En lisant « Qui t’aime ainsi » (Chi ti ama così) d’Edith Bruck – 1/2

 

A Patricia Amardeil, qui se bat pour la mémoire de la Shoah depuis de nombreuses années et qui par ses traductions d’Edith Bruck (Edith Steinschreiber) offre au public francophone la possibilité de rencontrer une grande dame des lettres italiennes, une Juive hongroise rescapée d’Auschwitz.

A Georges Bensoussan, grand historien de courage penché sur l’étude de l’immense mémoire juive et qui m’a permis de rencontrer Patricia Amardeil.  

 

Je viens de recevoir au courrier le livre d’Edith Bruck, « Qui t’aime ainsi », son premier livre. Il a été publié en 1959. Je l’ouvre, il fleure encore l’encre d’imprimerie. Il est dédicacé par sa traductrice, Patricia Amardeil : Pour toi cher Olivier, ce deuxième livre d’Edith Bruck traduit en français parce que la Shoah n’en finit pas d’ébranler notre raison et de bouleverser notre cœur. Avec toute mon amitié, Patricia. J’avais rendu compte dans un article en deux parties sur ce blog du premier livre d’Edith Bruck traduit en français, traduction réalisée par Patricia Amardeil, « Signora Auschwitz » :

http://zakhor-online.com/?p=10239

http://zakhor-online.com/?p=10202

Ces deux livres d’Edith Bruck, traduits de l’italien au français par Patricia Amardeil, ont été publiés aux Éditions Kimé (2, impasse des Peintres, Paris IIe arrondissement), dans la collection Mémoires en jeu.

La couverture de « Qui t’aime ainsi » montre Edith Bruck jeune, d’une grande beauté avec ce visage plein, classique, harmonieux, sculptural. A ce propos, je me demande si sur cette photographie Edith Bruck ne pose pas pour un artiste, avec cette sculpture au premier plan. Je vais enquêter, j’aimerais en savoir plus.

 

Couverture du livre achevé d’imprimer en mars 2017. Et un lien vers les Éditions Kimé : http://www.editionskime.fr

 

Ce petit livre, une centaine de pages, s’ouvre sur une présentation de Philippe Mesnard, « A corps et âmes perdus », Philippe Mesnard qui dirige la collection Mémoires en jeu. Suivent les onze chapitres du texte d’Edith Bruck. Deux textes de Jean-François Forges, modestement intitulés « Notice historique » et « Notes de la notice historique », ferment l’ensemble. Philippe Mesnard est notamment l’éditeur de deux inédits de Primo Levi ainsi que des manuscrits des Sonderkommando d’Auschwitz. Jean-François Forges est aussi l’auteur d’un livre dont je conseille la lecture : « Éduquer contre Auschwitz – Histoire et mémoire ».

En quatrième de couverture, on peut lire : « Edith Bruck livre avec Qui t’aime ainsi un double témoignage inédit. Il s’agit d’abord d’un des rares récits, venant prendre place à côté de celui d’Être sans destin d’Imre Kertész, de la déportation et de l’internement des Juifs hongrois au printemps 1944. La destination étant Auschwitz et le but, l’extermination. Edith Bruck y survit. Mais ensuite, plus rare encore, la deuxième moitié du livre témoigne de l’errance des survivants et, plus particulièrement, de ces tout jeunes gens privés de repères affectifs et livrés à eux-mêmes. Car l’ouverture des camps n’apporte, pour eux comme pour nombre des rescapés, ni la restitution du monde d’avant et de leurs biens, ni la possibilité du bonheur de vivre ».

Dans sa présentation, Philippe Mesnard nous avertit : le corps, le corps vieilli, survivant d’Auschwitz, est déjà présent dans « Qui t’aime ainsi » comme il est présent dans « Signora Auschwitz », une présence récurrente et centrale.

« Qui t’aime ainsi » est la deuxième traduction au français d’un livre d’Edith Bruck, cette écrivain des lettres italiennes d’origine hongroise, rappelons-le, deux traductions menées par Patricia Amardeil qui termine une troisième traduction d’Edith Bruck dont j’espère rendre prochainement compte sur ce blog. « Qui t’aime ainsi » est dédié « A ma mère pour le pain qui avait le meilleur goût du monde ».

Le livre commence par nous entraîner dans le milieu familial. La maisonnette, une masure au toit de chaume qui laisse passer la pluie. Un père taciturne qui fait commerce de tout sans réussir à pourvoir aux besoins de la famille. Une mère, trente-neuf ans mais qui en paraît beaucoup plus. Le dénuement, les disputes et l’école où elle est heureuse de se rendre parce qu’elle l’éloigne de ces disputes. Dès les premières lignes, on est poussé (précipité même) dans ce livre. Pourquoi ? Parce que les détails (les précisions) nous attirent et nous cernent, définissant une ambiance. La puissance d’ambiance (atmosfera) de ces pages (il s’agit d’une traduction, ce qui incite le lecteur à remercier aussi la traductrice, Patricia Amardeil) est stupéfiante.

