Rabbi Jacob Emden (1696-1776)

 

 

Vue d’Altona, lithographie de 1860.

 

Quelques repères biographiques. Jacob Emden est le fils du grand-rabbin de trois communautés : Altona, Hamburg et Wandsbeck. Altona et Wandsbeck sont aujourd’hui des arrondissements de Hamburg. Le vrai nom de Jacob Emden est Jacob Ashkenazi. On l’appelait Emden du nom de la ville où il avait été rabbin, une ville située à l’embouchure de la rivière Ems, dans la région de la Frise orientale (Ostfriesland), du land de Basse-Saxe (Niedersachsen). Son premier professeur est son père, talmudiste et rabbin prestigieux. C’est de lui qu’il hérite la colère contre le faux messie Sabbataï Tzvi et ses partisans. Certes, la preuve avait été faite qu’il était bien un faux messie, mais il comptait encore des partisans secrets qu’il convenait de traquer comme son père les avait traqués. Son père est donc son professeur jusqu’à ses dix-huit ans, jusqu’à son mariage avec la fille d’un talmudiste, Rabbi Mordecai ben Naftali ha-Cohen, responsable de la yeshiva d’Ungarisch Brod, en Moravie. C’est dans cette yeshiva que Jacob Emden amplifie sa connaissance de la Torah durant trois années, avant de devenir vendeur ambulant de bijoux. Ainsi pense-t-il être plus libre qu’en exerçant l’office de rabbin. Cependant, en 1728, il devient rabbin d’Emden, répondant à l’invitation de la communauté juive de la ville. En 1733, il revient à Altona, sa ville natale ; il y vivra jusqu’à sa mort, en 1776. C’est à Altona qu’il reçoit l’autorisation d’ouvrir une synagogue et du roi celle de fonder une imprimerie. Il est par ailleurs à la tête d’un prospère commerce de bijoux. Il ne tarde pas à imprimer un recueil de prières commentées, qui suscite un certain mécontentement. Jacob Emden se trouve principalement en désaccord avec deux rabbins : Moshe Chagis, responsable de la communauté portugaise, et Ezekiel Katznelbogen, grand-rabbin des trois communautés dont avait été responsable son père. Jacob Emden restera jusqu’à sa mort, en 1749, l’adversaire déterminé d’Ezekiel Katznelbogen ; et sa colère se reportera sur son successeur, Jonathan Eybeschütz. En effet, il le soupçonne d’être un adepte secret du mouvement fondé par Sabbataï Tzvi. Jacob Emden va jusqu’à le dénoncer et exiger son excommunication. Jacob Emden est alors accusé d’être un provocateur, un agitateur ; et on lui demande de quitter la communauté, ce à quoi il se refuse. Menacé, il se réfugie à Hamburg et s’adresse au roi Frederik V du Danemark qui règne sur la province. En 1752, un jugement est rendu en faveur de Jacob Emden. Le Conseil de la communauté juive est blâmé pour l’avoir chassé et doit s’engager à payer une amende. De retour à Altona, Jacob Emden reprend ses attaques contre Jonathan Eybeschütz. Le roi lui ordonne de se calmer. Ce conflit entre ces deux autorités excite les communautés juives d’Europe. On reproche à Jacob Emden son entêtement et sa fierté, sans pour autant douter de sa valeur. Ses écrits sont nombreux ; on y trouve notamment un journal d’un grand intérêt historique puisqu’il rend compte de la vie juive d’alors, des pamphlets relatifs à ses querelles, dont celles avec Jonathan Eybeschütz et le mouvement de Sabbataï Tzvi. Par ailleurs, son apport à la littérature rabbinique est important, avec ses commentaires sur la Michna et son livre de prières commentées qui deviendra un livre de référence.

En lien, une notice biographique sur Jonathan Eybeschütz publiée par Jewish Virtual Library :

http://www.jewishvirtuallibrary.org/jsource/biography/Eibeschutz.html

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Jacob Emden éprouva une très profonde colère contre Sabbataï Tzvi. Il ne se priva pas de rappeler que lorsque, prisonnier des Turcs, ces derniers lui donnèrent à choisir entre la mort et l’islam, il choisit la conversion sans opposer de résistance. Le nom de Jacob Emden reste très étroitement lié à celui de cette hérésie, le sabbataïsme, la plus importante hérésie qu’ait connue le judaïsme depuis la destruction du Temple de Jérusalem  par Titus (70 ap. J.-C.) et la révolte de Bar Kokhba (132-135 ap. J.-C.).

