Notes griffonnées à Guadix – 2/2

 

Charles Martel, c’est bien ; mais il y a mieux, terriblement mieux : les Mongols, avec Genghis Khan et son petit-fils Hülegü Khan. Ces hommes qui sont à l’origine du plus grand empire (continu) de l’histoire humaine ont bien failli en finir avec l’Islam, avec la prise et la destruction de Bagdad (1258), alors capitale de califat. Les Mongols, des conquérants dénués de toute idéologie au sens large du mot, des hommes purs à leur manière. Ils avaient probablement de vieux comptes à régler avec les Musulmans. Au-delà du simple pillage (Bagdad était alors la plus importante et fastueuse ville du monde), Genghis Khan aurait voulu en finir avec ces expéditions conduites par les Arabes et les Perses (malheureusement islamisés par ces premiers) en direction de l’Asie Centrale. Les invasions mongoles furent pour l’Islam un authentique tsunami qui faillit les engloutir. Rendons hommage aux Mongols qui, il est vrai, finirent malheureusement par se convertir à l’Islam, comme ces nomades des steppes d’Asie centrale, les Turcs leurs cousins.

 

 

Y a-t-il un Islam ou des Islams ? N’y aurait-il pas quelques éclats de lumière dans la nuit musulmane, des éclats de lumière incrustés dans les marges de ses marges, des marges qui, je le redis, ont volontiers à voir avec le vieux fond perse ? Il s’agit de groupes minoritaires, voire ultra-minoritaires, mais dignes du plus grand intérêt ; et je pense en particulier au Alévisme de Turquie, pays obscurément sunnite, et au Bahaïsme dont le centre mondial se situe en… Israël, à Haïfa. Ces tendances font horreur au sunnisme surtout s’il est salafiste et le régime de Téhéran est particulièrement sévère envers le Bahaïsme. En marge de l’Islam le Yézidisme aussi, le vieux fond perse encore. Et les Druzes, des Arabes mais spirituellement rattachés au vieux fond perse, et ainsi de suite… Ci-joint, un lien sur le Alévisme, une religion — une philosophie ? — trop méconnue :

http://orientxxi.info/magazine/appartenir-a-l-islam-sans-paraitre-musulmans-0622

Lorsque j’évoque les marges des marges, j’en viens implicitement (voire explicitement) au syncrétisme. Mais à ce propos, toute religion, toute croyance et toute philosophie ne sont-elles pas syncrétiques à des degrés divers ? Les Hébreux sont des héritiers, les Chrétiens sont des héritiers, les Musulmans sont des héritiers qui d’un patchwork ont fait une pièce d’étoffe. Juifs et Chrétiens le reconnaissent sans peine et s’adonnent à présent avec entrain à l’exégèse, à l’occasion avec fureur. Les Chrétiens savent (tout au moins espérons-le) tout ce qu’ils doivent aux Juifs, en particulier aux… Pharisiens, si décriés dans le Second Testament. Et les plus conscients d’entre eux s’efforcent d’explorer ce formidable édifice qu’est la Théologie de la Substitution — le supersessionisme. Ce qui m’apparaît : les derniers-venus — les parvenus ? — « collent au cul » (on me pardonnera l’expression) des Juifs, de ceux qui les ont précédés. Ainsi, les Musulmans « collent au cul » des Chrétiens et des Juifs, les Chrétiens qui eux-mêmes « collent au cul » des Juifs (la Théologie de la Substitution encore). Ces emboîtements pourraient faire le régal des caricaturistes. Toutes proportions gardées, ces histoires trouvent un équivalent dans l’histoire récente : les bourgeois cherchèrent à intégrer la noblesse, la noblesse de robe cherchant à intégrer la noblesse d’épée. Il ne s’agit pas de se moquer mais simplement de rendre compte de faits sociaux et civilisationnels. Les Chrétiens ont construit un gigantesque édifice sur les bases d’une certaine théologie (voir la Nouvelle Alliance, la Théologie de la Greffe avec olivier sauvage et olivier franc, etc.). Mahomet, lui, arrive dans un espace mental particulièrement dense, avec Juifs et Chrétiens partout ; aussi lui faut-il jouer des coudes… Le Coran n’est pas tombé du Ciel, il n’est pas tombé « tout rôti dans le bec » de Mahomet, ce que ne peuvent admettre les Musulmans, hormis quelques-uns d’entre eux (trop rares) qui préfèrent généralement se taire, par peur ou simplement découragés. Commencer par distinguer des strates dans le Coran est répréhensible : on prend le risque de se mettre l’Oumma à dos. L’archéologie scripturale est répréhensible. Il en est de même pour l’archéologie sur le terrain. En Arabie Saoudite, les archéologues ne sont autorisés à fouiller que quinze jours par an, mais ni à La Mecque ni à Médine. Et ils fouillent sous le contrôle de l’armée, coupés du monde extérieur. Par ailleurs, ils ne doivent publier aucun compte-rendu de leurs recherches dans les pays musulmans. Pourquoi ? Parce que ces archéologues trouvent dans les sables d’Arabie Saoudite des églises et encore des églises. Cette terre fut chrétienne (et juive) avant d’être musulmane.