Ce document littéraire (Edith Bruck est une écrivain majeure de la littérature italienne) est aussi un document historique, ce que souligne Jean-François Forges dans sa « Notice historique » qui s’ouvre sur ces mots : « La lecture du livre d’Edith Bruck Qui t’aime ainsi permet d’aborder plusieurs thèmes historiques vus par les yeux d’une jeune juive hongroise ». Rappelons que les Juifs hongrois ont été relativement épargnés (par rapport aux Juifs polonais pour ne citer qu’eux) jusqu’en 1944, avant d’être massivement déportés, gazés, incinérés. 146 convois transportant 423 500 Juifs hongrois arrivèrent à Auschwitz entre le 16 mai et le 9 juillet 1944. Parmi eux Edith Bruck et des membres de sa famille, arrivés à Birkenau fin mai 1944.

Les capacités de la machine à exterminer mais aussi de la machine à effacer l’extermination (les fours crématoires) se révélèrent insuffisantes face à un tel afflux. Par ailleurs, l’entassement était effroyable. Voir cette partie du camp de Birkenau (secteur BIII) surnommée Mexiko, le Mexique étant alors considéré comme un pays particulièrement misérable. Le crématoire VI qui aurait considérablement augmenté les capacités de l’ensemble ne put être installé à temps. Il faut avoir étudié le Sonderaktion 1005 et le travail supervisé par Paul Blobel pour prendre la pleine mesure de cette volonté radicale d’exterminer mais aussi de cacher toute trace d’extermination, à savoir les victimes, les corps des victimes, des millions et des millions de corps.

Ce document rend également compte de la multiplication des signes de l’antisémitisme. Ainsi tient-on cette confirmation : le nazisme a bénéficié de multiples complicités, d’un terrain favorable, comme on le dit du cancer. Trop souvent, les nazis n’eurent qu’à apporter la touche finale, le reste ayant été accompli par un antisémitisme multiséculaire.

 

 

Dans la mentalité commune, le Juif est nécessairement riche, il roule sur l’or, au sens propre de l’expression… Je n’exagère rien. Ainsi, les paysans (des Chrétiens protestants) du village hongrois où est née et a grandi Edith Bruck, un village aux confins de l’Ukraine et de la Slovaquie, s’étonnent que sa famille soit pauvre : « Mais comment se fait-il qu’ils ne soient pas riches ? » Cette lente emprise de l’antisémitisme dans la vie quotidienne n’est pas moins effrayante que l’organisation de mort du monde concentrationnaire : elle l’annonce et le prépare. Ainsi, dans « The Exorcist » (le film de 1973 de William Friedkin d’après un scénario de William Peter Blatty), la partie la plus inquiétante est-elle bien celle qui rend compte de signes annonciateurs, annonciateurs d’on ne sait vraiment quoi, ce qui ajoute à l’inquiétude. Ce qui suit n’est pas inquiétant, l’effroi ayant eu raison de l’inquiétude. Souvenez-vous de ces bruits venus du grenier, dans cette maison confortable et ordonnée d’Américains middle class alors que la famille est réunie autour de la table. Quelques-uns de ces signes dans le livre d’Edith Bruck : lorsque les Juifs entrent se baigner dans le fleuve, des non-Juifs en sortent en les accusant d’avoir sali l’eau. Il est vrai que la famille d’Edith Bruck souffre moins de l’antisémitisme que d’autres familles car moins observante. Mais elle en arrive à ce qui suit : «  Les Juifs ne jouaient pas avec moi en disant que je n’étais pas assez juive (…) Il me restait quelques amis chrétiens qui, parfois, me défendaient ». A l’école l’antisémitisme se fait de plus en plus manifeste, dans le village aussi. « Bon nombre des personnes au milieu desquelles j’avais grandi ne me saluaient plus en feignant de ne pas me voir ». C’est l’un des signes de l’horreur à venir, de l’horreur toute proche. Edith Bruck est déjà dans l’enceinte d’Auschwitz-Birkenau.

Pâques 1944. L’angoisse ruisselle, les sueurs de l’angoisse. Et la nuit confirme son emprise. Le danger rôde juste derrière la cloison. Couvre-feu sépulcral. A l’aube, coups violents contre la porte. La gigantesque machine va les happer. Le père montre aux gendarmes ses décorations gagnées au cours de la Première Guerre mondiale. Mais ils rient, les jettent par terre et lui conseillent de sortir vite s’il ne veut pas être sorti à coups de pieds. Une fois les Juifs rassemblés, les gendarmes séparent femmes et hommes puis les font se déshabiller afin d’explorer tous leurs orifices : une fois encore, c’est ainsi dans bien des têtes : Juif = or. Edith Bruck, douze ans, a droit à cette fouille : « Ils fouillèrent de leurs doigts tous les orifices qu’un animal peut avoir. J’avais envie de rire, je n’éprouvais aucune honte devant eux ». Arrivée dans un ghetto organisé par les nazis. Déshabillage pour fouille, une fois encore. Après cinq semaines passées là, transfert dans une synagogue « très belle et grande comme un théâtre ». Nous sommes fin mai 1944. Wagons à bestiaux. A la frontière allemande, les Allemands demandent de l’or, les Juifs étant supposés en être bardés. Ils partent avec des alliances. Auschwitz. Sélection. Séparation. Le rituel de l’abattoir et pire. Mais lisez ce livre !