 

Dans son œuvre aussi considérable que variée, un ouvrage peut être lu en priorité, son autobiographie. Tout d’abord parce qu’elle propose un document de première main sur la vie juive d’alors, mais aussi parce que ce genre d’écrit est particulièrement rare dans la littérature rabbinique. A ce propos, je conseille la lecture de ‟Mémoires de Jacob Emden ou l’anti-Sabbataï Zewi” (Ed. Cerf, 1992, traduit de l’hébreu par Maurice-Ruben Hayoun). Jacob Emden a émis nombre d’opinions peu conventionnelles ; par exemple, il refusait de croire que le pieux Maïmonide ait écrit le ‟Guide des Perplexes” et répétait, contre toute évidence, que son auteur était un hérétique inconnu.

 

Dans un excellent article intitulé ‟Coming to Terms with Christianity” (dans la revue ‟Azure”, n° 38, automne 2009), Assaf Sagiv juge que l’opinion la plus favorable donnée (au XVIIIe siècle) par un Juif sur la foi chrétienne est celle de Jacob Emden. Non seulement il insiste sur les valeurs communes aux Juifs et aux Chrétiens mais il insiste également sur la valeur de Jésus de Nazareth — le Nazaréen — et ses disciples. Jésus et ses disciples n’ont jamais eu en tête la conversion des Juifs et l’abolition de la Torah et ses commandements. Au contraire, ils l’ont assimilée afin d’en dégager une morale universelle capable d’en finir avec l’idolâtrie. Jacob Emden insiste : Jésus et ses apôtres ont voulu établir une religion pour les non-Juifs, avec les lois noachiques (les Sept Lois des Fils de Noé), oubliées et réactivées, tandis que les Juifs — les circoncis — se devaient d’observer tous les commandements de la Torah, sans exception. Selon Jacob Emden, le Nazaréen a eu un rôle doublement bénéfique : d’une part, il glorifia la Torah de Moïse avec une véhémence rare ; d’autre part, il eut une influence bénéfique auprès des Gentils en contribuant à les éloigner du culte des idoles : il leur imposa les Sept Commandements et les engagea sur la voie de l’éthique.

 

Je n’entrerai pas dans les détails des interprétations théologiques de Jacob Emden, d’abord parce que je n’en ai qu’une connaissance vague mais aussi parce que cet article se veut simple invitation, une mise en bouche pourrait-on dire. Jacob Emden insiste sur le fait (et je pourrais en revenir à Elie Benamozegh que j’évoque dans le présent blog) que le christianisme a institué un système de croyances et de valeurs qui ont grandement fait avancer la morale. Le christianisme a poursuivi la lutte contre le paganisme initiée par le judaïsme. Il s’en est pris aux abominations que dénonce la Bible des Juifs, parmi lesquelles les sacrifices humains. Je me permets d’ajouter que ce socle commun ne doit pas nous faire oublier toutes les bassesses et les exactions commises par le christianisme à l’encontre des Juifs. Il s’agit de les examiner non pour remuer de ‟vieilles histoires” mais pour mieux dégager ce socle, en archéologues, afin d’en revenir à ces signes que beaucoup ont oubliés. Jacob Emden peut nous y aider. C’est là une aventure intellectuelle et spirituelle exaltante entre toutes. Maxime Alexandre note dans son journal qu’il faut rejudaïser le christianisme.

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Ci-joint, un lien PDF Akadem intitulé ‟La Torah est une science”. Jacob Emden y établit un parallèle qui ne fait que confirmer mes intuitions, à savoir que le travail constant et modeste du chercheur scientifique (mais aussi du chercheur au sens le plus large du mot) a beaucoup à voir avec le travail relatif à la Torah. Rien n’est fixé, tout évolue sans trêve. Ce n’est pas un hasard si l’apport juif au monde (notamment dans les domaines de la science) est incomparable :

http://www.akadem.org//medias/documents/–doc5_tora-science.pdf

Autre lien, ‟Rabbi Jacob Emden’s Views on Christianity and the Noachide Commandments” :

http://www.auburn.edu/~allenkc/falk1a.html

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Quelques mots sur Sabbataï Tzvi et son mouvement (le sabbataïsme), une histoire à laquelle est liée l’œuvre de Jacob Emden qui n’aura cessé de les poursuivre de ses foudres.

