Les Juifs dans la Guerre Civile d’Espagne.

 

A Samuel Levinger (1917-1937), de l’Abraham Lincoln Brigade, tué à Belchite.

 

Les Brigades Internationales furent créées par le Komintern, dans le courant du mois de septembre 1936, à la suite d’une décision de l’Internationale communiste. Précisons toutefois que, contrairement à une idée reçue, nombre de ces engagés volontaires n’étaient pas pour autant des communistes. Dès le 13 octobre 1936, les premiers contingents arrivèrent à la base d’Albacete. Deux semaines plus tard, ils furent envoyés au front pour défendre Madrid. Jusqu’à leur départ d’Espagne, en octobre 1938, les hommes des Brigades Internationales ne cesseront d’être engagés dans les secteurs les plus exposés.

 

Il est difficile d’évaluer avec précision (et je passe sur les difficultés d’une telle évaluation afin de ne pas surcharger le présent article) le nombre d’engagés dans les Brigades Internationales, plus particulièrement le nombre de Juifs. Le chiffre total de 32 000, dont 4 000 à 6 000 Juifs de tous pays, semble être une base raisonnable. Le décompte de Josef Toch dans ‟Juden im Spanischen Krieg, 1936-1939” a longtemps servi de référence. Il établissait à 7 758 le nombre des Juifs engagés dans les Brigades Internationales, une estimation à présent revue à la baisse.

 

Les Brigades Internationales furent organisées sur une base nationale, un parti pris qui ne tarda pas à s’avérer bien relatif. En effet, on trouvait des Hongrois dans la Brigade allemande, des Ukrainiens, des Biélorusses et j’en passe dans la Brigade polonaise. Par ailleurs, les lourdes pertes obligèrent à de constants remaniements : il fallait ‟boucher les trous”. Les Juifs dispersés au sein des Brigades Internationales étaient toutefois plus représentés dans certaines Brigades que dans d’autres, en particulier dans la Brigade Abraham Lincoln (États-Unis) ou dans la Brigade Dombrowski (Pologne). Dès septembre 1936, de nombreux engagés juifs voulurent être représentés en tant que groupe national, à l’instar des autres engagés, afin de marquer clairement leur participation à la lutte contre le fascisme. Cette demande resta un temps en suspend : en effet, au cours de l’hiver 1936-1937, la défense de Madrid mobilisa l’ensemble des Brigades Internationales.

 

Il y avait environ six mille Juifs en Espagne, à la veille de cette guerre civile qui débuta en juillet 1936. La moitié d’entre eux était constituée de réfugiés d’Allemagne (parmi lesquels Marianne Cohn et sa famille), presque tous installés à Barcelone où ils fondèrent la Jüdischer Kulturbund, une association culturelle proche du Partit Socialista Unificat de Catalunya (PSUC). Lors du soulèvement nationaliste, des Juifs proches de l’association sportive Hapoel se trouvaient à Barcelone afin de participer aux Olympiades ouvrières. Nombre d’entre eux s’engagèrent aux côtés de la République qui commença par recevoir le soutien du monde juif, plus particulièrement des Juifs allemands.

 

Lorsque commença la Guerre Civile d’Espagne, les violences perpétrées par les Arabes contre les Juifs redoublaient en Palestine. Les membres du Parti communiste palestinien (PKP) reçurent l’ordre du Komintern (qui soutenait la résistance arabe contre les Britanniques) de se joindre à l’insurrection arabe. Les Juifs membres du PKP se trouvèrent  devant un lourd dilemme : prendre les armes aux côtés des Arabes, s’opposer à l’arrivée d’autres Juifs en Palestine ou bien quitter le Parti. La Guerre Civile espagnole offrit en quelque sorte un échappatoire à cette situation pour le moins tragique dans laquelle se trouvaient les Juifs affiliés au PKP. Nombre d’entre eux choisirent donc de s’engager dans ce conflit, à l’autre bout de la Méditerranée. Il y a donc un lien de cause à effet entre les violences arabes à l’encontre des Juifs de Palestine et l’arrivée d’un contingent juif en provenance de cette région.