Les chapitres 4 et 5 rendent compte des transferts d’Auschwitz à Bergen-Belsen où elle est libérée. Ces transferts supposent une mortalité effrayante car il faut marcher et marcher encore, avec des rations de plus en plus réduites que complète à l’occasion du chapardage. Le gigantesque système concentrationnaire s’effondre avec les armées du Reich et la mortalité augmente. Il faut avoir étudié les derniers temps de Bergen-Belsen (un camp à l’histoire et à la composition assez particulières) pour prendre la mesure de ce que supposait l’entassement avec notamment la propagation des pires maladies dont le typhus.

Edith et sa sœur Eliz restent ensemble, ce qui contribue en grande partie à leur survie ; Edith ne le dit pas explicitement mais le lecteur le pressent. Et c’est en lisant ces chapitres 4 et 5 que l’expression l’énergie du désespoir prend tout son sens. Dans ce chaos, la mort se fait encore plus présente, par épuisement et maladie. Dans ce chaos, le lecteur découvre, ou achève de découvrir, Edith, une petite fille (elle a douze ans, rappelons-le) délurée et dotée d’une énergie vitale qui semble dépasser la moyenne. Pour survivre il faut « organiser », « organiser », l’un des mots les plus utilisés dans l’univers concentrationnaire, « organiser » pour survivre, tout simplement. La nourriture est devenue si rare que marcher demande un immense effort ; et ceux qui ne peuvent suivre sont systématiquement achevés.

Edith Bruck multiplie les anecdotes. L’histoire de l’univers concentrationnaire est d’abord faite d’anecdotes, l’anecdote étant particulièrement révélatrice dans cet univers où l’individu se voit soumis à des conditions extrêmes, inimaginables à l’extérieur des enceintes électrifiées.

Edith Bruck avance dans une colonne d’un millier de femmes gardées par seulement une vingtaine de soldats. Ce qu’elle écrit m’a grandement surpris : « Beaucoup de filles avaient un gilet ou une écharpe en laine : c’étaient les riches, et nous, en les regardant avec mépris, nous disions qu’elles ne se les étaient pas procurés de manière honnête. Peut-être avaient-elles volé le pain des autres ou qui sait encore… Beaucoup se mettaient du rouge à lèvres et, de temps à autre, s’enfonçaient dans le bois avec un Allemand pour en ressortir avec une écharpe neuve qu’elles échangeaient contre du pain. C’était une bonne fortune pour une Juive qu’un Allemand puisse la désirer. Pour moi, elles avaient raison, c’était une question de vie ou de mort, mais Eliz ne partageait pas mon point de vue. C’était un sujet de dispute entre nous ». Ce passage est révélateur de la psychologie d’Edith Bruck, d’un certain pragmatisme : « Pour moi, elles avaient raison, c’était une question de vie ou de mort ». Cette sincérité confirme la valeur de ce récit. Edith Bruck écoute sa vitalité qui la conduit et la protège et c’est aussi pourquoi ces pages sont parfaitement belles, belles malgré l’horreur qui les inonde. C’est un récit nu, un récit qui n’est pas conduit (recouvert, masqué) par une religion ou une idéologie, par une croyance.

Mais j’en reviens au passage ci-dessus. Il m’a surpris. L’idéologie avait écrasé les têtes et le Juif ou la Juive qui touchaient un Allemand ou une Allemande étaient qualifiés de Jüdischer Rassenschänder (souilleur de race). Un déporté juif m’a rapporté que l’un des hommes de son groupe avait été injurié et rudoyé par un soldat de l’escorte parce que son regard avait rencontré celui d’une « Aryenne » alors qu’ils traversaient un village. Ce même déporté m’a souvent rapporté que dans l’Allemagne vaincue et détruite les hommes manquaient et que nombre d’Allemandes les recherchaient. Ce rescapé d’Auschwitz s’était retrouvé à faire l’interprète entre Soviétiques et Britanniques, et il portait l’uniforme. L’uniforme ne déplaisait généralement pas aux Allemandes, il les rassurait à l’occasion : le soldat pouvait devenir un protecteur et améliorer son quotidien. Un jour, ce survivant me confia même avec le sourire : « Le Juif était le fruit défendu et, de ce fait, il était encore plus délicieux. »

(à suivre) 

Olivier Ypsilantis

 

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32 Responses to En lisant « Qui t’aime ainsi » (Chi ti ama così) d’Edith Bruck – 1/2

  1. “la famille d’Edith Bruck souffre moins de l’antisémitisme que d’autres familles car moins observante”

    J’ai bien peur, Olivier, que l’antisémitisme ne sois pas moins virulent ou moins présent lorsqu’il vise des Juifs car “moins observants”, voire “pas du tout observants”.

    C’est une idée reçue qui prône l’assimilation et qui rend les Juifs responsables de l’hostilité qui les frappe régulièrement.

