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En lisant Pierre Lurçat, « Jusqu’à la victoire ! La plus longue guerre d’Israël » – 5/6

Novembre 2024

Il y a ‘Tout sauf Donald Trump », il y a « Tout sauf Bibi ». Bibi vient de limoger Yoav Gallant qui contrariait sa stratégie militaire. Il l’a fait très judicieusement, le jour des élections américaines. Il mûrissait cette décision depuis longtemps.

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Une rencontre avec rav Oury Cherki. Suite au 7 octobre, rav Oury Cherki a tenu à réexaminer les relations entre le judaïsme et l’islam, ce qui lui a permis de rendre compte d’un intérêt de la part de certains musulmans envers Israël. « L’État d’Israël est un événement biblique en pleine modernité qui interpelle également l’islam. Le péché originel de l’islam est d’avoir nié sa dette envers le judaïsme en se présentant comme plus ancien que toutes les religions. Cette négation sera corrigée le jour où ils reconnaîtront véritablement Israël ». Rav Oury Cherki appuie son affirmation sur ses contacts aux Émirat Arabes Unis, avec l’espoir que l’Arabie Saoudite prenne le relai, « car ce qui se passe actuellement aux Émirat Arabes Unis est aux yeux de l’Arabie Saoudite un ballon d’essai ». Bref, rav Oury Cherki voit des germes d’espérance malgré une sclérose de l’islam qui doit apprendre du judaïsme la loi orale et ne pas s’en tenir à la loi écrite. L’islam a su évoluer jusqu’à la fin du XIIème siècle. Par ailleurs rav Oury Cherki juge que la Cour suprême s’est arrogée des prérogatives illégitimes et que la classe politique l’a laissée faire, qu’il est indispensable d’édifier une nouvelle forme de Constitution ou de contrat social qui mette de l’ordre dans la séparation des pouvoirs, car non seulement la Cour suprême prétend dire la loi à la place du législateur mais de plus elle se réclame de valeurs étrangères au consensus social.

Ci-joint un entretien Antoine Mercier avec rav Oury Cherki sur la chaîne Mosaïque : « Analyse profonde de la crise Israël/Gaza. Réflexions bibliques et eschatologiques » :

https://www.youtube.com/watch?v=1hx3ei5Pqi8

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L’affaire Eli Feldstein est probablement une affaire politique parmi d’autres affaires destinées à porter atteinte à Benyamin Netanyahu afin de faire dévier les responsabilités quant au 7 octobre. « Le document incriminé qui aurait été transmis au quotidien allemand Bild par Eli Feldstein traite apparemment de la stratégie du Hamas dans la négociation sur la libération des otages et établit précisément que ce sont les chefs de l’opposition et leurs soutiens qui ont fait depuis un an le jeu du Hamas en faisant monter le prix des otages et en semant la division interne en Israël ». Le Shin Beth et les médias anti-Bibi mènent un jeu dangereux car ils confondent leurs petits intérêts politiques et ceux de l’État d’Israël. Avec l’aval de la Cour suprême et de l’actuel establishment judiciaire, le Shin Beth est devenu une sorte de « police politique » qui porte atteinte à l’État de droit.

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Ces erreurs de traductions (volontaires) que multiplient les médias français afin de discréditer Benyamin Netanyahu, des erreurs qui tendent notamment à laisser entendre que la guerre est l’horizon indépassable de ce Premier ministre qui par ailleurs ne poursuivrait pas que des objectifs militaires mais aussi des objectifs religieux voire eschatologiques. Cette propagande fonctionne plutôt bien puisque le plus grand nombre est convaincu que Benyamin Netanyahu est excité et tenu par les « ultra-orthodoxes » de son gouvernement. Charles Enderlin qui n’en est pas à un scoop près (on se souvient de l’affaire Mohammed al-Durah) a déclaré que le messianisme juif était la cause principale du conflit israélo-arabe.

Décembre 2024

Pierre Lurçat rencontre Michel Gurfinkiel à Jérusalem. Ils évoquent le 7 octobre et le mystère de cette surprise. Michel Gurfinkiel évoque Edward Luttwark, probablement le meilleur analyste militaire contemporain), qui compare la guerre à un weekend en famille car dans les deux cas rien ne se passe comme prévu. Et Michel Gurfinkiel se garde de trop comparer la guerre du Kippour (1973) et le 7 octobre (2023) qu’il rapproche plutôt de la guerre d’Indépendance (1948-49) au cours de laquelle les Juifs d’Israël ont découvert que l’ennemi était collé à eux. Il faut également compter avec le concept (néfaste) d’une « petite armée intelligente » (technologique) afin de répondre à des choix budgétaires, des choix auxquels toutes les armées sont confrontées. Et Michel Gurfinkiel invite à distinguer au sein de la conceptsia les aspects techniques de leurs interprétation politique.