 

Les partis affiliés au Histadrut sympathisèrent massivement pour la République espagnole. Ils favorisèrent les débats et les campagnes d’information sans pour autant pousser leurs militants à s’engager dans cette guerre civile. Ceux de la gauche sioniste, principalement du Hashomer Hatzair et du Poalei Zion, ne furent guère nombreux à s’engager dans les Brigades internationales. Salman Zalzman fut le seul volontaire de la droite sioniste à s’y engager. Ci-joint, un lien édité par Jewish Virtual Library sur cette organisation syndicale, le Histadrut, fondée en 1920, à Haïfa :

http://www.jewishvirtuallibrary.org/jsource/History/histadrut.html

 

Des volontaires étrangers s’engagèrent aux côtés de la République avant même la création des Brigades Internationales. Ils furent intégrés aux milices des divers partis politiques et des syndicats. Certains se constituèrent en groupes, comme le Grupo Thälmann — du nom du secrétaire général du KPD, Ernst Thälmann. Ce groupe était constitué de quatorze combattants dont douze Juifs.

 

Parmi les volontaires juifs de cette guerre civile, la quasi-totalité des fonctionnaires de la Geserd (Geselschaft for jid ujif in Fssr), une organisation chargée de récolter des fonds parmi les Juifs de la diaspora pour le développement du Birobidjan.

 

Les Juifs furent donc nombreux à s’engager dans les Brigades Internationales. Certains de leurs plus hauts responsables étaient juifs. Parmi eux, les généraux Manfred Stern, Mata Zalke et Waclaw Romar. Irving Goff (1900-1989), Juif américain, organisa des commandos destinés à opérer derrière les lignes franquistes. Parmi les actions les plus spectaculaires de ces commandos : la destruction d’un pont sur le Guadalquivir, le déraillement d’un train chargé de soldats italiens dans les environs de Córdoba, la libération de plus de trois cents prisonniers asturiens enfermés dans la forteresse de Motril et la capture d’un état-major nationaliste au grand complet, en Catalogne. Irving Goff repose au Arlington National Cemetery. Les Juifs furent très représentés parmi les médecins et infirmières militaires, tant à l’avant qu’à l’arrière. Il y eut cent vingt-sept médecins juifs, sans compter les nombreuses infirmières juives parmi les quelque six cents infirmières au service de la République. On sait par exemple que vingt-cinq d’entre elles venaient des États-Unis et vingt-six de Belgique. Le yiddish était très parlé autour des tables d’opération et des lits d’hôpitaux. Parmi ces médecins, Edward K. Barsky, un chirurgien qui a laissé un magnifique fonds de photographies sur la Guerre Civile d’Espagne, des photographies prises par lui ou son assistant ; elles montrent des médecins et des infirmières du American Medical Bureau to aid Spanish Democracy et des Canadiens du Mackenzie-Papineau Battalion (Mac-Paps), des ambulances et des postes de secours, des villageois et des villages d’Espagne, etc. Ci-joint, un lien qui donnera au lecteur une idée de la richesse de ce fonds (Guide to the Edward K. Barsky Photograph Collection ALBA PHOTO 125, New York) :

http://dlib.nyu.edu/findingaids/html/tamwag/barsky_photo.html

 

Edward K. Barsky (1897-1975)

 

Edward K. Barsky était chirurgien à l’hôpital new yorkais Beth Israel. Il créa le American Medical Bureau to aid Spanish Democracy, chargé de récolter de l’argent pour les services de santé de la République. Il mit sur pied le premier hôpital américain sur le front de Jarama (environs de Madrid) ainsi que des unités mobiles avec des chirurgiens capables d’intervenir sur la ligne de feu dans les plus brefs délais. Parmi ceux qui patronnèrent le American Medical Bureau to aid Spanish Democracy, Albert Einstein.