    Les Juifs du Portugal en savaient quelque chose. Ils étaient encore moins pratiquants que la famille d’Edith Bruck, il n’étaient même pas vaguement traditionalistes, ils étaient, pour beaucoup, très assimilés… Il y avait un nombre important de mariages mixtes, beaucoup avaient complètement oublié qu’ils étaient Juifs, certains étaient même convertis au catholicisme. Ceux qui se souvenaient être Juifs pensaient qu’ils ne l’étaient plus, ils se pensaient intégrés et protégés, donc, de l’antisémitisme. Pourtant les non-Juifs les ont repérés et les ont rejetés, les Inquisiteurs les ont torturés et massacrés au nom de l’Eglise. Les décrets frappaient tous les Juifs d’interdictions et d’obligations diverses avant que les supplices ne leurs soient infligés.

    Même chose à l’époque du 3è reich. Peu importait que les Juifs soient ou non pratiquants. Ils étaient Juifs et c’était suffisant aux yeux des Nazis pour qu’ils le paient de leurs vies.

    Hitler comme Torquemada remontaient l’arbre généalogique pour “débusquer” les Juifs assimilés.

    Être ultra pratiquants, pratiquants, légèrement pratiquants, traditionalistes, athées, anarchistes ou chrétiens ne les sauvaient pas ! Tous étaient frappés par l’antisémitisme, indistinctement.

  2. Olivier says:

    Ami
    Cette remarque m’a surpris, et je tiens à préciser qu’elle est d’Edith Bruck – à ce propos, comment pourrais-je m’autoriser une telle remarque ? J’ai failli la commenter (tout au moins marquer ma surprise) mais j’ai préféré rester neutre. J’en suis venu à penser que sa famille était moins visée que d’autres familles juives car tout simplement moins visible dans sa tenue. Peut-être ne se distinguait-elle pas des autres familles, disons extérieurement. Peut-être est-ce ce qu’Edith Bruck a voulu nous
    laisser entendre. Je ne sais. J’insiste, cette remarque d’Edith Bruck m’a surpris et je comprends qu’elle t’agace. Je ne t’ai pas répondu mais je te remercie pout toutes les photographies d’archives que tu nous propose sur ton blog.

  3. Olivier says:

    Tu écris : “Peu importait que les Juifs soient ou non pratiquants. Ils étaient Juifs et c’était suffisant aux yeux des Nazis pour qu’ils le paient de leurs vies”. Oui. On peut même aller plus loin : les Juifs convertis (voir un grand nombre de Juifs allemands) restaient juifs pour les nazis, “racialement” juifs. Le cas d’Edith Stein morte à Auschwitz est de ce point de vue emblématique. On pourrait aussi évoquer le cas du poète Max Jacob, etc. Les Juifs qui pouvaient prouver qu’ils descendaient de convertis étaient épargnés après enquête à Berlin, etc, etc. Une folie sans fond.

    • Du point de vue du halakhique (donc du judaïsme), on reste Juif, quoi que l’on fasse, même l’on se convertit.

      Nous appartenons à un peuple, et l’on ne peut pas le quitter, quoi que l’on fasse.

      Même si un Juif se convertissait à 100 000 religions, il reste Juif aux yeux de Dieu et aux yeux des Juifs.

      Monseigneur Lustiger était un Juif converti au catholicisme.

      Il reste Juif.

      Les nazis, eux, considéraient que les Juifs qui se convertissaient au christianisme ou une autre religion, le faisaient dans une démarche roublarde dans le but de tromper les non-Juifs, de les infiltrer et de prendre sournoisement le contrôle du pays.

      Les deux approchent n’ont strictement aucun rapport. Mais si j’évoquais le fait que l’on reste Juif que l’on se convertisse ou non à une religion, c’est justement pour éclairer sur cette différence. On ne peut pas parler de l’attitude des nazis vis à vis des Juifs convertis consistant à considérer qu’ils restaient Juifs sans souligner cette différence avec le principe fondamental juif qui est qu’un Juif reste Juif, quoi qu’il dise et quoi qu’il fasse.

      Un Juif ne change pas d’âme ou de peuple.

      Même chose pour un non-Juif se convertissant au judaïsme : il reste Juif, quoi qu’il dise et quoi qu’il fasse et ses enfants, s’il est une femme, seront Juifs eux aussi.

  4. Olivier says:

    Rien à ajouter à ce que tu dis là. Impeccable. Adin Steinsaltz dont j’ai décortiqué le petit libre magistral, “Les Juifs et leur avenir” ne dit pas autre chose (avec notamment cette notion centrale de peuple, Am Israel).

    Une chose toutefois. Tu écris : “On ne peut pas parler de l’attitude des nazis vis-à-vis des Juifs convertis consistant à considérer qu’ils restaient Juifs sans souligner cette différence avec le principe fondamental juif qui est qu’un Juif reste Juif, quoi qu’il dise et quoi qu’il fasse”. Oui mais… Une fois encore les nazis se moquaient de l’aspect religieux pour ne considérer que l’aspect “racial”, “génétique”, je ne sais comment dire. Un ami, survivant d’Auschwitz, m’a rapporté qu’un ami aussi juif que lui avait échappé à la déportation après avoir pu apporter des “preuves” qu’il n’était pas d’origine juive et qu’il descendait de convertís, une histoire de Khazars. Les nazis étaient véritablement obsédés par les “gènes”.

