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BDS, cette ignominie – 1/2  

La cause BDS est jugée respectable voire digne de tous les éloges. Or, cette cause doit être chassée de tous les esprits qui se veulent libres. Elle séduit nombre de jeunes Américains et des célébrités parmi lesquelles Roger Waters des Pink Floyd. Je l’ai appris récemment et avec d’autant plus de tristesse que ce groupe a accompagné ma jeunesse.

BDS, acronyme de Boycott – Divestment – Sanctions. À dire vrai, et bien que n’étant en rien un adepte de ces pratiques, je préfère les tenants du BDSM (Bondage, Domination, Soumission, Masochisme) qui ne font de mal qu’à eux-mêmes et dans un plaisir partagé. Rien à voir donc avec les adeptes du BDS qui veulent imposer leurs vues au monde entier, étant entendu qu’ils sont porteurs de valeurs universelles, qu’ils sont les représentants du Bien (avec majuscule) sur terre.

BDS se présente comme le grand espoir pour les Palestiniens. Ce « Palestinian-led movement » qui se présente comme de gauche (bien sûr) ne veut que faire le bien, soit soutenir les Palestiniens qui, comme le reste de l’humanité, ont droit a « freedom, justice and equality ». Donc, et d’emblée, s’opposer au BDS revient à s’opposer au Bien (le Bien qui ne peut-être que de gauche, insistons) et, en toute logique, pactiser avec les forces du Mal. On en revient au manichéisme le plus radical, mais sous des airs aimables. C’est pourquoi ils sont si nombreux à se laisser séduire, à commencer par des membres de la US House of Representatives, sans oublier le leader du Labour Party, Jeremy Corbin.

BDS a connu un franc succès, et des consommateurs pensent combattre pour une noble cause lorsqu’ils font leurs emplettes, en refusant d’acheter Made in Israel. L’adepte du BDS se voit assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant, d’où il viendra juger les vivants et les morts. Défendre la cause BDS et la mettre en pratique est généralement bien vu, comme sont généralement bien vu les conformismes.

Mais qu’est-ce qui se cache derrière cette façade proprette ? BDS dénonce, et au nom de grands principes ; mais que propose-t-il ? Rien ! Son but : 1. Ending Israel’s occupation and colonization of all Arab lands. Fort bien. Mais que signifie « Arab lands » ? On se montre imprécis pour mieux masquer une intention très précise, soit effacer Israël de la carte. 2. Getting Arab-Palestinian citizens of Israel full equality. Les Palestiniens en Israël (soit environ 21 % de la population) ont les mêmes droits que les Juifs d’Israël. Et que dire des traitements infligés par le Hamas à celles et ceux qui n’entrent pas dans ses grâces : leurs opposants politiques, mais aussi les homosexuels, les LGBTQ+, sans compter les crimes d’honneur et j’en passe ? 3. Promoting the rights of Palestinian refugees to return to their home and properties. Rappelons que la guerre de 1948-49 a été déclenchée par les Arabes et que celle de 1967 a été une guerre préventive/défensive. De 700 000 à 750 000 Palestiniens ont perdu leurs logements après la guerre de 1948-49. Aujourd’hui, 5,6 millions de « réfugiés » sont enregistrés par l’URNWA, un organisme qui a une conception très particulière du statut de réfugié. Il n’y a que chez les Palestiniens que l’on soit réfugié héréditaire.

Il faut se rendre sur le site BDS pour comprendre comment l’histoire factuelle est manipulée afin de mieux manipuler les opinions publiques, et sous couvert des meilleures intentions. BDS met en avant la Nakba (cet équivalent de la Shoah selon une certaine propagande) en omettant de dire qu’Israël avait accepté le plan de partage des Nations-Unies et qu’une coalition arabe attaqua sur plusieurs fronts un pays né la veille, dans le but de l’effacer de la carte. Mais les Arabes ont été défaits et Israël s’est retrouvé avec un territoire sensiblement agrandi. Et comment évoquer un ethnic cleansing alors que la population israélienne est aujourd’hui à 21 % arabe ? Les Israéliens auraient chassé 7,5 millions de Palestiniens selon BDS ! Cette exagération confine à la farce. Pourquoi pas 750 millions ?

Israël est sans cesse harcelé mais toute réplique israélienne est considérée comme une agression délibérée ou disproportionnée – un mot qui ne cesse de revenir dans les médias de masse. Il n’y que ce pays qui doive faire face à un tel opprobre, et probablement parce que son existence même n’est pas vraiment acceptée. Entre 2005 et juin 2014, 9 062 roquettes et 5 099 obus de mortiers ont été tirés depuis la bande de Gaza, et je pourrais poursuivre cette liste jusqu’au 7 octobre. Par ailleurs, le Hamas qui a une excellente connaissance des opinions publiques, en particulier européennes, a pris soin d’enterrer ses centres vitaux sous des écoles et des hôpitaux afin de mieux faire passer les Israéliens – les Juifs – pour des tueurs d’enfants, de vieillards, de femmes. Le Juif tueurs d’enfants, vous connaissez ? L’accusation de crime rituel a été véhiculée aux cours des siècles dans le monde chrétien, et jusqu’au XIXème siècle – souvenez-vous de l’Affaire de Damas, 1840. Les musulmans l’ont récupérée et remise sur pied.