 

 

 

Sabbataï Tzvi était un homme de belle allure, doué d’une voix envoûtante. Il ne tarda pas à réunir dans sa ville natale de Smyrne un groupe de disciples. Il leur fit part des révélations qu’il avait eues. Ses prétentions messianiques déplurent à son maître, le rabbin de Smyrne. Afin d’accréditer sa mission, il se livra à des ‟actes étranges”. Ainsi, en 1658, célébra-t-il rituellement ses épousailles avec la Torah. Je passe sur les ‟actes étranges” qui suivirent pour en venir à sa rencontre décisive avec Nathan de Gaza, un médecin kabbaliste qui avait le pouvoir de révéler à chacun ‟le secret de son âme” et de lui procurer une combinaison magique de lettres en vue de son tikkun. Après un périple à caractère initiatique, Nathan de Gaza salua Sabbataï Tzvi comme le messie, dans la nuit de la Pentecôte 1665. De retour à Gaza, Sabbataï Tzvi fut accueilli solennellement par le rabbin et il désigna ses disciples. La nouvelle se répandit comme une traînée de poudre. Nathan de Gaza envoya des lettres à toutes les communautés juives en précisant notamment que, vu les circonstances (?!), le messie n’avait pas besoin de s’imposer par des miracles et que le peuple juif devait l’accueillir sans exiger de preuves manifestes. Des cortèges se formèrent et se mirent à converger vers des points de rassemblement, à La Mecque, au Sahara, en Perse, en Europe. Nathan de Gaza, qui travaillait à la théorie du sabbataïsme, promulgua une liturgie nouvelle et décrivit le parcours du messie Sabbataï qui devait se rendre à Constantinople pour y ceindre (en 1666) la couronne royale. Ses adeptes pensaient que le sultan ne pourrait que s’incliner devant lui au nom de l’islam.

 

En route vers Constantinople et revêtu d’habits royaux, Sabbataï Tzvi continua à se livrer à des ‟actes étranges”. Le flot des adeptes ne cessait de grossir, surtout après l’adhésion des rabbins de Smyrne — initialement hostiles au mouvement. Les autorités ottomanes commencèrent à s’inquiéter et interceptèrent Sabbataï Tzvi. Le grand vizir le fit incarcérer à Gallipoli. Pendant ce temps, Nathan de Gaza n’avait cessé d’envoyer des courriers afin de soutenir un mouvement qui entraînait de plus en plus de Juifs, y compris parmi les autorités religieuses. De sa prison, Sabbataï Tzvi se mit lui aussi à multiplier les courriers. Des rabbins du monde entier vinrent rendre visite au prisonnier. Mais une anecdote n’allait pas tarder à porter préjudice à la dynamique du mouvement, sans pour autant le briser.

 

En 1648, lors des massacres de Chmielnicki, Sabbataï Tzvi avait affirmé que la venue du messie fils de Joseph s’était manifestée à lui, une venue qui devait précéder celle du messie fils de David. Or, un kabbaliste de Lvov, Nehamiah ha-Cohen, se présenta à Sabbataï, toujours incarcéré, comme étant le ‟messie fils de Joseph”. Mais le ‟messie fils de David” (Sabbataï Tzvi) refusa de reconnaître en Nehamiah ha-Cohen le ‟messie fils de Joseph”. Un esclandre s’en suivit. Nehamiah ha-Cohen dénonça Sabbataï Tzvi comme faux messie à la conduite immorale, puisqu’il avait déclaré vouloir se convertir à l’islam. Nehamiah et Sabbataï furent conduits à Andrinople où les autorités ottomanes se montrèrent plutôt embarrassées par cette bien étrange affaire. Ne sachant comment s’en dépêtrer, elles finirent par placer le messie devant le choix suivant : la mort ou la conversion (à l’islam). Sabbataï Tzvi opta pour la conversion. Les Ottomans ne tardèrent pas à le gratifier du titre de ‟gardien du palais” et d’une confortable pension. Cette apostasie bouleversa le monde juif. Des rabbins se frottèrent les yeux et admirent avoir été victimes d’une illusion ; d’autres ne purent se résoudre à renoncer à une telle espérance messianique.