  5. Je ne parle pas d’aspect religieux, je parle bien de notre peuple.Combien d’entre nous ne sont pas religieux et savent qu’ils sont Juifs parce qu’au moins leur mère est Juive ? Ca n’a rien à voir avec la religion. Même si c’est un principe venant de la Halakha, c’est un élément intégré en chaque Juif, même chez les non-croyants. Est-ce que quelqu’un qui considère que tuer est un crime est religieux ? Non, pourtant ça vient de notre Torah.

    Beaucoup de choses proviennent de… Ah, comment dire…? Notre religion, le judaïsme, n’est pas une religion… C’est un mode de vie, une philosophie… Une religion a un dogme, est n’évolue pas, ou alors très peu et très lentement parce que ce dogme considère comme hérétique toute remise en question fondamentale. Le judaïsme, contrairement au christianisme et à l’islam, par exemple, est en révolution permanente, toute son histoire est une perpétuelle réflexion et remise en question… Il n’y a pas que Shamaï et Hillel, il y a toutes les écoles du judaïsme, toutes les approches différentes, et encore aujourd’hui les débats n’ont pas fini.

    Une religion ne permet pas la dissension ni le moindre écart, regarde l’Histoire des chrétiens, regarde l’islam…

    Mais je suis d’accord avec toi sur le fait qu’Hitler se moquait bien du judaïsme. Néanmoins, il avait repris au judaïsme, peut-être sans le savoir, et uniquement à cause de sa suspicion, un des principes plurimillénaire de notre peuple qui est que quand on est Juif, on est Juif à jamais. Rien ne peut changer cela.

  6. Olivier YPSILANTIS says:

    Ami. Je vais faire quelque chose que j’évite de faire : me citer. J’ai écrit (dans mon blog et ailleurs) que le judaïsme n’est pas une religion (soit un ensemble de dogmes) mais « une école de pensée ». J’ai également écrit que le judaïsme était comparable à une centrale nucléaire (voir le soleil) avec réactions en chaîne qui produisent une énergie infinie. Avec le judaïsme, il n’y a pas fixation dans un dogme, jamais, car sitôt qu’un dogme commence à vouloir se constituer, le judaïsme le bombarde, mentalement. Le christianisme et l’islam (et je voudrais me garder d’attaquer la foi des uns et des autres) me semblent secs en regard du judaïsme, des possibilités du judaïsme. Je puis me permettre cette liberté de parole n’étant pas juif ; autrement dit, je ne prêche pas pour ma paroisse. Je les vois comme du judaïsme appauvri. Je ne dis pas qu’ils n’ont rien de bon : je dis ce qu’ils ont de bon procède de leur origine juive. Lorsque j’assiste aux offices chrétiens, ce qui est communément nommé « la Théologie de la Substitution » me pète à la figure à chaque lecture du « Nouveau Testament » (que je préfère qualifier de Second Testament). Cette théologie est au cœur du christianisme et occupe la quasi-totalité de son espace.

    • Nous sommes tout-à-fait d’accord.

      Mmmmh, je préfère toutefois la métaphore du soleil à celle d’une centrale nucléaire… C’est plus poétique et surtout plus vrai. Une centrale nucléaire est surtout une bombe à retardement, une centrale nucléaire produit des déchets nucléaires plus que la vie. Une centrale n’a rien de naturel, elle est fabriquée artificiellement.

      Pour le… Testament, “nouveau” ou “second”, cela revient à faire référence au leg d’un Être mort.

      En ce qui me concerne, je préfère appeler le “Testament”, “Alliance”.

      “La Nouvelle Alliance”, au lieu du “Nouveau Testament”, même si, personnellement, je ne crois pas que Dieu soit imparfait, alors Il n’a pas pu se planter en choisissant le peuple hébreu… Donc s’il y a une Alliance, à mes yeux, il n’y en a qu’une. Maintenant, les chrétiens peuvent, s’ils le souhaitent, imaginer que Dieu s’est gourré de peuple, qu’Il a voulu rattraper son erreur dans sa seconde Alliance, et qu’ils sont le “verus Israel”… Puis qu’Il a dû, une troisième fois rattraper ses erreurs en se manifestant pour préciser que son choix portait, finalement, sur le peuple arabe (Coran)… Ça ne me semble pas logique, mais bon… Chacun pense et croit en ce qu’il veut…

      Mais je préfère “Alliance” à “Testament”, car si les chrétiens considère que Jésus était le Fils et que son père n’était pas Joseph, mais Dieu lui-même, et donc que le Père, le Fils et le Saint Esprit ne font qu’un, ils ont le droit, s’ils le souhaitent, d’appeler leur Bible “Le Testament”, mais appeler notre Tanakh “L’Ancien Testament” alors que Dieu n’est jamais supposé être mortel ni mort dans notre Tanakh, je trouve l’initiative déplacée et ne cachant, en réalité, que la volonté de parler d’une “ancienne alliance” qui n’est plus valable puisqu’il y en a eu une nouvelle avec un autre peuple qui lui a succédé…