 

Je me suis aventuré dans un article qui pourrait se faire livre, suite de livres, encyclopédie tant le sujet est vaste. Tant de personnalités ! Lesquelles choisir sans aussitôt se demander pourquoi celle-ci plutôt qu’une autre ? Cette guerre a par ailleurs suscité une immense production écrite de la main même des protagonistes. Parmi les titres les plus connus, citons un peu au hasard : ‟Homage to Catalonia” de George Orwell, ‟L’Espoir” d’André Malraux et ‟The Spanish Testament” d’Arthur Koestler. Tant de noms me viennent, parmi lesquels John Dos Passos, Ilya Ehrenbourg, Ernst Toller, Klaus Mann, Nikos Kazantzakis. Humphrey Richard Slater, membre des Brigades Internationales, et Hugh Ford ont souligné combien cette guerre avait suscité de livres en tous genres, surtout chez les Anglais. Ce dernier a écrit une étude fort intéressante intitulée ‟The Poet’s War”. Il y aurait tant à dire ! J’aimerais évoquer la journaliste Gina Medem, la photographe Gera Taro et tant d’autres femmes. Gina Medem a consigné ses souvenirs de la Guerre Civile d’Espagne dans un livre intitulé ‟Los judíos voluntarios de la libertad : un año de lucha en las Brigadas Internacionales”. Elle fut correspondante pour le quotidien ‟Morgen Freiheit”, publié en yiddish et affilié au Communist Party USA (CPUSA). J’aimerais évoquer George Montague Nathan (1895-1937) — a character — dont je mets en lien un portrait édité par ‟Spartacus Educational” :

http://www.spartacus.schoolnet.co.uk/SPnathanG.htm

 

Il me faudrait lire ‟Life and Death of a Spanish Town” d’Elliot Harold Paul qui, tout comme Georges Bernanos, fut horrifié par la brutalité des nationalistes envers les paysans et les pêcheurs des Baléares. Il me faudrait également lire ‟Men in Battle” du scénariste Alvah Cecil Bessie, sans oublier ‟The Spanish Dairy” de Mikhaïl Koltsov. Mais je m’arrête !

 

 Un image de Gerda Taro (1910-1937). J’aime particulièrement cette photographie que je vois comme un élément de bas-relief, frise ou métope : une jeune guerrière se repose. C’est à ma connaissance l’une des plus tendres images de guerre. Gerda Taro décéda accidentellement, les jambes écrasées par un char républicain, en juillet 1937, près de Brunete. Elle repose au cimetière du Père Lachaise.

 

La Compagnie Botwin, une unité essentiellement constituée de Juifs de diverses nationalités, fut mise sur pied en décembre 1937 (soit quatorze mois après la création des Brigades Internationales qui commenceront à être dissoutes à partir de septembre 1938) par Farol Guzmán, commandant de la IIe Compagnie du IVe Bataillon Palafox de la XIIIe Brigade Dombrowski des Brigades Internationales. Cette compagnie fut nommée ‟Compagnie Botwin” en souvenir de ce jeune Juif polonais, Naftali Botwin, condamné à mort pour avoir abattu un policier. Cette compagnie était majoritairement mais non exclusivement juive ainsi que nous l’avons dit. Deux Arabes de Palestine y étaient incorporés : un certain Eli Abdul Halak, membre du Parti communiste palestinien, et un certain Fawzi Nabulsi, mort au combat. Un Allemand, déserteur de la Légion Condor, y fut même incorporé ! Ajoutons qu’en Palestine, les autorités mandataires encouragèrent le départ des Juifs vers l’Espagne et qu’elles libérèrent même certains militants emprisonnés à la condition qu’ils quittent le pays.

 

Les commandants de la Compagnie Botwin furent par ordre chronologique : Karol Gutman (tué au combat) ; Mija Sapir (gravement blessé à Lérida) ; Leon Rubinstein (gravement blessé à Caspe) ; Alter Szerman (blessé sur le front de l’Èbre) ; Israel Halbersberg (tué au combat) ; Emanuel Mink (deux fois blessé). Signalons à ce propos que sur les 152 hommes de cette compagnie, seuls 86 survivront à cette guerre.