Par le XLSemanal du 2 août 2015 (trouvé dans une pile de revues et journaux placée dans un coin du café où je prends ces notes, un café de la Plaza de la Constitución de Guadix), j’apprends qu’un immense ensemble édifié sous le IIIe Reich, sur l’île de Rügen, (Baltique) va être réhabilité et transformé en un resort de luxe par la compagnie Metropole Marketing. Il s’agit d’une des plus gigantesques constructions édifiées sous le IIIe Reich : la ville balnéaire de Prora, conçue pour vingt mille travailleurs, avec théâtre, cinéma, piscines et parking pour cinq mille voitures, soit huit édifices strictement identiques qui s’étirent sur un front de huit kilomètres le long du rivage. Cet ensemble s’inscrivait dans le programme Kraft durch Freude (KdF). Ci-joint, deux reportages sur Prora, conçu par l’architecte Clemens Klotz. Le premier montre ses ruines, le deuxième sa réhabilitation :

https://www.youtube.com/watch?v=I08gIMNmIq0

https://www.youtube.com/watch?v=O06KQdbdOLA

Me procurer « Strength through Joy: Consumerism and Mass Tourism in the Third Reich » de Shelley Baranowski (Cambridge University Press, 2004).

Dans le XLSemanal du 19 avril 2015, un reportage sur un sujet qui passionne l’Espagne, la recherche des ossements de Cervantes, el Príncipe de los Ingenios, dans la crypte  du Convento de las Monjas Trinitarias Descalzas de Madrid. Dans cette crypte de 36 m2 reposent les restes de plus de trois cents individus (dont nombre d’enfants) inhumés-là entre 1730 et 1828. Les archives du couvent sont essentielles pour guider cette recherche qui ne peut s’en remettre à l’ADN, aucun parent de Cervantes, mort ou vivant, ne pouvant servir de référence.

 

A la recherche des ossements de Miguel de Cervantes dans la crypte du Convento de las Monjas Trinitarias Descalzas de Madrid.

 

Par un courriel, j’apprends que le Sar-El France a vu passer dans ses rangs au cours de ses trente ans d’existence près de quarante mille Volontaires (soit environ 30% de ses effectifs mondiaux). Tsahal évalue à environ soixante-quatre millions d’euros les économies réalisées grâce au remplacement de Réservistes par les Volontaires depuis 1984, date de la fondation du Sar-El.

Lecture de « Pour en finir avec la repentance coloniale » de Daniel Lefeuvre (Éd. Flammarion, collection « Champs actuel »), un livre qui bouscule bien des idées véhiculées par divers lobbies qui cherchent à faire de nous des Repentants pour mieux nous dominer, un livre dont il me faudra rendre compte dans un article. En quatrième de couverture, on peut lire : « Contrevérités, billevesées, bricolage… voilà en quoi consiste le réquisitoire des Repentants, que l’auteur de ce livre a entrepris de démonter, à l’aide des bons vieux outils de l’historien — les sources, les chiffres, le contexte. Non pas pour se faire le chantre de la colonisation, mais pour en finir avec la repentance, avant qu’elle transforme notre Histoire en un album bien commode à feuilleter, où s’affrontent les gentils et les méchants ». On sait que nombre de de-gauche tirent une partie de leurs rentes (morales) et de leur confort que ce réquisitoire qu’ils voient comme une promesse de domination et de « supériorité » morale sur d’autres. Il est temps, en France tout particulièrement, de congédier ces foutriquets qui encombrent le paysage médiatique depuis trop longtemps, depuis près d’un demi-siècle.

Olivier Ypsilantis

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