 

Le très habile Nathan de Gaza, dont le rôle allait être une fois encore décisif, affûta son argumentation en commençant par déclarer que l’apostasie était un mystère si profond qu’il convenait de rester patient avant d’espérer en pénétrer le sens, que l’apostasie s’inscrivait dans la mission du messie, qu’il fallait passer par elle pour pénétrer dans le camp ennemi, en espion, pour recueillir jusqu’aux âmes les plus perdues. Bref, l’apostasie n’était qu’apparente, le messie œuvrait selon le paradoxe. Le cerveau du sabbataïsme, Nathan de Gaza, expliqua à Sabbataï Tzvi que l’Écriture révélait l’existence de toute une typologie de chutes (dont l’apostasie) au sein de la dialectique messianique.

 

Toujours visité par des illuminations, Sabbataï continuait à envoyer des missives inspirées aux communautés juives. Craignant des complications, le grand vizir finit par l’exiler. D’après Gershom Sholem, Sabbataï Tzvi n’avait pas les capacités intellectuelles de Nathan de Gaza, son prophète. Quoiqu’il en soit, il fascina nombre de Juifs. Une doctrine sabbataïste s’élabora et survécut à la mort du messie, une mort considérée par ses disciples comme étant son occultation messianique suprême et son élévation dans des hauteurs surnaturelles. Cette doctrine a donné des courants divers, modérés et radicaux. Le courant radical s’est plus directement attaché à la personne de Sabbataï Tzvi tandis que le courant modéré chercha à concilier sa foi en lui et l’observance juive.

 

La doctrine mystique du messianisme de Nathan de Gaza plonge ses racines dans la conception de la Création telle que l’expose Isaac Louria, la plus importante personnalité du centre kabbalistique de Safed, avec Moïse Cordovero. Les ‟actes étranges” du messie, à commencer par son apostasie et sa subversion de la loi mosaïque, ont à voir avec la kabbale d’Isaac Louria. Mais je n’entrerai pas dans les détails afin de ne pas alourdir le présent article.

 

Le mouvement sabbataïste eut de très profondes conséquences sur l’ensemble du monde juif, notamment en insufflant un sentiment de liberté individuelle qui secoua les assisses du judaïsme rabbinique, soucieux avant tout de veiller à l’observance de la loi. Certains jugent ce mouvement de manière positive car il expliquerait l’efflorescence du hassidisme, alors que d’autres n’y voient qu’une dégradation.

 

Parmi les radicaux du sabbataïsme, on peut citer quelques inquiétantes personnalités parmi lesquelles Jacob Frank (voir ci-dessous) et des activistes de la Révolution française, dont Moïse Dobruschka, disciple et parent de Jacob Frank. Les modérés du sabbataïsme jugeaient, eux, que le messie avait dû accomplir des ‟actes étranges” éclairants pour la vie juive mais qu’il ne fallait en aucun cas l’imiter. Leur attitude contribua à renforcer les radicaux qui en vinrent à affronter des questions comme la ‟chute du saint” ou la théorie de la subversion — de la transvaluation —, à savoir que tout est réversible (le profane est sacré et inversement), double, avec face visible et face cachée. Les manquements à la Torah permettait son accomplissement, davantage même que son observance. C’était le triomphe de la doctrine anomiste : l’accomplissement du précepte advient par sa transgression. Il ne s’agit pas pour autant de prendre systématiquement le contrepied de la Torah, mais d’admettre que l’homme saint est au-dessus des normes juridiques voire religieuses de la société, qu’il est en contact avec l’Esprit, et que c’est son mépris des normes qui fait progresser sa communauté religieuse, en l’occurrence le judaïsme, et la met sur la voie de la rédemption.