 

Ci-joint, un riche lien intitulé : ‟Los brigadistas polacos en la Guerra Civil española” où il est longuement question de la Compagnie Botwin :

http://www.polonia-es.com/nuestros-articulos/pasajes-de-la-historia/los-brigadistas-polacos

 

Si nous prenons quelques-uns des principaux contingents des Brigades Internationales, nous constatons que les Juifs qui ne constituaient que 0,5 % de la population française formaient 15 % des effectifs français des Brigades Internationales. Les proportions sont identiques chez les Anglais. Chez les Américains, les proportions sont respectivement de 4 % et 38 % ; chez les Polonais, de 10 % et 45 %. Les Juifs qui s’étaient engagés dans les Brigades Internationales se répartissent approximativement ainsi : Pologne : 2 250 ; États-Unis : 1 250 ; France : 1 043 ; Palestine : 500 ; Allemagne : 400 ; Grande-Bretagne : entre 200 et 400 ; Belgique : 200 ; Autriche-Hongrie : entre 120 et 150 ; Canada : 71 ; URSS : 53.

 

Des ex-combattants de la Compagnie Botwin présentent son drapeau, le 19 avril 1948, à l’occasion du cinquième anniversaire du soulèvement du ghetto de Varsovie. 

 

Ci-dessus, un lien intitulé ‟The Naftali Botwin Company” (‟Jew in the Spanish Civil War”) par Mitch Abidor :

http://www.marxists.org/subject/jewish/botwin/introduction.htm

 

Bien que très largement hostiles à Franco, les Juifs n’étaient pas unanimes quant à leur engagement. En effet, nombre de sionistes — on les comprend — considéraient qu’un tel engagement contrariait leur projet, soit l’accroissement de la présence juive en Palestine. L’antagonisme au sein de la communauté juive sur le volontariat des Juifs en Espagne trouvait principalement son origine entre les communistes ‟assimilationnistes” et les sionistes nationalistes. Par ailleurs, l’universitaire Juan Miguel de Mora, ex-combattant de la Guerre Civile d’Espagne, fait remarquer que les Juifs membres des Brigades Internationales n’étaient pas nécessairement communistes. L’important était de se battre contre Hitler, Hitler qui soutenait Franco.

 

Ci-joint, un passionnant et très copieux dossier (il dépasse largement le cadre de ce modeste article) intitulé ‟Les Juifs et l’engagement politique”. La partie qui nous intéresse plus particulièrement est signée Arno Lustiger : ‟Quelques mots sur l’engagement des Juifs dans la guerre d’Espagne”, pages 40 à 45 :

http://www.ajhl.org/plurielles/PL8.PDF

 

En-tête du n° 5 (publié le 3 novembre 1938 en Catalogne) du journal de la Compagnie Botwin. 

 

En 1984, Arno Lustiger entreprit une recherche systématique à partir d’archives et d’entretiens avec des survivants pour écrire un livre en hommage à ces milliers de Juifs de diverses nationalités qui avaient lutté en Espagne dans l’espoir de contribuer à l’édification d’un monde meilleur. L’ouvrage fut publié en novembre 2001 sous le titre ‟Shalom Libertad ! Les Juifs dans la guerre civile espagnole”.

 

Je suis entré dans cet article d’un pied ferme, mais à chaque pas les perspectives se multipliaient. Sur quel nom m’arrêter ? Ben Leider ? Cet Américain, correspondant en Espagne pour le journal du Communist Party USA, le ‟Daily Worker”, fut abattu au-dessus de Madrid à bord d’un Polikarpov I-15. Carl Geiser ? Il est l’auteur de ‟Prisoners of the Good Fight : the Spanish Civil War, 1936-1939”, un livre dans lequel est relatée la vie des prisonniers de guerre dans le camp de San Pedro de Cardeña (Burgos). Et Lou Ornitz ? Il est l’auteur de ‟Captured by Franco” que le lecteur peut lire en PDF et dans son intégralité. Et Hank Rubin, décédé il y a quelques mois ? Il est l’auteur de ‟Spain’s Cause was Mine”. Et Yaakov Shmushkevitch qui réorganisa les forces aériennes de la République ? Et Manfred Stern qui commanda les Brigades Internationales chargées de la défense de Madrid ? Et Carlo Rosselli ? Mussolini le considérait comme son plus dangereux ennemi en exil. Lui et son frère Nello furent abattus en juillet 1937 par des Cagoulards probablement commandités par Mussolini. Et Clara Thalmann-Ensner ? Et la photographe Margaret Michaelis ? Et Benjamin Lewinski qu’évoque George Orwell dans ‟Homage to Catalonia” ? Et Albert Prago ? Et Robert Capa ?

