Pedro Teotónio Pereira, ambassadeur chez Franco.

 

Il y quelque temps, j’ai rencontré chez un bouquiniste un personnage haut en couleur, exubérant et chaleureux. Je l’ai trouvé plus italien que portugais ; mais il était portugais. Nous avons sympathisé. Il en est venu à me parler de sa famille, à commencer par son grand-père, Pedro Teotónio Pereira, un nom qui ne m’était pas inconnu mais au sujet duquel mes connaissances manquaient de précision. Il me montra une série de photographies de cet ancêtre sur son iPhone dont une prise dans le Oval Office de la White House en compagnie de John F. Kennedy. Pedro Teotónio Pereira Pedro Teotónio était alors ambassadeur du Portugal aux États-Unis.

 

Pedro Teotónio Pereira (1902-1972)

 

Pedro Teotónio Pereira est un personnage clé de l’Estado Novo. Je ne vais pas me livrer ici à une présentation exhaustive et me limiterai à son rôle en tant qu’ambassadeur du Portugal au cours de la Guerre Civile d’Espagne puis au début de la Deuxième Guerre mondiale, en Espagne, des années au cours desquelles son influence a été particulièrement importante et a discrètement influé sur le cours de la Deuxième Guerre mondiale comme nous allons le voir.

Si Franco n’a pas franchement basculé du côté des forces de l’Axe, c’est en partie grâce à cet homme très peu connu hors du Portugal. On peut imaginer les conséquences d’une alliance ouverte entre l’Espagne et les forces de l’Axe (qui avaient généreusement appuyé Franco au cours de la Guerre Civile), soit la possibilité pour les troupes allemandes de foncer par l’Espagne vers Gibraltar, le verrouillage maritime de la Méditerranée, etc. etc. C’est aussi par la Méditerranée, en Afrique du Nord puis en Europe du Sud que les forces de l’Axe ont été vaincues.

Au cours de la Guerre Civile d’Espagne puis de la Deuxième Guerre mondiale, Salazar nomme comme ambassadeurs dans les principales villes du monde ses plus proches collaborateurs, parmi lesquels des ministres de l’Estado Novo.

Avant de passer au rôle d’ambassadeur de Pedro Teotónio Pereira à Madrid au cours de ces années cruciales, je mets en lien une notice biographique sobre :

http://app.parlamento.pt/PublicacoesOnLine/OsProcuradoresdaCamaraCorporativa%5Chtml/pdf/p/pereira_pedro_teotonio.pdf

Après avoir été de 1933 à 1936 Subsecretário de Estado das Corporações e Previdência Social, Pedro Teotónio Pereira conçoit sous la dépendance directe de Salazar la structure institutionnelle et juridique du corporatisme portugais. En 1936-1937 il est Ministro do Comércio e Indústria avant d’être nommé “agente especial do Governo portugués junto a Franco”. Il arrive à Salamanca le 19 janvier 1938, en pleine Guerre Civile d’Espagne.

C’est donc au cours de cette période que Pedro Teotónio Pereira va avoir le rôle le plus important de toute sa carrière au niveau international. Cet ambassadeur va s’employer discrètement et subtilement à contrarier la politique des forces de l’Axe en Espagne. Il commence par se placer ouvertement du côté de Franco (et il n’a pas à se forcer), un engagement de poids considérant le prestige dont jouit le Portugal de l’Estado Novo chez Franco et ses partisans. Puis il se démarque sans tarder de l’Allemagne nazie et de l’Italie fasciste pour diverses raisons dont une domine : l’appétit de ces pays pour les colonies portugaises en Afrique. Ainsi, dès 1936, le gouvernement portugais a-t-il voté en faveur des sanctions économiques à la Société des Nations (S.D.N.) afin de protester contre l’invasion de l’Éthiopie.

 

Une partie de la correspondance entre Pedro Teotónio Pereira et António de Oliviera Salazar

 

Cet engagement franc et sa réputation d’« espanófilo » ajoutent à son autorité et ainsi Pedro Teotónio Pereira pousse-t-il ses pions et favorise-t-il l’influence anglaise puis anglo-saxonne au sein des élites espagnoles, ce qui lui permet d’infléchir la politique des Alliés au cours de la Guerre Civile d’Espagne puis de maintenir dans la neutralité une Espagne devenue franquiste au cours de la Deuxième Guerre mondiale.

