Notes griffonnées à Lisbonne – 2/6 

 

George Orwell

George Orwell (1903-1950)

 

Intéressante remarque de George Orwell (dans « Down and Out in Paris and London ») : « People are wrong when they think that an unemployed man only worries about losing his wages; on the contrary, an illiterate man, with the work habit in his bones, needs work even more than he needs money. An educated man can put up with enforced idleness, which is one of the worst evils of poverty. But a man like Paddy, with no means of filling up time, is as miserable out of the work as a dog on the chain. That is why it is such nonsense to pretend that those who have ‟come down in the world” are to be pitied above all others. The man who really merits pity is the man who has been down from the start, and faces poverty with a blank, resourceless mind. »

Hitler se moquait de l’aspect religieux quant à la « question juive » : un Juif converti restait un Juif, le membre d’une race selon lui, la « race juive » (?!), ce qui explique que la carmélite Edith Stein ait été assassinée à Auschwitz, ce qui explique que les Juifs qui pouvaient prétendre descendre des Khazars aient été épargnés, ce qui explique que les Krymchaks (de Crimée) aient été liquidés après enquête de Berlin : ils étaient « racialement » juifs.

L’Europe sans la Russie n’est qu’une sorte de croupion. L’arrimage Russie – Europe devrait être le but le plus urgent de nos dirigeants. Une Europe de l’Atlantique au Pacifique, ni plus ni moins. Un peu de détermination et nous y sommes ! La Russie : espaces immenses, ressources naturelles immenses (gaz, pétrole mais aussi minéraux stratégiques, pierres précieuses et j’en passe), peuple courageux, déterminé, intelligent. Je ne suis pas anti-américain mais il me semble que l’une des manœuvres américaines consiste à éviter un rapprochement significatif entre l’Europe et la Russie (à laquelle j’adjoins l’Ukraine-Crimée et la Biélorussie), un ensemble qui deviendrait sans peine la première puissance mondiale.

L’antisémitisme ukrainien s’est nourri d’un présupposé selon lequel les Juifs avaient organisé le génocide par la faim (голодомо́р). Le rôle d’un proche de Staline, Lazare M. Kaganovitch, suffisait selon eux à justifier leurs vues. C’est ce même mécanisme mental extraordinairement pervers (et efficace) qui fait dire certaines choses à David Irving (voir la vidéo intitulée « Hongrie 1956, les origines censurées de l’Insurrection de Budapest »), fort de ces deux noms : Mátyás Rákosi et Ernö Gerö. Ces mécanismes mentaux aussi rudimentaires qu’efficaces (efficaces parce que rudimentaires) fonctionnent dans bien des têtes. On y tourne comme dans une roue pour rongeurs…

Ces crétins qui s’adonnent au BDS (Boycott – Désinvestissement – Sanctions) devraient l’oublier pour le BDSM (Bondage and Discipline, Sadism and Masochism). Allez-y, braves gens, faites claquer les fouets sur vos petites fesses !

« Mein Kampf » va prochainement tomber dans le domaine public. Les analyses géostratégiques contenues dans ce pavé sentent la naphtaline avec cette obsession du métissage qui à présent fait sourire (presque) tout le monde. Pourtant, une chose n’a pas pris une ride : l’antisémitisme. Il se porte bien, et peut-être même de mieux en mieux. L’antisémitisme n’a jamais eu besoin d’un livre pour exister et se propager ; il n’empêche que l’existence d’une « bible » antisémite (voir de plusieurs « bibles ») renforce sa constitution et sa virulence. Un manifeste n’est jamais inutile, surtout lorsqu’il s’agit d’activer et de propager une haine. Parmi ces manifestes, un faux célèbre entre tous, « Les Protocoles des Sages de Sion », un ragoût concocté chez nous (rappelons-le à tout hasard) mais aujourd’hui essentiellement édité et lu dans le monde arabo-musulman et turc où, il est vrai, maigre consolation, le taux l’alphabétisation n’est guère élevé.