 

L’une des trois boîtes de la maleta mexicana redécouverte il y a peu, cent vingt-six rouleaux soit quatre mille cinq cents négatifs de Robert Capa (Endre Ernö Friedmann), Gerda Taro (Gerta Pohorylle) et Chim (David Seymour), trois photographes juifs dont les regards sur la Guerre Civile d’Espagne restent essentiels. La maleta mexicana : une immense mémoire se voit d’un coup immensément enrichie…

 

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11 Responses to Les Juifs dans la Guerre Civile d’Espagne.

  1. Bonjour, le musée d’art et d’histoire du Judaïsme à Paris exposera la valise mexicaine de Capa, Taro et Chim en 2013, de février à mai.

  2. luc says:

    lorsque le 18-19 juillet éclata le pronunciamiento franquiste le premier soin du Komintern fut de… rapatrier dans leur pays (!) les excellents combattants qu’auraient pu constituer les milliers de jeunes qui se trouvaient présents à Barcelone avec leur délégation pour les spartakiades, qui furent donc finalement annulées, et qui avaient été organisées en réponse aux Jeux olympiques d’Hitler ; ce rapatriement de délégations eut finalement peu de conséquences, puisque la population de Barcelone parvint à assurer la défense de la ville, mais à lui seul il rappelle ce qu’était alors la stratégie de l’URSS. En août l’URSS signa aux côtés des démocraties occidentales la… non-intervention, tandis qu’Hitler et Mussolini faisaient le choix que l’on sait. En septembre l’URSS en était encore à accepter… l’envoi de médecins-et-de-médicaments ; ce fut seulement le 5-6 octobre, après que le Komintern ait compris le profit qu’il pouvait tirer d’un soutien à l’Espagne républicaine, que commencèrent à arriver les premières Brigades Internationales. Au total ce furent donc deux mois et demis qui avaient été perdus, et, du point de vue des bons auteurs, l’issue même de la guerre qui se trouvait compromise puisque Franco avait eu le temps de transformer la guerre de guerilla, où il était a priori perdant, en guerre conventionnelle, où il disposait d’une supériorité écrasante grâce à l’aide reçue d’Hitler et de Mussolini, voire des démocraties -cf. pétrole texan destiné à alimenter les blindés franquistes et qui échappa à la liste du matériel placé sous embargo.
    Il y eut dans le même temps, pour l’honneur des bipèdes, des hommes et des femmes (parmi lesquels aussi, on se doit de le rappeler, des communistes traîtres-aux-consignes-du parti) qui dès le 19 juillet ne s’embarrassèrent pas de dialectique et qui du monde entier convergèrent sur Barcelone. Parmi eux, Rosselli, qui prit la tête de la “section italienne de la colonne Ascaso” : ce n’est pas faire offense aux combattants des Brigades Internationales que de donner cette précision, le concernant -et sans laquelle on frôle le contresens…

    Cordialement

  3. Jean GOLDSZTEJN says:

    Je cherche des informations au sujet de mon oncle Leo GODSZTEIN qui est parti de Pologne, comme volontaire pendant la guerre d’Espagne. je n’ai pas plus d’information, son nom apparait dans la liste des volontaires polonais de Martin SUGARMAM. tous les auteurs donnent des chiffres mais pas de noms, à moins d’être un officier ou un responsable.
    d’avancce merci,
    Jean GOLDSZTEJN

    • luc says:

      Bonjour. La voie d’entrée presque obligée en Espagne était alors la France, qui avait l’oeil sur ces volontaires. Aussi et à toutes fins utiles je vous rappelle que les archives de la Sûreté nationale, rapatriées de Moscou en 1993-94 puis en 2000, sont maintenant consultables. Cordialement

  4. Angela says:

    Il faut lire le récit de désillusion de Sygmunt Stein, Ma guerre d’Espagne. Brigades Internationales : la fin d’un mythe, Paris, Seuil, 2012.
    http://dissidences.hypotheses.org/3369
    Un témoignage troublant qui écorne le mythe des Brigades internationales.

