersion de l’humanité a bien précédé celle d’Israël, une dispersion seconde qui s’ajoute à cette dispersion première. « Ce qu’il faut retenir c’est le fait que la diaspora pour l’identité humaine c’est le propre des Goyim, ce n’est pas le propre d’Israël » nous dit Léon Ashkenazi.

J’ai souvent écrit, intuitivement, que le peuple juif est extraordinairement particulier et, de ce fait, extraordinairement universel – l’universalité de son message extraordinairement particulier. Il me semble que Léon Ashkenazi dévoile le cœur ardent de cette unicité (et de cette universalité) lorsqu’il écrit : « L’identité d’Israël vient se greffer sur la diaspora humaine en vue de la réunifier dans le retour au pays des Hébreux ». Lisez et relisez cette pensée et tirez-en les conclusions qui s’imposent.

Lorsque je déclare que Jérusalem doit être réunifié sous l’égide d’Israël, de l’État d’Israël, ce n’est pas pour des raisons sentimentales mais intellectuelles et spirituelles, des raisons qui auscultent ces profondeurs que me désigne Léon Ashkenazi – pour ne citer que lui. Par ailleurs, et plus prosaïquement, Jérusalem unifié sous l’autorité d’Israël, c’est aussi une garantie de liberté pour les autres religions. A ma connaissance, aucun Juif n’a assassiné un non-Juif pour sa religion. On ne peut en dire autant de… Mais j’arrête !

Les Chrétiens et assimilés qui considèrent que l’exil des Juifs est une malédiction – un prix à payer – n’ont rien compris, rien ! De ce point de vue les Musulmans sont moins radicaux que les Chrétiens. Il est vrai que les Juifs ne peuvent avoir tué leur Dieu (?) puisqu’il n’est pas question d’Incarnation chez eux, ce qui d’un certain point de vue est sacrément reposant. Les Musulmans n’en considèrent pas moins que cet exil est la marque de leurs erreurs, erreurs que le Coran vient corriger, l’Islam étant venu parfaire le judaïsme – et le christianisme – qu’on se le dise ! Les derniers venus ont des prétentions à couper le souffle. C’est le toupet des parvenus. Et, cerise sur le gâteau, des Juifs jouent leur jeu, « tombent dans le piège que les rivalités chrétiennes ou islamiques leur ouvrent ». La reconstitution d’Israël, avec Jérusalem comme capitale de l’État juif, vient perturber ces petits schémas mentaux dans lesquels se baugent des croyants par centaines de millions. Il n’y a pas d’autres explication à ce ramdam au sujet de Jérusalem. Léon Ashkenazi demande un peu d’humour, mais rien.

Dispersion de l’humanité selon les pays, les Nations (les Goyim) et les langues (lire le chapitre 11 de la Genèse). L’identité hébraïque quant à elle « c’est l’identité de l’homme avant la dispersion humaine », avant la Pélagah (de Peleg, fils d’Ever). C’est avec Peleg que commence la Pélagah, la dispersion de l’identité humaine.

Les Nations du monde, partielles et dispersées, se souviennent confusément de l’humanité une dont elles se sont détachées ; et lorsqu’elles « rencontrent l’identité hébraïque alors elles rencontrent l’espérance de l’homme un, l’espérance de l’universel ». A quoi se résume l’Histoire, suite à cette dispersion et à l’émergence des Nations ? Ces dernières s’efforcent de reconstituer l’unité humaine, l’humanité une, mais leur rêve échoue et se fracasse « parce que le véhicule existentiel n’est pas adapté à l’idéal ». L’idéal est authentique mais « le véhicule sociologique est trop partiel pour réussir ». La Révolution française et la Révolution russe s’inscrivent dans ce cadre.

L’identité de Ever (le père de Peleg donc) est à part des autres identités humaines. Il faut s’arrêter sur le verset 25 au chapitre 10 de la Genèse, soit une généalogie établie à partir de Shem : les noms des hommes sont simplement énumérés, seul « Ever » est suivi d’une explication. Pourquoi ? Parce qu’il s’agit du dernier homme un ; après lui vient la dispersion, Peleg ! C’était avant la tour de Babel…

(à suivre)

Olivier Ypsilantis

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TSAHAL (TSAva HAhagana LeYisrael), l’armée des humains, l’armée humaine.