Pedro Teotónio Pereira arrive donc à Salamanca le 19 janvier 1938. Les sympathies dans le camp franquiste penchent franchement en faveur de Hitler et Mussolini. En février de la même année, il suggère à Salazar de reconnaître le gouvernement de Burgos avant que ne le fasse l’Angleterre. Salazar suit sans tarder le conseil de son ambassadeur, par étapes, et en juin de la même année cette reconnaissance est formalisée. C’est donc une personnalité centrale de l’Estado Novo qui va discrètement mais inflexiblement faire prévaloir l’influence portugaise et derrière elle anglaise au sein d’une Espagne franquiste phagocytée par l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste.

(Je me permets une parenthèse. Si le poids économique et militaire du Portugal est alors plus que négligeable, ce pays n’en exerce pas moins une discrète mais notable influence diplomatique liée à sa position dans l’Atlantique (voir notamment l’importance de l’archipel des Açores au cours de la Deuxième Guerre mondiale) et à ses colonies, notamment d’Afrique, ainsi qu’à une longue tradition diplomatique et à la qualité de ses diplomates, parmi lesquels Pedro Teotónio Pereira. La diplomatie portugaise au cours de la Guerre Civile d’Espagne puis de la Deuxième Guerre mondiale reste un passionnant sujet d’étude.)

Au cours de l’année 1938 le Pacte de Non-Agression est élaboré, un pacte qui doit permettre à l’Espagne de nouer de nouvelles relations. Il est signé le 17 mars 1939. En effet, à l’approche de la guerre, le Portugal et l’Espagne éprouvent le besoin de se rassurer mutuellement et de poser les bases d’une neutralité ibérique, une neutralité également tournée vers l’extérieur afin que l’un de ces deux pays ne se trouve pas indirectement entraîné dans une guerre avec l’autre. L’ambassade d’Allemagne est irritée par la manœuvre portugaise et l’appui anglais qu’elle reçoit.

Les efforts de Pedro Teotónio Pereira pour faire venir en priorité Franco au Portugal et non en Italie déplaît aux Allemands ; et si Franco ne le peut, Pedro Teotónio espère que son ministre de l’Intérieur, Ramón Serrano Súñer, puisse le représenter. Mais ce dernier commence par l’Italie et Franco par l’Italie puis l’Allemagne.

Le gouvernement de Burgos (Burgos est alors le siège du gouvernement nationaliste) se montre grandement satisfait du travail effectué par Pedro Teotónio Pereira en faveur de l’Espagne nationaliste sur la scène internationale. Certaines personnes bien placées commencent à comprendre le rôle que peut avoir le Portugal afin d’empêcher l’Espagne de se joindre aux forces de l’Axe, une alliance dont les conséquences pourraient être incalculables – on n’insistera jamais assez. Pedro Teotónio Pereira est inquiet. Il rapporte dans sa correspondance que les généraux espagnols qui se rendent dans les pays de l’Axe en reviennent enthousiasmés. Lorsqu’il rencontre Franco en juin 1939, Pedro Teotónio note toutefois que ce dernier semble avoir pris ses distances envers ces pays.

 

Premier volume des « Memórias » de Pedro Teotónio Pereira

 

La pression allemande et italienne ne cesse de s’affirmer. Pedro Teotónio Pereira sait qu’il lui faut rester vigilant et que le Portugal peut avoir un rôle diplomatique fondamental, notamment en éloignant l’Espagne de l’Axe. Il note avec attention les dires de Franco qui parfois l’inquiètent d’autant plus que le pouvoir semble monter à la tête du Caudillo. Certains de ses dires lui laissent penser qu’il veut se rapprocher de l’Axe. Il retient toutefois une remarque de Franco qui le rassure, à savoir que l’Angleterre aurait dû se laisser convaincre à temps de s’entendre avec l’Italie, l’Espagne et le Portugal – sous-entendu au détriment de l’Allemagne. Fin septembre 1939, Pedro Teotónio Pereira reste inquiet et déprimé. Le ressentiment de Franco envers l’Angleterre et la France est profond, et il est plus apeuré que séduit par l’Allemagne. Pedro Teotónio Pereira écrit à Salazar que Franco tient beaucoup plus de Sancho Panza que de Don Quijote.