L’armée israélienne est à ma connaissance la seule armée à avertir les populations civiles avant de frapper, et par divers moyens, dont le « roff knock policy », ce qui porte préjudice à l’efficacité de ses coups contre le Hamas, pour ne citer que lui. Mais le Hamas veut qu’il y ait autant de victimes civiles que possible, afin qu’Israël apparaisse auprès des opinions publiques internationales comme une puissance génocidaire.

La bande de Gaza comme camp assiégé depuis 2006 ? On oublie que l’armée israélienne s’est retirée de ce territoire en 2005, sous l’impulsion d’Ariel Sharon, alors Premier ministre, et que cette même armée a expulsé manu militari quelque huit mille résidents israéliens. S’en suivit sans tarder un harcèlement du territoire israélien à partir de la bande de Gaza. BDS « oublie » également (mais BDS « oublie » tant de choses, « oublie » tout ce qui le gène) que l’Égypte participe à la surveillance de ce territoire contrôlé par le Hamas qui importe armes et munitions, creuse des tunnels, impose la Charia, utilise la population comme boucliers humains, assassine les membres d’autres groupes politiques, dont ceux de l’OLP, etc. Bref, on refait l’histoire en commençant par pratiquer l’« oubli ». Et la liste des « oublis » déjà longue ne cesse de s’allonger…

Il faut consulter le website BDS pour prendre note de ce que représentent ces « oublis ». Le vernis humaniste (ou humanitaire) sert lui aussi à recouvrir bien des « oublis » et bien des manœuvres. « Oublié » le radicalisme du Hamas, et d’abord exercé contre les Palestiniens eux-mêmes, avec cette ambiance de terreur qui touche non seulement la bande de Gaza mais aussi la Cisjordanie (la Judée-Samarie de son vrai nom) où il n’est question que de « colonisation ». « Oubliée » l’expulsion des Juifs des pays arabes, soit près d’un million de Juifs. Il faut lire la somme de Georges Bensoussan, « Juifs en pays arabes. Le grand déracinement, 1850-1945 ». Tant d’« oublis » !

BDS séduit probablement les gogos et les bobos qui applaudissent aux mots justice et paix, sans comprendre qu’ils ne sont que des masques et des attrape-couillons. Mais il y a plus. Dans la plupart des cas, et probablement dans presque tous les cas, le concept de boycott d’Israël s’inspire du boycott des Juifs activé avant la création de l’État d’Israël, avant donc toutes ces histoires de territoires, notamment en Judée-Samarie.

Le boycott arabe remonte à 1945, avec la formation de la Ligue Arabe qui décide de boycotter la production juive dans ce qui est encore la Palestine mandataire (Mandatory Palestine). Ce mouvement reste actif après la création de l’État d’Israël. En 1947-48, le Arab Higher Committee se constitue au moment de la création de cet État et par le biais du Boycott Committee (dirigé par Rashid al-Khatib), sous l’autorité du Economic Department of the Arab Higher Committee. Par la suite, la Ligue Arabe fait pression à l’international afin de contrarier (voire faire cesser) les échanges avec Israël. Ce mouvement atteint un sommet en 1951, où plus de huit mille cinq cents entreprises se voient soumises aux pressions du Boycott Committee. Vers les années 1967 et 1973, avec les guerres israélo-arabes, ce mouvement perd de son élan, mais il refait surface en 2005, avec Omar Barghouti, un Palestinien né au Qatar et diplômé de la Tel-Aviv University.

BDS est-il antisémite ou bien simplement anti-Israël ? Pour répondre à cette question, utilisons le critère établit par Natan Sharansky auquel se réfère Noa Tishby dans son livre « Israel. A Simple guide to the most misunderstood country on earth », un critère permettant de distinguer la critique légitime de la politique israélienne de l’antisémitisme, un critère (ou framework) adopté par le US Department of State, en 2010, soit le 3D test : Delegitimize – Demonize – Double Standart. Voyons ces points un à un. Delegitimize. BDS refuse le droit à l’existence d’Israël et à tous les niveaux : comme patrie historique des Juifs et comme pays reconnu par les Nations Unie. Ce refus est assumé par Omar Barghouti qui déclare : « I am completely and categorically against bi-nationalism because it assumes that there are two nations with equal moral claims on the land. » Demonize. La liste des dénonciations d’Israël et longue et elle ne cesse de s’allonger ; parmi elles, celle de « premeditated ethnic cleansing ». Et allez faire un tour du côté des posts et des tweets des leaders et supporters de BDS. Double Standart. On ne peut faire mieux dans le genre. BDS ne dénonce jamais la violence du Hamas et des États qui entourent Israël, jamais !

 

(à suivre)

Olivier Ypsilantis 

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