 

Encore un article sur Tsahal. Comme ceux que j’ai édités sur ce blog, il vise à montrer les particularités de cette armée, à la faire un peu mieux connaître, à combattre les préjugés qui traînent partout, préjugés liés à la méconnaissance et, pire, à l’entêtement à ne pas vouloir connaître, la méconnaissance flattant l’instinct grégaire : qu’il est reposant de ruminer et de beugler avec le troupeau…

Tout d’abord, j’invite le lecteur à consulter le Site officiel de Tsahal en français, mis à jour quotidiennement par les soldats de la Brigade du Porte-Parole de Tsahal (hébreu : חתיבת דובר צה »ל, ‘Hativat Dover Tsahal’), surnommée Dover Tsahal, soit le corps professionnel de Tsahal responsable des médias et des relations publiques en Israël et dans le reste du monde. Cette unité a été fondée en 1948, année de la naissance de l’État d’Israël.

 

Insigne de Tsahal

 

On ne cesse d’évoquer l’Armée de l’Air et l’Armée de Terre d’Israël, plus rarement (pour ne pas dire très rarement) sa Marine. Or, elle est un élément essentiel de sa défense, une Marine qui comprend également une force sous-marine réduite mais des plus modernes et qui aurait des capacités nucléaires avancées. Israël a 273 kilomètres de côtes, ce qui est considérable pour un pays de quelque 20 000 km2. Sans être un spécialiste de la question, il me semble que ces sous-marins inquiètent grandement certains pays, à commencer par le régime de Téhéran qui, tout en fanfaronnant, sait qu’un petit sous-marin israélien (de fabrication allemande) positionné quelque part dans le Golfe Persique ou dans le Golfe d’Oman pourrait rayer de la carte la capitale iranienne et d’autres grandes villes du pays. Fleurons de cette marine, les sous-marins U-212 de la classe Dolphin, développés et construits par Howaldtswerke-Deutsche Werft (HDW). Ils pourraient menacer directement l’Iran, notamment avec ce missile de croisière de conception israélienne, le Popeye Turbo :

http://i-hls.com/archives/7033

Ils sont nombreux à penser que Tsahal ne fait que massacrer, que « Gaza c’est Auschwitz » et autres slogans du même tonneau, que les Juifs (oui, les Juifs !) ne font que reproduire ce que les nazis leur ont fait subir. Les dénonciations délirantes à ce sujet pourraient malheureusement remplir d’épais volumes, et elles se multiplient, protéiformes. On retrouve sous diverses formes les délires médiévaux qui enfiévraient le monde chrétien, délires recyclés dans le monde post-chrétien sous des formes sécularisées et repris tels quels dans les sociétés musulmanes, avec histoires de trafics d’organes et j’en passe. Ils ne sont pas nombreux à savoir que le travail effectué par Tsahal (notamment auprès des blessés ennemis, y compris des terroristes, et au niveau humanitaire) est considérable. La mauvaise foi au sujet d’Israël est telle que ce que je viens d’écrire sera jugé par beaucoup comme de la grossière propagande sioniste… Mais je cède la parole à une officier des Medical Corps, la Capitaine Paz, et à deux auxiliaires médicales (Paramedics) engagées dans Operation Protective Edge, Noami Dan et Hen Amosi :

https://www.youtube.com/watch?v=BuyzsxP-ohI

https://www.youtube.com/watch?v=Acis6dQcG8w

L’aide de Tsahal à Haïti, suite au tremblement de terre du 12 janvier 2010 :

https://www.youtube.com/watch?v=iFDWZp_H2P0

 

 Insigne du Corps médical de Tsahal

 

L’excellence de l’IDF tient aussi à l’excellence de ses instructeurs en tout genre. Parmi eux, de nombreuses instructrices… Ci-joint, la caporale Daniella Stepanoe :

https://www.youtube.com/watch?v=j0hm-VBANxA

La Brigade Golani, une unité d’élite de l’Armée de Terre israélienne. Son symbole, l’olivier, arbre aux puissantes racines, rappelle l’union entre cette brigade et l’État d’Israël, tous deux nés en 1948. Je passe sur ses faits d’armes, trop nombreux pour être rapportés ici. Il existe à son sujet de nombreux articles en ligne.