      • Olivier YPSILANTIS says:

        Très intéressante ta remarque au sujet du mot « Testament », un mot qui s’emploie (et que j’emploie) trop souvent machinalement, sans y penser, ce qui est une erreur. Je me suis donc interrogé et j’ai trouvé ce lien :
        http://www.interbible.org/interBible/ecritures/mots/2002/mots_020510.htm
        Donc, va-et-vient dans les traductions. On peut lire ce qui suit dans le lien ci-dessus : “L’histoire de l’apparition du mot « testament », pour désigner les deux grandes parties de la Bible, est le résultat de traductions successives d’une langue à l’autre: de l’hébreu au grec, puis du grec au latin, et enfin à nos langues modernes. Quand les Juifs de culture grecque traduisirent la Bible en grec, ils choisirent le mot diathèkè pour rendre le mot hébreu berît. En hébreu, le mot berît signifie « alliance » alors que le mot grec diathèkè signifie plutôt « testament » au sens juridique.”
        Cette remarque me fait revenir à ce que je voulais évoquer dans mon précédant courrier, à savoir que le christianisme a été fondé par un Juif hellénisé (voir saint Paul) et que cette tentative d’injecter de l’hellénisme (avec notamment cette notion anthropomorphique, de D.ieu fait homme, etc.) ne pouvait assez vite que conduire à d’effroyables tensions qui s’efforceront d’échapper à elles-mêmes en s’en prenant au foyer initial.
        P.S. « Soleil » est mieux que « centrale nucléaire », bien sûr. J’ai hésité à écrire « soleil » par crainte de tomber dans la grandiloquence, mais en la circonstance pourquoi une telle crainte ?

        • Bon, je voulais poster un ajout à mon commentaire avant que tu ne postes ta réponse mais le blog m’a refait le même coup en ne publiant pas mon commentaire et en disant, à la tentative suivante, que je faisais un doublon.

          Voici ce que je disais dans cet ajout (en espéra,t que cette fois, ça voudra bien fonctionner normalement et que je réussirai à poster !) :

          Bon, je viens de vérifier dans le Robert, et il semble que le terme “testament” n’avait pas le sens qu’on lui donne aujourd’hui de “dernières volontés”. Il était utilisé dans le sens… d'”alliance”, justement.

          Le doute a été rendu possible par le fait que la figure principale du christianisme (même si elle n’était qu’une enveloppe charnelle de Dieu) avait été tuée. D’où cette confusion avec le mot “testament” dans son sens actuel.

          En tant que Juif, cela ne me gène pas que les chrétiens s’imaginent que Dieu a fait une nouvelle alliance avec eux. Il aurait été plus joli et plus exact d’employer le mot “alliance”, après, qu’elle soit nouvelle ou seconde n’est pas gênant pour moi, c’est surtout pour les chrétiens que ça doit l’être parce que cela implique une imperfection de Dieu, le présentant comme quelqu’un qui ne sait pas ce qu’il veut…

          Ton idée de “Seconde Alliance” (pour faire une synthèse entre l’appellation que tu préfères (“Seconde”) et celle que je préfère (“Alliance”)) était en ce sens meilleure pour les chrétiens et n’impliquait, effectivement, pas de substitution… Oui, les chrétiens auraient pu (et peut-être dû) appeler leur Bible “La Seconde Alliance, mais cela aurait contredit leurs dispositions d’alors qui était, à l’époque, de vouloir être le “verus Israel”… Le “vrai Israël”…

          Et cela justifiait, selon eux, les conversions forcées des Juifs ainsi que leurs persécutions…

          Donc si ces appellations de “Nouveau” et d’ “Ancien” ont été choisies, ce n’est pas accidentel, ce n’est pas le fruit d’une coïncidence, c’était bien voulu.

          Je me souviens avoir vu sur une cathédrale des vitraux (je ne sais plus où, je les ai vu il y a très longtemps) montrant des personnages : l’un symbolisant l’Eglise triomphante et l’autre montrant le judaïsme vaincu…

          C’était clairement le message voulu, cette idée de “Nouvelle ” Alliance ou de “Nouveau” Testament…

          • Voilà, ce que tu as publié comme explication est exactement celle que j’ai trouvée dans le Robert 🙂

          • Oui, le mot “brit”, en hébreu (et non pas “berît”), veut dire “alliance”…

            La circoncision se dit “Brit Milah” (on retrouve le mot “brit” qui veut dire, là encore “alliance”, car il s’agit d’un “signe d’alliance” avec Dieu).

            En hébreu contemporain, c’est la même chose “Artsot Habrit” veut dire, mot-à-mot “Les terres de l’alliance” (cette fois, par contre, le mot “alliance” n’implique pas une alliance avec Dieu mais entre les terres elles-mêmes) et désigne… les Etats-Unis !