Moins connu que Sabbataï Tzvi, Jacob Frank (1726-1791) se considère comme sa réincarnation. Sa théologie est une étrange décoction vaguement syncrétique avec des airs kabbalistiques. Son système évoque assez vaguement la Trinité puisque dans sa vision la nature divine enferme trois incarnations distinctes : le Premier (Sabbataï Tzvi), le Saint Seigneur (Jacob Frank) et la Dame (une synthèse de la Chekhina — la Présence divine — et de la Vierge Marie.)

 

Jacob Frank (1726-1791)

 

Jacob Frank est un véritable chef de secte. Il exige de ses adeptes qu’ils se délaissent de tout code moral et se livrent à des orgies ; et ceux qui s’y livrent ne doivent rien en divulguer. Afin d’accéder à la Vérité, l’adepte doit par ailleurs passer d’une religion à l’autre, du judaïsme au christianisme. Des rabbins l’excommunient, en 1756. L’évêque de Kamieniec-Podolski réagit et exige que ces derniers se présentent à une dispute. Ils sont déclarés vaincus et, en conséquence, des milliers d’exemplaires du Talmud sont brûlés. Deux ans plus tard, une autre dispute est organisée. Les rabbins en sortent la tête haute. Peu après, les adeptes de la secte se convertissent en grand nombre et Jacob Frank parvient à se faire baptiser une seconde fois, dans la cathédrale de Varsovie. Mais lorsque le clergé polonais se rend compte que sa doctrine de la Trinité est plutôt olé-olé et que ses adeptes le considèrent comme le Messie, il l’arrête et l’emprisonne. Il restera treize ans derrière les barreaux. Une fois remis en liberté, il réorganisera sa secte qui, près sa mort, passera sous l’autorité de sa sœur et déclinera avant de s’éteindre.

Une riche suite (en anglais) sur YouTube, pour les passionnés :

http://wn.com/jacob_emden_emden_eyes_tz_controversy

 

 

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1 Response to Rabbi Jacob Emden (1696-1776)

  1. Christiane says:

    Passionnant ces guerres de rabbins, décidément la vie n’est pas un long fleuve tranquille quelles que soient les religions.
    S’étriper autant chez les goys qui ne pensaient qu’à les anéantir n’était peut-être pas des plus raisonnables.

    “Menacé, il se réfugie à Hamburg et s’adresse au roi Frederik V du Danemark qui règne sur la province”

    Aller demander à un chrétien, fut-il le roi, d’arbitrer le différent sur des questions religieuses ne m’apparaît pas comme une idée bien lumineuse ! Et l’amour propre Mr le Rabbin !

    Comme actuellement s’allier aux musulmans pour la circoncision ou le casher ! Idée stupide. Dans l’adversité, toutes les alliances ne sont pas bonnes.

    Ce Nathan de Gaza, quelle couleuvre ! Quant au Jacob Frank…illuminé dangereux et son shabbataïsme :

    “Leur attitude contribua à renforcer les radicaux qui en vinrent à affronter des questions comme la ‟chute du saint” ou la théorie de la subversion — de la transvaluation —, à savoir que tout est réversible (le profane est sacré et inversement), double, avec face visible et face cachée. Les manquements à la Torah permettait son accomplissement, davantage même que son observance. C’était le triomphe de la doctrine anomiste : l’accomplissement du précepte advient par sa transgression. Il ne s’agit pas pour autant de prendre systématiquement le contrepied de la Torah, mais d’admettre que l’homme saint est au-dessus des normes juridiques voire religieuses de la société, qu’il est en contact avec l’Esprit, et que c’est son mépris des normes qui fait progresser sa communauté religieuse, en l’occurrence le judaïsme, et la met sur la voie de la rédemption”

    Merci Olivier pour cette définition qui me permet de mieux comprendre cette mouvance.

    “Les manquements à la Torah permettait son accomplissement, davantage même que son observance” a dû se faire retourner plus d’un rabbin dans sa tombe !

    Une question : les Dönmes sont-ils devenus de vrais musulmans sincères ou restent-ils secrètement Juifs ? On sait peu de choses sur leurs pratiques religieuses, on nous les présente tendance “société secrète”.

    Désolée, Olivier, de rester très terre-à-terre, que du concret, dans mes propos, je n’ai pas les connaissances religieuses pour aller au-delà.

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