La Deuxième Guerre mondiale. La sympathie de l’Espagne officielle penche plutôt du côté des forces de l’Axe. L’Espagne adhère au Pacte Anti-Komintern. Dans ses « Memórias », Pedro Teotónio Pereira note que la germanophilie se fait toujours plus démonstrative et s’en inquiète. Les Allemands quant à eux s’inquiètent de la trop grande influence de l’ambassadeur du Portugal dans certains milieux politiques et sociaux d’Espagne. Salazar donne des instructions à son ambassadeur pour qu’il persuade Franco de rester neutre ; évite de favoriser tout sentiment hostile de l’Angleterre envers l’Espagne ; évite que n’arrivent au Portugal des Italiens et des Allemands venus d’Espagne et susceptibles de se livrer à des actes de propagande.

Le début de la guerre est plus que favorable aux Allemands et les victoires allemandes sont applaudies par l’Espagne officielle tandis que l’Angleterre et la France sont durement critiquées. Pedro Teotónio Pereira doit jouer discrètement.

Avec les succès allemands et l’entrée en guerre de l’Italie, le 12 juin 1940, l’Espagne passe de la neutralité à la non-belligérance. On se met à envisager une attaque italienne contre Gibraltar et un débarquement anglais au Portugal. Je passe sur le ballet diplomatique qui s’en suit. Simplement, en octobre 1940, Pedro Teotónio Pereira rencontre Franco à Madrid et réaffirme l’amitié entre le Portugal et l’Espagne ainsi que l’intention de promouvoir simultanément la neutralité de ces deux pays suite à l’intervention italienne dans les Balkans. Ce même mois, Franco et Hitler se réunissent à Hendaye. Un protocole est signé qui prévoit l’entrée en guerre de l’Espagne aux côtés de l’Allemagne. Pedro Teotónio Pereira rend compte de sa grande inquiétude à Salazar.

Les revers italiens dans les Balkans ont de profondes répercussions en Espagne où l’on s’interroge. La question de Tanger aggrave les relations entre l’Angleterre et l’Espagne et complique une éventuelle aide économique et alimentaire à ce pays, un pays qui connaît la faim.

Début 1941, Pedro Teotónio Pereira note un léger changement d’attitude de l’Espagne officielle vis-à-vis de l’Allemagne et il en rend compte à Salazar.

2 janvier 1941. L’Allemagne propose à l’Espagne d’entrer en guerre. Franco déclare qu’il n’est pas préparé. Le 12, Hitler sollicite le libre passage de ses troupes vers Gibraltar et convie Franco à une nouvelle rencontre. Pedro Teotónio Pereira veut l’en dissuader. Samuel Hoare, ambassadeur britannique à Madrid, est convaincu d’une invasion de la péninsule ibérique par les troupes allemandes au printemps 1941. Il presse Pedro Teotónio Pereira afin qu’il organise une rencontre Salazar/Franco au plus vite. Le 29 janvier, Pedro Teotónio Pereira est reçu par Franco et lui évoque la possibilité de rencontrer Salazar.

 

Plan d’invasion allemand de l’Espagne

 

Ramón Serrano Súñer jubile à l’idée d’enfermer l’escadre anglaise de la Méditerranée et la détruire si elle venait à tenter de forcer le détroit de Gibraltar. Pedro Teotónio Pereira juge qu’une telle attitude relève du comble de la bêtise (rematada asneira) et insiste sur la nécessité d’une politique péninsulaire et solidaire. Il insiste également pour que Franco rencontre Salazar avant de rencontrer Hitler, au grand mécontentement des secteurs germanophiles d’Espagne qui veulent éviter un trop grand rapprochement avec le Portugal et qui préconisent la non-résistance aux troupes allemandes qui viendraient à traverser l’Espagne. Franco tergiverse et déclare qu’il ne prendra pas de décision relative à la politique internationale sans consulter le Portugal. Pedro Teotónio Pereira suggère à Salazar qu’il écrive à Franco. Je passe sur les démêlés entre Pedro Teotónio Pereira et Ramón Serrano Súñer, partisan d’une collaboration inconditionnelle avec l’Allemagne, Ramón Serrano Súñer qui regarde Salazar comme « un anglophone très dangereux » et « le dernier ami de l’Angleterre en Europe ». De son côté, Pedro Teotónio Pereira juge les Allemands installés à Madrid comme particulièrement dangereux, comme autant d’espions et de propagandistes dont personne, à commencer par Franco, ne perçoit la dangerosité. La presse portugaise est interdite en Espagne car jugée trop anglophile, ce qui provoque l’irritation de Pedro Teotónio Pereira qui demande des explications.