            Ce qui est amusant, mais là, par contre, je ne sais pas s’il y a vraiment un lien mais la coïncidence reste troublante… La Grande Bretagne (qui désigne le Royaume britannique qui regroupe l’Angleterre, l’Ecosse et l’Irlande) se dit an anglais Great BRITain.

            Alors, je ne sais pas… Peut-être…. Ça vaut la peine de faire des recherches sur la question…

  7. A mon avis, il faut chercher du côté de l’Histoire des Juifs en Bretagne… Je sais qu’ils y sont présents approximativement à partir du 5è siècle… Après, je ne sais plus rien.

    • Olivier YPSILANTIS says:

      Je ne sais pour les vitraux. Concernant l’Église triomphante et la Synagogue brisée, il existe deux sculptures au portail sud de la cathédrale de Strasbourg. Ces reproductions de sculptures figurent dans mon deuxième texte sur Elie Benamozegh.

      Un mot concernant les Juifs qui restent juifs pour les Juifs même s’ils se sont convertis (tu m’as évoqué le cas de Jean-Marie Aaron Lustiger) : ce positionnement évite toute violence, toute accusation d’apostasie (comme dans l’islam, accusation passible de mort). Et c’est l’une des grandeurs du judaïsme, et pas la moindre : tu restes membre du peuple juif, en dépit de ta conversion, et c’est bien ainsi.

    • En fait, l’appellation “Grande Bretagne” est ultérieure à l’existence du nom Bretagne qui se dit, en Breton, “Breizh”, proche de “Brit” (alliance, en hébreu). Nous noterons, en outre, la présence de beaucoup de noms et prénoms hébreu en Bretagne, ce qui a rendu la tâche difficile pour les Nazis, qui pensaient à chaque fois tomber sur des Juifs.

      • “L’une des particularités de la Bretagne, c’est d’avoir accordé une grande part à des noms bibliques portés ailleurs presque uniquement par des juifs, mais ici christianisés et même popularisés par des saints. Tel est le cas d’Abraham et d’Aaron, mais aussi d’Isaac” nous dit le Wiki généalogique (https://fr.geneawiki.com/index.php/Les_noms_de_familles_Bretons)

        Il y cite d’autres exemples, comme Elie et Salomon…

        Il est d’ailleurs assez amusant de voir que la Bretagne a aussi eu un roi Salomon, mais ce n’est pas notre Salomon.

        Il est donc assez probable que le nom de “Breizh” dérive de “Brit”, mais n’a pas été donné par les Juifs mais par des Bretons non-Juifs qui ont repris le principe biblique de l’alliance (Brit)… A creuser…

        • J’ai vu la page que tu as publiée sur Elie Benamozegh ! 🙂

          (http://zakhor-online.com/?p=565)

          Merci beaucoup ! Je ne saurais pas te dire si c’est ce que j’ai vu, comme je te l’ai dit, c’était il y a longtemps et mon souvenir est flou… Je ne savais plus si j’avais vu une sculpture (des statues) ou un vitrail… Peut-être que j’ai vu les deux, car j’ai aussi souvenir d’un vitrail illustrant le triomphe de l’Eglise sur la synagogue (ou le judaïsme).

          Mais j’ai déjà une réponse partielle et je te remercie beaucoup, Olivier !!!

          • Olivier YPSILANTIS says:

            Il y a effectivement beaucoup de noms hébreux en Bretagne. Mais Max Jacob né à Quimper était juif. Autre nom porté par des Juifs ashkénazes, Belz, un nom qui se retrouve en Bretagne (nom d’un village du Morbihan). L’étymologie des noms de famille juif est un sujet passionnant ; et je me suis replongé dedans pour des raisons familiales.

            Concernant le mot « Brit », il m’est familier par le « Brit Shalom », ces idéalistes très idéalistes…

  8. Je ne connaissais absolument pas l’existence d’un “brit shalom”…

    Comme quoi, on en apprend tous les jours…

    Je pense que ces gens qu font le “brit shalom” (qui n’est ni une alliance, ni pacifique) commettent une lourde erreur. J’en suis scandalisé. La Brit Milah (la circoncision) est l’acte ultra minimum que l’on demande à un Juif… Apparemment, même ça, c’est trop pour certains…

    Enfin, bon, ce n’est pas mon problème, ils verront cela directement avec Dieu.

    • Olivier YPSILANTIS says:

      J’ai découvert l’existence du “Brit Shalom” en étudiant Martin Buber. Martin Buber et autres fondateurs du “Brit Shalom” sont certes d’admirables penseurs ; il n’en reste pas moins vrai que le “Brit Shalom” m’irrite à un point que tu n’imagines pas : j’en ai de la dermatose. A ce propos aurais-tu un dermatologue à me conseiller 😉 ?

      • LOOOOOOOOOOOOOL ! Non, je ne connais pas de dermato… enfin aucun de bon, et je ne veux pas t’orienter vers des gens qui t’amputeraient la moitié de ta peau 😉

        Je ne connais pas Martin Buber, mais le mystère est spectaculaire car si sa pensée était aussi remarquable, comment a-t-elle pu déboucher sur quelque chose d’aussi idiot et à côté de ses pompes que Brit Shalom ?