  5. luc says:

    (suite) une autre source également, quand on n’a rien pu trouver ailleurs, est tout ce qui concerne l’évacuation des réfugiés, au moment de la Retirada de février 1939 voire antérieurement : les autorités concernées n’avaient guère les moyens de faire la différence entre les “civils”, et les autres…

  6. Lachman says:

    Bonjour
    Mon épouse Thérèse Szerman est la fille de Alter Szerman,5e commandant de la Compagnie Botwin.Nous avons beaucoup de photos de la période 36/39 que nous pouvons partager bien sur.
    Pour info le journaliste belge Sven Tuytens à écrit un livre formidable sur les infirmières
    belges et juives de l’Hôpital d’Ontoniente.Titre du livre”Las Mamas Belgas”
    Philippe Lachman

  7. Olivier YPSILANTIS says:

    Merci pour votre courrier. Peut-être pourriez-vous mettre en ligne ces photographies. Je vais faire l’acquisition du livre que vous signalez. Une excellente journée à votre épouse et à vous-mêmes.

  8. anticommuniste, et pourtant plutôt philosémite... says:

    Cher Monsieur Ypsilantis, je lis souvent avec plaisir votre blog. Vous êtes très cultivé et vous avez un goût sincère pour les trésors inégalés de notre civilisation romano germanique et chrétienne que vous semblez admirer. Cela me fait penser à un auteur que j’apprécie beaucoup: Emmanuel Berl. Je ne sens pas chez vous la même haine de nous autres goyim, qui affleure toujours dans les textes des intellectuels juifs, parfois entre les lignes seulement, et que l’on pourrait qualifier de “glaçante” si certains anti-antisémites professionnels comme BHL n’avaient galvaudé cet adjectif.

    Bref, je dois avouer que je suis mal à l’aise quand je lis votre manière d’évoquer ces assassins sanguinaires juifs des brigades internationales, qui ont massacré atrocement des milliers de religieuses, prêtres, évêques, propriétaires terriens etc, qui ne leur avaient rien fait et n’avaient qu’un seul tort, celui d’être catholiques et conservateurs. Et ces assassins, en plus, commettaient leurs crimes avec une parfaite bonne conscience car ils s’imaginaient eux-mêmes en vengeurs des victimes de l’inquisition.

    Pourtant nous savons par Pierre Chaunu que: “La Révolution française a fait plus de morts en un mois au nom de l’athéisme que l’Inquisition au nom de Dieu pendant tout le Moyen-Âge et dans toute l’Europe”. Par conséquent les crimes des brigades internationales n’ont aucune excuse.

    Voyez-vous cela me donne à penser. Que penseriez-vous, vous, en parcourant un blog tenu par un Allemand très cultivé, que vous liriez avec plaisir parce qu’il vous apprend une foule de choses sur l’art baroque de la Bavière, la poésie romantique de Schiller et Goethe, etc., si tout à coup, vous tombiez sur un chapitre du même blogueur présentant avec éloges, et comme une chose parfaitement naturelle, les exploits de la brigade Dirlewanger sur le front de l’Est, en particulier sa participation à la shoah par balles?

    Et j’en rajoute une couche, pardonnez-moi. Je lis les commentaires sous votre article. Plusieurs coreligionnaires à vous sont très touchés par votre texte et vous demandent de les aider à retrouver la trace de tels ou tels membres de leur famille, qui ont fait partie de cette équipée barbare et sanguinaire que fut l’aventure des brigades internationales. Révélateur non ? Ces gens étaient donc tous juifs., presque tous.