L’Espagne craint un débarquement anglais dans l’archipel des Açores ou au Portugal même, fin avril 1941. Pedro Teotónio Pereira engage Salazar à faire une déclaration relative à la question de l’archipel des Açores. Franco croit toujours plus en une victoire allemande. Il juge que lorsque les forces de l’Axe prendront Suez elles se retourneront aussitôt contre Gibraltar. La neutralité espagnole devient plus que jamais vitale pour les Anglais. Entre-temps, Franklin D. Roosevelt annonce dans un discours, le 27 mai 1941, son intention de précéder les Allemands et d’occuper les îles de l’Atlantique sous autorité portugaise.

En juin 1941, l’attaque allemande contre l’Union soviétique rapproche plus encore l’Espagne de l’Allemagne. La Legión Azul est envoyée sur le front Est sous le commandement d’Agustín Muñoz Grandes. L’ambassade du Royaume-Uni à Madrid est attaquée avec la complicité du gouvernement. Dans un discours du 17 juillet 1941, Franco annonce que la rupture avec le Royaume-Uni et les États-Unis est proche. Une fois encore Ramón Serrano Súñer jubile. La plupart des responsables militaires espagnols espèrent pourtant que l’Espagne ne soit pas entraînée dans la guerre et font pression pour éloigner Ramón Serrano Súñer du gouvernement. Par ailleurs, cette guerre contre l’Union soviétique rend moins probable une invasion de la péninsule.

En Italie, ainsi que le rapporte un journaliste italien à Pedro Teotónio Pereira, tout éloge du caractère et des méthodes de Salazar peut être presque à coup sûr interprété comme une attaque cinglante à l’égard de Mussolini.

 

Vue panoramique de Gibraltar au cours de la Deuxième Guerre mondiale

 

Début 1942, considérant les difficultés allemandes sur le front Est, Ramón Serrano Súñer manœuvre afin de se rapprocher du Portugal et donc se démarquer des forces de l’Axe. Une rencontre est organisée, le 12 février, à Séville, avec d’un côté Salazar et Pedro Teotónio Pereira, de l’autre Ramón Serrano Súñer et Nicolás Franco (frère de Francisco Franco et ambassadeur d’Espagne au Portugal). On se rassure mutuellement et la neutralité de l’Espagne et du Portugal sort renforcée. Cette rencontre alarme les Allemands – les Espagnols et les Portugais ne se rapprocheraient-ils pas des Anglais ? – et suscite une certaine inquiétude chez les Américains – les Portugais ne s’éloigneraient-ils pas des Anglais ? La rumeur d’un débarquement allié sur les côtes portugaises n’en continue pas moins d’inquiéter Franco, une rumeur entretenue par divers services secrets.

L’intervention alliée en Afrique du Nord (été 1942) renforce l’idée d’une défaite allemande, ce qui amène le remplacement de Ramón Serrano Súñer par Francisco Gómez-Jordana Sousa au ministère des Affaires étrangères. Les Espagnols redoutent plus que jamais que l’Allemagne n’exige un droit de passage dans le but d’attaquer les Alliés en Afrique du Nord. L’ambassadeur d’Allemagne à Madrid fait savoir qu’une déclaration de neutralité de la part de l’Espagne serait considérée comme une offense.