        • Martin Buber…. Il n’est pas de la famille d’un certain Justin ? (LOL !)

          • Plus sérieusement, je ne comprends pas le sens de Brit Shalom… Leur objectif est de combattre la circoncision (qui est l’acte minimum demandé à un Juif)… Bon… Mais “Brit Shalom” veut dire “Alliance de paix”…

            “Alliance” avec qui ?

            Et “paix” avec qui ?

            En quoi le fait de ne pas être circoncis permettrait d’établir des alliances (avec qui que ce soit) et d’être en paix (avec qui que ce soit) ?

            Et à l’inverse, en quoi le fait d’être circoncis serait opposé à la notion d’alliance (avec qui que ce soit) et en quoi le fait d’être circoncis
            serait une déclaration de guerre (envers qui que ce soit ?)

            La démarche de Brit Shalom est un non-sens…

          • Olivier YPSILANTIS says:

            C’est ainsi, des esprits remarquables (Martin Buber et Gershom Scholem, pour ne citer qu’eux) donnent dans la bêtise, car Brit Shalom est bien une … connerie !

  9. Bin, ce n’est tout de même pas logique que cela donne dans la bêtise…

    Martin Luther King est un esprit brillant (même mort) et il n’a jamais donné dans la bêtise, Theodor Herzl, Golda Meir,… même chose.

    Donc je ne vois pas le fil conducteur entre une pesée géniale et la bêtise…

    • Erratum (foutu clavier !) : Donc je ne vois pas le fil conducteur entre une pensée géniale et la bêtise…

      • Olivier YPSILANTIS says:

        Je n’ai pas de réponse à ta question. Mais il y a un indice que j’ai du mal à exploiter (peut-être pourras-tu m’y aider), un indice à ne pas négliger me semble-t-il : TOUS ces fondateurs du Brit Shalom était des Juifs allemands. Or, les Juifs allemands d’antan (et sur plusieurs générations) ont eu un rapport particulièrement étrange avec leurs origines juives, avec cette volonté entêtée de les oublier et de les « transcender » (je ne sais à quel verbe faire appel). Il y a là quelque chose à fouiller en croisant diverses disciplines, le tout conduit par une puissante intuition. Lorsque j’écris « Juifs allemands » il serait plus exact d’écrire « Juifs germanophones » car il y a le cas Stefan Zweig, désireux lui aussi de gommer la spécificité juive au profit de « l’humanité », d’une idéalité. Il me semble qu’il faut fouiller dans cette direction. Dans un autre genre, le cas Karl Marx, Juif allemand, est gratiné lui aussi. Et il y en a d’autres.

        • Je dois reconnaître que je sais assez peu de choses sur les Juifs allemands … C’est d’ailleurs assez étonnant : connais plus de choses sur les chrétiens (et bien sûr, sur les Séfarades) que sur les Juifs des pays européens, de manière générale…

          Le fait que je sois Séfarade n’explique en rien cela vu que tu me dis que tu as discuté avec une Séfarade de Tunisie (ce que je suis).

          Les Ashkénazes ont tellement de différences avec nous que même si nous appartenons au même peuple, il s’agit presque d’un autre monde. C’est assez étrange, en y repensant.

      • Olivier YPSILANTIS says:

        Je te mets en lien ce texte écrit par Nina, une Séfarade de Tunisie qui partage ce blog avec moi. Nous avons souvent évoqué cet étrange rapport des Juifs allemands (ou germanophones) avec le monde juif ; et nous avons souvent évoqué Stefan Zweig :
        http://zakhor-online.com/forum/viewtopic.php?f=3&t=1728

        • Je te remercie, Olivier… Je vais le lire…

          • Effectivement, c’est vraiment un état d’esprit très différent de celui des Séfarades. Ma grand-mère (z”l), qui est née, a vécu en Tunisie et en Algérie avant de venir en France, avait été naturalisée française, en Tunisie.

            Elle avait une grande admiration pour la France (une admiration que je n’ai, moi, jamais eue) et elle disait tout le temps, pourtant “Je suis Française, mais Juive d’abord !”

            Pour ma part, je me suis toujours senti étranger en France. Je ne me suis jamais senti Français. Avant même que je ne sache que j’étais Juif, je savais que j’étais d’ailleurs. Puis j’ai découvert mon appartenance au peuple juif, puis j’ai découvert Israël, et là, j’ai compris. Et ça ne m’a plus jamais quitté.

            Dans l’intervention de Nina, je trouve un passage qui rejoint l’état d’esprit de Brit Shalom… Nina disait des Juifs germaniques “ce furent les seuls à pratiquer pour ceux qui étaient de rang social très élevé, à la réparation des prépuces de leurs mâles.”

            … Ca rappelle cette volonté de Brit Shalom d’effacer cette alliance avec Dieu, de vouloir oublier, ou mettre entre parenthèses, leur appartenance au peuple juif, …

            Je te remercie de m’avoir éclairé sur ce point obscure, en effet, je ne connaissais absolument rien des Juifs germanophones…

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