 

Insigne de la Brigade Golani

 

Vecteurs de la défense d’Israël, les services de sécurité (sans lesquels Tsahal serait aveugle ou, tout au moins, n’aurait pas une vue aussi aiguë) avec Haman le Mossad et le Shin Bet, les trois composants de Israel Intelligence Community. Leurs missions sont multiples : infiltration d’agents au cœur des organisations ennemies, sabotages clandestins, éliminations ciblées, raids de commandos, etc. Ceux qui veulent en savoir plus sur ces services d’élite trouveront nombre d’informations en ligne et dans de nombreuses langues.

HAMAN, Military Intelligence, fondé en 1950. Cette organisation fournit quotidiennement des informations confidentielles au chef du Gouvernement et son cabinet (telles que les risques de guerre et les cibles éventuelles à frapper). Haman organise aussi des incursions secrètes au-delà des frontières d’Israël. Il s’agit d’un service indépendant de Tsahal dans toutes ses composantes : Terre-Air-Mer. Son personnel comprend environ sept mille personnes.

  

 Insigne de Haman

 

MOSSAD, Foreign Intelligence and Special Operations, fondé en 1949. Le symbole du Mossad est la Menorah, un chandelier mais aussi un arbre, un arbre qui en aurait inspiré le graphisme. La Menorah, l’arbre-chandelier, l’Arbre de la Vie entre Ciel et Terre, la Menorah qui pour le peuple juif est symbole de sa lutte pour son indépendance, de victoire contre l’oppression étrangère et de lien entre le passé et le présent, et, en conséquence, projection vers l’avenir.

 Insigne du Mossad

 

SHIN BET (ou Shabak), Internal Security Service, fondé en 1949. Devise : The Defender that shall not be seen ou The unseen shield. Ses trois composants : la Division des affaires arabes (anti-terrorisme et anti-émeute) ; la Division des affaires non-arabes (infiltration) ; la Division de la sécurité (protection des infrastructures gouvernementales, diplomatiques et scientifiques, protection des industries militaires et des vols de la compagnie aérienne nationale El-Al).

 

Insigne du Shin Bet

 

Et cette suite d’images qui ne sont pas de la “propagande sioniste”, je puis en témoigner. Elle s’intitule : « Les treize photographies qui montrent que Tsahal est l’armée la plus humaine du monde ». Et comme le lecteur pourra le constater, le titre du présent article est directement inspiré de ce qui suit :

http://rootsisrael.com/les-13-photos-qui-montrent-que-tsahal-est-larmee-la-plus-humaine-du-monde/

 

Olivier Ypsilantis

 

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Le journaliste Manuel Chaves Nogales

 

La maison d’édition Renacimiento a retrouvé un chapitre et deux articles qui viendront s’intégrer à une nouvelle édition de l’un des plus beaux livres du journaliste sévillan Manuel Chaves Nogales, « Los secretos de la defensa de Madrid », écrit au cours de ses années d’exil à Paris, entre 1938 et les premiers mois de 1939. Les reportages qui constituent ce livre ont été publiés en seize parties dans la revue mexicaine Sucesos para todos, entre le 5 août et le 22 novembre 1938. Dans l’édition antérieure (Editorial Espuela de Plata, colección España en armas, 2011), il manquait un chapitre. Ce document retrouve donc son intégralité. C’est un document essentiel sur ce chapitre de la Guerre Civile d’Espagne et il prend place à côté des meilleurs écrits journalistiques qui s’y rapportent, comme ceux de Max Aub (1903-1972) ou d’Arturo Barea (1897-1957). Manuel Chaves Nogales est journaliste et écrivain. Il a été tiré d’un relatif oubli grâce aux travaux de María Isabel Cintas Guillén.