La conviction que la neutralité ibérique est la solution préférable ne cesse néanmoins de s’affirmer, à la grande satisfaction de Pedro Teotónio Pereira. La visite de Francisco Gómez-Jordana Sousa est annoncée à Lisbonne pour la deuxième quinzaine de décembre, signe d’une affirmation de neutralité de la part de l’Espagne. En conséquence, l’ambassadeur d’Allemagne à Madrid est destitué par Berlin. Suite à cette visite, Franco charge Francisco Gómez-Jordana Sousa d’organiser une autre rencontre à Ciudad Rodrigo.

A mesure que la guerre tourne à l’avantage des Alliés, le prestige de Salazar augmente. L’Angleterre mène sa politique espagnole toujours accompagnée par le Portugal, l’Angleterre qui est toujours plus consciente (et reconnaissante) du rôle pacificateur du Portugal. Francisco Gómez-Jordana Sousa recherche toujours plus l’amitié du Portugal, une priorité à présent. Franco qui sous la pression de l’Axe croit toujours plus à un imminent débarquement anglo-américain sur les côtes portugaises reste hésitant.

Salazar entame des négociations afin que les Anglais puissent établir des bases aux Açores. La chute de Mussolini et l’accord avec l’Angleterre favorisent Salazar. La perspective d’une défaite de l’Axe inquiète Franco qui s’inquiète de la survie de son régime et qui finit par opter franchement pour la neutralité.

Entre-temps, la « question du wolfram » devient centrale, Alliés et Allemands se disputant ce produit stratégique. En janvier 1942 et avril 1943, Lisbonne signe des accords avec Berlin en vue d’échanger du wolfram contre du fer et de l’acier. Suite aux négociations en vue de bases aux Açores, les Alliés parviennent à obtenir de Salazar des quotas d’importation de wolfram. En janvier 1944, les Anglais font pression sur le gouvernement portugais afin qu’il établisse un embargo sur le wolfram destiné à l’Allemagne. Parallèlement, les Américains font pression sur le gouvernement espagnol avec l’arme du pétrole. L’Espagne cède puis c’est au tour du Portugal qui, le 12 juin 1943, ferme ses mines de wolfram.

 

La mine de Panesqueira, une référence mondiale pour le wolfram

 

Pour les Anglais, le Portugal est une pièce maîtresse et l’une des fonctions (probablement la plus importante) de cette pièce est d’empêcher tout conflit dans la péninsule (ibérique) ainsi qu’un trop grand rapprochement entre l’Espagne et l’Allemagne. Les négociations entre le Portugal et le Royaume-Uni contribuent par ailleurs à améliorer l’image de l’Estado Novo au niveau international.

Pedro Teotónio Pereira fait remarquer que la cession de bases aux Açores n’est pas sans danger puisqu’elle peut signifier l’entrée en guerre du Portugal mais que la chute de Mussolini permet de creuser un fossé entre le Portugal et les forces de l’Axe, à commencer par l’Allemagne nazie.

8 octobre 1943, Franco et Salazar se retrouvent à Ciudad Rodrigo. Salazar informe Franco des facilités qu’il a offertes aux Anglais dans l’archipel des Açores. Dans sa correspondance avec Salazar, Pedro Teotónio Pereira note combien cet accord déplaît à l’Espagne. La presse espagnole reste d’ailleurs muette sur cette rencontre. Pedro Teotónio Pereira note également que les Portugais sont anglophiles par sympathie tandis que les Espagnols sont germanophiles par anglophobie. Quoi qu’il en soit, l’Allemagne surveille avec anxiété les suites de cet accord entre le Portugal et l’Angleterre et concentre des troupes le long des Pyrénées.

La guerre devient de plus en plus défavorable aux Allemands. Le régime franquiste prépare sa survie et se rapproche des Américains. Pedro Teotónio Pereira s’emploie de son côté à renforcer les liens diplomatiques avec l’Espagne, défendre les intérêts des Alliés dans la péninsule ibérique et assurer la survie de ces deux régimes après la fin de la guerre.

Après la guerre et son départ de Madrid, Pedro Teotónio Pereira occupe divers postes de première importance au Portugal même et est par ailleurs plusieurs fois nommé ambassadeur : au Brésil de 1945 à 1947, à Washington de 1947 à 1950, à Londres de 1953 à 1958 et, enfin, de nouveau à Washington de 1961 à 1963.

 Olivier Ypsilantis

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