    Mettez vous à ma place, monsieur Ypsilantis: je m’interroge. Faut-il donc faire une fois pour toute ce constat que la vérité a été exprimée par le rabbin rouge Stephen Wise “Some call it Communism; I call it Judaism.”?

    Dites moi la vérité s’il vous plait, cher monsieur: c’est donc vrai que le nihilisme sanguinaire est ethniquement prédéterminé, congénitalement juif ? Doit-on donc donner raison à Hervé Ryssen, lui-même inspiré par Soljenitsine? Ou à Sonia Margolina, qui, elle, écrit en allemand, mais vous lisez l’allemand n’est-ce pas. Aidez moi s’il vous plaît, je perd pied.

    Et veuillez comprendre également, car je suis sûr que vous êtes capable d’einfühlung, qu’à ce point de mes réflexions il est impossible de me pas me poser aussi la question suivante : “mais enfin cet Ypsilantis, est-il sincère quand il dit aimer ma civilisation à moi? ll semble sincère, mais c’est impossible qu’il le soit vraiment, sinon il ne pourrait pas sympathiser avec ceux, les membres des brigades internationales, qui avaient la volonté implacable de faire du passé table rase, réduire en cendres cette civilisation et exterminer impitoyablement ses défenseurs, pour faire advenir un monde nouveau révolutionnaire messianique et régénéré dans le sang.

    Comment qualifier l’attachement proclamé de l’auteur de ce blog pour les monuments de notre civilisation: mensonge? perversité? hypocrisie? duplicité ? schizophrénie ? ambivalence? pilpoul ?

    Un jour, j’en ai la mémoire certaine, j’ai entendu Annie Kriegel disant, ou j’ai lu sous sa plume, la chose suivante: “il faudra peut-être un jour que les Juifs demandent pardon pour le communisme”. Si, si, je n’invente rien, ma mémoire est très nette sur ce point. La seule chose c’est que je ne me rappelle plus si c’était à la télévision dans l’émission “Ouvrez les guillements” de Bernard Pivot (ce n’étais pas à Apostrophes, c’était plus ancien), dans une autre émission ou dans un article. Mais elle a formulé publiquement cette question, ça c’est certain. J’ai cherché désespérément à retrouver cette citation. En vain, bien évidemment. C’est tellement énorme que nécessairement ils allaient s’arranger pour qu’à jamais il n’en reste aucune trace ni sur internet ni nulle part.

    Mais de toute façon cette demande de pardon n’a pas eu lieu. Ca aussi c’est certain. Et ce n’est pas demain la veille qu’elle aura lieu. Pourquoi? Elle doit avoir lieu, nécessairement, sinon aucune paix ne sera possible. Même le pape a fait repentance pour l’inquisition, qui était de la petite bière, comme démontré plus haut, à côté des crimes de la tchecka.

    Vous voyez, c’est attristant de se colleter avec ce tachles là. Ca donne l’impression qu’on ne pourra jamais s’entendre, malgré tous les efforts sincères qui ont été faits… du côté des goyim.

    Je n’attends pas de réponse à ces pensées qui me taraudent. Mais s’il y avait une réponse, je serai très intéressé de la lire. Vous pouvez me l’envoyer dans ma boîte mail perso si vous préfèrez ne pas étaler ce dialogue sur la place publique ni valider ce commentaire.

    • Olivier YPSILANTIS says:

      Cher Monsieur,
      Je vous réponds car vous formulez dans ce courrier des jugements avec sincérité, me semble-t-il. Je ne les partage pas. Nous avons toutefois un point commun, Emmanuel Berl. Je l’ai beaucoup lu et je le lis encore. Je le vois comme une sorte de grand frère.
      Pouvez-vous me citer des écrits juifs qui expriment une haine ouverte ou cachée pour les non-Juifs ? Je manque de références à ce sujet. A l’inverse, les écrits de non-Juifs qui expriment une haine ouverte ou cachée pour les Juifs sont si nombreux que je ne me donnerai pas la peine de les citer.
      La Guerre Civile d’Espagne a été une épouvante. Je le sais par des documents mais aussi par des conversations dans diverses provinces du pays avec des personnes aujourd’hui décédées. Les membres des Brigades Internationales ne sont pas ceux qui ont laissé les pires souvenirs. C’étaient des combattants, toujours sur le front, à colmater les brèches, essuyant des pertes terribles. Les assassins étaient plutôt à l’arrière, des « anarchistes » (je place le mot entre guillemets car ces détrousseurs et assassins n’avaient rien à voir avec l’authentique idéal anarchiste), avec règlements de comptes liés à des histoires de familles, à des jalousies, à des coucheries, à l’envie de s’accaparer les biens du voisin en le qualifiant de « Rouge » ou de « Blanc » suivant les circonstances et pour mieux masquer l’assassinat derrière un « idéal ». J’ai des brouettes à vous servir à ce sujet.
      Les Juifs des Brigades Internationales étaient ashkénazes dans une écrasante majorité. L’Inquisition n’était guère dans leurs mémoires. Certains d’entre eux ont peut-être commis des crimes, je n’ai pas de documents ou de témoignages oraux à ce sujet. Mais à ce que je sache, les Juifs des Brigades Internationales ne se sont pas distingués par une férocité particulière envers les populations civiles.

      Vous passez tout de go à la Révolution Française. J’ai écrit des articles peu élogieux à son sujet. Mais, de grâce, ne mêlez pas une fois encore les Juifs à un événement que vous êtes en droit de détester. Il y avait bien plus d’aristocrates en rupture de ban ou simplement désireux d’aventures (histoire de se distraire de son ennui) parmi ses dirigeants que de Juifs (très peu nombreux).
      La diversité juive est tellement étourdissante (elle l’était déjà du temps du Juif Jésus et même bien avant lui) que vous trouverez même chez eux des individus qui peuvent être sans problème récupérés par les pires anti-judaïques, antisémites et antisionistes et retournés contre les Juifs et Israël. Le rabbin Stephen Wise est l’un d’eux.
      J’en reviens à la Guerre Civile d’Espagne. Il y a un « détail » très rarement évoqué par les historiens – pourquoi ? Parmi les troupes les plus redoutables de cette guerre, les Regulares, des Marocains encadrés par des officiers espagnols. Les « Rouges » préféraient généralement se suicider plutôt que de tomber entre leurs mains. Je passe sur les détails d’une guerre menée avec des méthodes africaines. Ce que vous ne savez peut-être pas, c’est que Franco et ses collaborateurs les recrutaient au nom de la lutte contre le marxisme et l’athéisme, je dis bien l’athéisme. Sans être un « Rouge », je préfère les membres des Brigades Internationales à ces Rifains recrutés par Franco le Croisé. Et pour tout vous dire, passant à un autre plan, je préfère infiniment José Antonio Primo de Rivera à l’astucieux Franco.
      Je suis un homme libre et dans ma liberté les Juifs sont assez présents, je le constate avec du recul. Ma liberté se nomme Emmanuel Berl mais aussi Ernst Jünger, Dionisio Ridruejo ; et elle a bien d’autres noms, autant de personnalités impossibles à étiqueter. L’esprit de liberté ne peut être jugé « mensonge, perversité, hypocrisie, duplicité, schizophrénie, ambivalence » que par ceux qui le jugent dangereux et s’y opposent.

  9. Alexandre Thabor Kramski says:

    Bonjour,
    Je suis en recherche des personnes qui ont connu mon père Simon Kramski ou Krmaskoï qui est parti de Palestine avec 300 de ses camarades combattre aux contre Franco. Il faisait je crois de Brigade Dombrowski. Il était proche semble-t-il du général Manfred Stern Kléber. Après la guerre il a été interné auc camps de Gurs, Vernet puis de Djelfa où il a été libéré par les américains. Voila tout ce que je sais de mon père. Merci à tous ceux vivants, enfants comme moi de ceux qui ont combattu le fascisme, les chercheurs sur la Guerre d’Espagne.

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