Manuel Chaves Nogales (1897-1944) photographié à Paris en 1940.

 

Manuel Chaves Nogales fut l’un des meilleurs chroniqueurs de la IIe République et de la Guerre Civile d’Espagne. Mais surtout, il sût rester indépendant et observer avec ses yeux et non avec ceux d’un parti, d’une cause. Certes, sa sympathie penchait résolument du côté républicain mais il se garda de chanter à tout prix ses louanges. Contrairement à tant d’autres en ces années de feu et de sang, il fût un observateur pur, capable de rendre compte des horreurs commises de tous les côtés. Dans ces années de fanatisme, il fallait avoir les nerfs solides et un tempérament hors du commun pour rester neutre à l’heure de prendre des notes ; c’est ce qu’est parvenu à faire ce Sévillan né dans les dernières années du XIXe siècle.

Ce livre n’est pas un écrit de militant (le militant et ses fièvres qui troublent volontiers sa vision) mais d’observateur. De ce point de vue, Manuel Chaves Nogales se rapproche plus de certains écrivains et journalistes anglais que de ses homologues français qui trimbalent volontiers leurs schémas et cherchent à y faire rentrer le monde, avec leçons de savoir-penser à la clé.

Manuel Chaves Nogales est mort relativement jeune, à l’âge de quarante-sept ans. Il a beaucoup écrit. Dans cette masse d’écrits, deux livres peuvent être lus en priorité : outre « Los secretos de la defensa de Madrid », « A sangre y fuego ». J’insiste : il s’agit d’un travail journalistique de pure observation où l’auteur se garde de patauger dans ses émotions et de nous en éclabousser, se garde de toute véhémence et de toute morale militante, une morale à deux balles dans tous les cas. Il ne départage pas le Bien du Mal, les Bons des Mauvais pour l’édification de ses lecteurs.

 

 

Dans le prologue à ce magnifique recueil d’histoires sur la Guerre Civile d’Espagne, « A sangre y fuego », on peut lire (je donne ce passage dans l’original que je vais traduire) : « Me fui cuando tuve la intima convicción de que todo estaba perdido y ya no había nada que salvar, cuando el terror no me dejaba vivir y la sangre me ahogaba. iCuidado! En mi deserción pesaba tanto la sangre derramada por las cuadrillas de asesinos que ejercían el terror rojo en Madrid como la que vertían los aviones de Franco, asesinando mujeres y niños inocentes. Y tanto o más miedo tenía a la barbarie de los moros, los bandidos del Tercio y los asesinos de la Phalange, que a la de los analfabetos anarquistas o comunistas. (…) Y luchando con ellos y conmigo mismo por permanecer distante, ajeno, imparcial, escribo estos relatos de la guerra y de la revolución que presuntuosamente hubiera querido colocar sub specie aeternitatis. No creo haberlo conseguido. Y quizá sea mejor así ». Traduction : « Je suis parti lorsque j’ai eu l’intime conviction que tout était perdu et qu’il n’y avait (plus) rien à sauver, quand la terreur ne me laissait pas vivre et que le sang me suffoquait. Mais attention ! Dans ma désertion comptaient pareillement le sang versé par les bandes d’assassins qui exerçaient la terreur rouge dans Madrid que celle que répandaient les avions de Franco, assassinant femmes et enfants innocents. Et j’avais autant voire plus peur de la barbarie qu’exerçaient les Marocains, les bandits du Tercio, les assassins de la Phalange que celle qu’exerçaient les analphabètes anarchistes et communistes. Et m’efforçant contre eux et contre moi-même afin de garder mes distances, mon indépendance, mon impartialité, j’écris ces récits de la guerre et de la révolution que j’aurais présomptueusement aimé classer sub specie aeternitatis. Je ne crois pas y être parvenu. Et peut-être est-ce mieux ainsi ».

Avant de quitter Madrid pour Valencia puis Barcelona et enfin Paris, Manuel Chaves Nogales emporte dans sa valise les notes qu’il va travailler et qui donneront « Los secretos de la defensa de Madrid ».