Comme le fait remarquer Riss dans l’édito de « Charlie Hebdo » du 4 novembre 2015, la haine a muté. « Si les obsessions du sang pur de Hitler ont pris un coup de vieux, c’est dans les identités religieuses que la haine de l’autre s’est recyclée ». Le mot « race » fait à présent l’objet de toutes les suspicions au point qu’il est prévu de le supprimer du langage.  Mais les mots ne veulent pas être supprimés ainsi, rayés d’un coup de plume. Ils se recyclent pour survivre. A présent, il suffit de dénoncer l’islam et les musulmans pour être traité de « raciste » par certains. Comme si les musulmans constituaient une race ! Il est vrai que pour beaucoup tous les Arabes sont des musulmans et que tous les musulmans sont des Arabes. L’ignorance et l’à-peu-près n’ont pas de limite.

Très intéressante analyse de Jean-Paul Brighelli dans un article intitulé « Le Pacha » (nov. 2015) :

http://blog.causeur.fr/bonnetdane/date/2015/11

La mémoire capricieuse et fascinante, à l’intérieur même du cerveau mais aussi par ces découvertes qui d’un coup découvrent un espace et nous invitent :

http://www.archimag.com/archives-patrimoine/2015/11/23/61-kg-archives-holocauste-mur-appartement-budapest

Feuilleté « Marx et la question juive » de Robert Misrahi, un livre que j’ai lu il y a plus de vingt ans sans prendre la moindre note, malheureusement. Ce livre aurait pu faire l’objet d’une suite d’articles fort instructifs sur ce blog même. Cette étude a une particularité (à peine cachée), elle repose sur un présupposé : l’antisémitisme de gauche n’est pas attaché par essence au socialisme. « La question juive », déclare Robert Misrahi, est ni marxiste quant à la méthode, ni marxiste quant au contenu, le philosophe (Karl Marx) projette sur sa doctrine de l’histoire les deux images occultes du Juif qu’il porte en lui (!?). Il est vrai que l’antijudaïsme chrétien a essaimé un peu partout mais il est trop aisé de vouloir disculper les socialistes (au sens large du mot) en se contentant d’affirmer que les traces d’antisémitisme décelables chez l’un d’entre eux (Karl Marx en l’occurrence) ne sont pas socialistes mais chrétiennes. Trop facile, vraiment trop facile, et malhonnête. Moi l’adulte, vais-je me disculper de mes insuffisances en accusant mes parents voire mes grands-parents ou la société ? Ainsi, les propos haineux tenus par Charles Fourier sur les Juifs ne relèveraient en aucun cas du socialisme utopique. « Le socialisme utopique n’est pas antisémite parce qu’il est socialiste, ou parce qu’il est utopique, mais parce qu’il est religieux et chrétien » écrit Robert Misrahi qui décidément chevauche un présupposé dont il déploie les « fastes ». Les traces d’antisémitisme décelables chez nombre de socialistes ne seraient que d’origine chrétienne. Je préfère décidément l’esprit d’analyse de Michel Dreyfus dans « L’antisémitisme à gauche : histoire d’un paradoxe, de 1830 à nos jours » (dont j’ai rendu compte sur ce blog même dans une suite de neuf articles) ou de Francis Kaplan dans « Marx antisémite ? » Ces auteurs ne chevauchent pas une idée préconçue qu’ils ont décidé de défendre à tout prix. Ci-joint, la table des matières du livre de Francis Kaplan dont je conseille la lecture :

http://www.francis-kaplan.com/marx-antisemite.html

Et une vidéo où Michel Dreyfus rend brièvement compte de ses recherches :

http://www.dailymotion.com/video/xqypet_fenetre-sur-un-livre-de-michel-dreyfus-l-antisemitisme-a-gauche-histoire-d-un-paradoxe-de-1830-a-nos_news

Redisons-le, Robert Misrahi (dont le livre d’une belle densité contient d’intéressants éléments de réflexion) a décidé a priori de séparer radicalement marxisme et antisémitisme afin de laver ce premier « plus blanc que blanc ». En conséquence, il calibre ses démonstrations pour qu’elles tiennent dans cet a priori. Alors quoi ? L’antisémitisme n’est pas marxiste parce que le marxisme n’a rien à voir avec Marx ?

 

Robert Misrahi

 

(à suivre)

Olivier Ypsilantis

 

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