João da Silva, sculpteur portugais.

 

Cet article quelque peu succinct ne pourra être amplifié qu’après la réouverture de la Casa-Museu Mestre João da Silva, ce qui prendra probablement encore des années.

 

J’ai étudié l’œuvre de João da Silva car il fait en quelque sorte partie de l’histoire de la branche portugaise de ma belle-famille pour laquelle il a réalisé quelques œuvres. João da Silva est notamment l’auteur de la sculpture pour le monument aux morts du Pouliguen, square Jean Prié, un monument financé par un parent, né à Porto en 1843, décédé au Pouliguen en 1916. C’est un monument dit « pacifiste », dédié Aux enfants du Pouliguen morts pour la Patrie.     

 Monument aux morts du Pouliguen.

 

Quelques repères biographiques. João da Silva est né à Lisbonne le 1er décembre 1880. Après avoir fréquenté la Escola Industrial Príncipe Real, il part pour Paris où il étudie à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts. Il y obtient ses premiers prix en Médaille, Sculpture, Arts appliqués et Dessin. En à peine deux années, il termine sa formation de médailliste sous la direction de Jules Chaplain (1839-1909), un artiste admiré à la fin du XIXe siècle pour ses médailles et qui passera à la postérité avec la gravure des pièces de 10 et 20 francs-or français frappées de 1899 à 1914. Jules Chaplain avait été Grand Prix de Rome 1863. Pour l’examen final, João da Silva présente une plaque en bronze, « Les funérailles d’Atala ». Sa formation terminée, il travaille comme ciseleur. Il présente deux pièces à l’Exposition universelle de Paris, en 1900. L’année suivante, il s’installe à Genève où il fréquente l’École Supérieure des Beaux-Arts pour y suivre des cours d’orfèvrerie. Pour l’examen final, il présente une assiette d’argent ciselée, « La toilette de Diane ». De retour au Portugal, il poursuit une activité de sculpteur, d’orfèvre et de médailliste. Entre 1911 et 1914, il enseigne les arts appliqués, l’orfèvrerie et le dessin à la Escola Marquês de Pombal.

Je passe sur ses nombreux prix et récompenses, tant au Portugal qu’à l’étranger. Parmi ses sculptures, citons « Busto da República » et des monuments aux morts dont ceux d’Évora et de Valença do Minho. Pour la ville de Porto, il réalise deux œuvres emblématiques : « Monumento a Júlio Dinis » (inauguré en 1926) et un monument à la mémoire des étudiants de l’université de Porto tombés au cours de la Grande Guerre. En 1952, il fait don à la Sociedade Nacional de Belas-Artes de sa maison-atelier, aujourd’hui Casa-Museu Mestre João da Silva, construite dans les années 1930 suivant ses indications. Elle est fermée au public depuis de nombreuses années ainsi que je l’ai indiqué. Décédé en 1960, il est inhumé au Cemitério dos Prazeres à Lisbonne.

La liste de ses œuvres est longue et il faudrait que je parvienne à m’en procurer le catalogue complet, ce que je ne suis toujours pas parvenu à faire malgré mes recherches en ligne et dans des bibliothèques de la capitale portugaise.

João da Silva fut aussi médailliste (il fut surtout médailliste, me semble-t-il) et il réalisa nombre d’œuvres mémorables comme cette première monnaie en or éditée par la République, en 1916. Il est également l’auteur de ces monnaies emblématiques de l’histoire portugaise, les fameuses monnaies en argent Caravela mises en circulation à partir de 1932, soit les 2,50, les 5 et les 10 Escudos. Un certain nombre de ses médailles sont encore éditées et commercialisées, des médailles dites « de escultor ». João da Silva est considéré comme le plus grand médailliste portugais de son époque.

 

Avers et revers du 2,50 Esc. Caravela de João da Silva

 

La Casa-Museu Mestre João da Silva (Rua Tenente Raúl Cascais, Lisboa) recèle plus de cinq mille cinq cents pièces parmi lesquelles de nombreuses sculptures, monnaies, médailles, livres, dessins, peintures, gravures, manuscrits, pièces d’orfèvrerie, etc. Un imbroglio juridique en partie consultable en ligne (et en portugais) empêche l’ouverture de ces lieux au public. Par disposition testamentaire, la Casa-Museu Mestre João da Silva a bien été léguée à la Sociedade Nacional de Belas-Artes mais, suite à un concours de circonstances, cette institution n’a pu entrer en possession de ce legs. L’affaire suit-elle son cours ? Je ne sais ; mais ce qui est certain, c’est qu’elle traîne. Les lieux se dégradent, comme j’ai pu le constater, au moins de l’extérieur, et l’humidité doit avoir commencé ses ravages. J’attends avec impatience ce jour, et d’autres avec moi, où la Casa-Museu Mestre João da Silva sera restaurée, réaménagée et ouverte au public.

 

          

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une parente d’origine portugaise sculptée par João da Silva, un petit bronze de 1921 d’une trentaine de centimètres de hauteur, édité par la Fonderie C. Valsuani, réputée pour la qualité de ses fontes à la cire perdue.

 

Olivier Ypsilantis  

 

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