Suite à une longue enquête, la maison d’édition Renacimiento a donc pu mettre la main sur l’un des seize textes publiés par la revue mexicaine Sucesos para todos. Par ailleurs, cette nouvelle édition s’augmente en appendice de deux textes inédits (tout au moins dans un livre), deux textes perdus et oubliés dans la masse considérable des publications de Manuel Chaves Nogales dans la presse de son temps, sur des sujets variés, dans différents pays et parfois sous des pseudonymes parmi lesquels : Rita E. Bois ou Eugenia de Larrabeiti. Ces deux reportages placés en annexe ne portaient aucune signature, ce qui explique qu’ils aient été oubliés. Ils avaient été publiés dans la revue mexicaine Hoy, respectivement le 18 mars 1939 et le 20 avril de la même année. Leur titre : « Los días de agonía del Dr. Negrín » et « Cómo cayó Madrid : horas de angustia ». L’analyse des thèmes, de leur traitement et du style, sans oublier l’avis autorisé de la fille de Manuel Chaves Nogales, Pilar Chaves Jones, ont permis d’attribuer ces textes à l’auteur de « Los secretos de la defensa de Madrid » ainsi que l’a déclaré Abelardo Linares, directeur de la maison d’édition Renacimiento, un Sévillan né en 1952, poète et bibliophile, surnommé et à raison « el hombre del millión de libros ».

 

 

Parmi les protagonistes de « Los secretos de la defensa de Madrid », le général José Miaja qui, fidèle à la République et à son gouvernement, dirigea la défense de la ville alors qu’ils étaient nombreux à quitter le navire. Manuel Chaves Nogales l’évoque avec une sympathie contenue, loin de tout superlatif. Il souligne sa stature par contraste, en décrivant « los políticos marulleros e irresponsables que tanto habían hecho para acelerar el desastre y que ni en el derrumbe tuvieron un atisbo de nobleza de espíritu y ni siquiera de valor físico » (« les politiques menteurs et irresponsables qui avaient tant contribué à accélérer le désastre et qui alors que tout s’effondrait n’eurent pas un soupçon de noblesse d’esprit ni même de courage physique »), écrit Antonio Muñoz Molina dans son prologue.

Les écrits de Manuel Chaves Nogales sont en tout point admirables et j’invite ceux qui maîtrisent le castillan à le lire dans l’original. Cet homme est fait d’une pièce, son regard est pur et pénétrant. Et il ne s’en laisse pas compter. Ses sympathies vont à la République mais il n’hésite pas à en écorner la belle image. Il se tient loin de tout poncif, de tout slogan, il laisse ce soin à d’autres, si nombreux, qui récitent leur catéchisme. Il rapporte ce qui doit être rapporté, sans effusion, sans ce lyrisme de foire et ces mystiques de pacotille, de toutes ces choses qui se croient jeunes mais qui sont nées avec des rides et des rhumatismes. Le regard pur, le regard de Manuel Chaves Nogales, s’élève aussi contre la fatigue du désabusé et du cynique qui cherchent à se donner un petit air de supériorité et à en remontrer, le désabusement et le cynisme étant envisagés comme la marque même de la lucidité, de celui qui a fait le tour de la question, alors que trop souvent ils ne sont que les symptômes de problèmes digestifs. Bien des journalistes d’aujourd’hui devraient lire et relire Manuel Chaves Nogales. Ce serait pour eux une manière de se laver, de se débarbouiller ; bref, de nous épargner leurs odeurs corporelles…

Cette scrupuleuse édition de Renacimiento a par ailleurs récupéré toutes les photographies ainsi que les dessins de Jesús Helguera qui accompagnaient les publications d’origine dans la presse mexicaine.

Ci-joint, un lien mis en ligne par la maison d’édition Renacimiento, avec notice biographique et publications de Manuel Chaves Nogales :

http://www.editorialrenacimiento.com/autores/172__chaves-nogales-manuel

Et une notice sur l’édition de 2011 de « Los secretos de la defensa de Madrid » par María Isabel Cintas Guillén :

http://manuelchavesnogales.info/bibliografia/bibliografia_MICG_notas_la_defensa_de_madrid.html

 

Olivier Ypsilantis

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