Autre considération centrale : le Premier ministre ne peut rien faire sans faire confiance aux analyses qu’il reçoit de l’armée. En Israël tout le monde comprend que la responsabilité du 7 octobre doit être recherchée au sein de l’armée. Lorsque la gauche a perdu le pouvoir en 1977, elle s’est lancée dans une campagne virulente contre Menahem Beguin en développant l’idée que l’on pouvait être pour Israël mais contre son gouvernement. C’est le début d’une diabolisation. La gauche israélienne est la principale responsable de l’échec du 7 octobre.

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Le « huitième front », soit le pouvoir démocratiquement élu contre le Deep State, soit les perdants aux élections qui refusent de céder la place, des perdants qui ne reculent devant aucun moyen pour porter préjudice au gouvernement élu. Dernière arme de leur combat pour regagner le pouvoir, le Shin Beth comme bras armé de leurs intérêts. A leur yeux, le principal ennemi n’est pas le Hamas ou le Hezbollah mais l’actuel Premier ministre de l’État d’Israël.

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L’une des explications du 7 octobre : la volonté des anti-Netanyahu de soumettre l’armée à la Cour suprême et non au pouvoir élu. Et nous pourrions en revenir à l’affaire Elie Feldstein qui explique en partie les manques du Renseignement qui ont conduit au 7 octobre. Elie Feldstein (pour ne citer que lui) a été maintenu au secret pendant des semaines tout en étant privé d’avocat parce qu’il avait voulu communiquer des documents à Benyamin Netanyahu ; autrement dit le « gouvernement des Juges » s’était substitué au pouvoir politique, au chef du Gouvernement, soit le Premier ministre en fonction, Benyamin Netanyahu ; autrement dit l’état-major de l’armée s’était coupé de la base de l’armée (voir notamment les alertes lancées par les guetteuses de Tsahal) et du gouvernement auquel toute armée est supposée obéir dans une démocratie. Le Deep State israélien (soit les élites judiciaires, médiatiques et sécuritaires) impose son pouvoir à l’armée qui n’obéit plus au gouvernement mais à la Cour suprême. L’état-major qui était plus préoccupé par ses querelles politiques a refusé d’informer le Premier ministre jusqu’aux premières heures de l’attaque du 7 octobre. Si l’horreur a été contenue (elle aurait pu se solder non pas en milliers mais en dizaines de milliers de victimes), c’est essentiellement grâce à des actes individuels. Conclusion de Pierre Lurçat : « L’armée du peuple a sauvé le pays pendant que “l’armée de la Cour suprême ” était aux abonnés absents ! » Et l’entêtement du Deep State ne cesse pas même si l’armée a été progressivement reprise en main par le gouvernement.

2025 : Année de la victoire ?   

Janvier 2025

Pierre Lurçat évoque une émission sur France Culture consacrée à Emmanuel Levinas, avec Alain Finkielkraut et deux jeunes philosophes, David Haziza et Dan Arbib. Au cours de cette émission, il n’a guère été question d’Emmanuel Levinas mais plutôt du « danger messianique », du « mythe de l’élection », de Ben Gvir, de Smotrich, Baruch Goldstein, Meir Kahana, et Yigal Amir, du « suprématisme juif », etc., rien de bien sérieux, rien que des poncifs, des éléments d’une propagande. Il n’a pas été question de la souffrance des victimes et des otages du 7 octobre, mais exclusivement de celle « des civils innocents de Gaza ». Le plus désagréable est qu’Alain Finkielkraut s’est paré de l’aura d’Emmanuel Levinas pour lancer des appréciations politiques et des accusations sans fondement contre le gouvernement israélien. Mais il y a plus : ces trois intervenants ignoraient probablement ce propos d’Emmanuel Levinas : « Je ne me permets pas de critiquer Israël, n’ayant pas choisi de courir cette noble aventure. » Cette émission a été une insulte à la vérité, aux Israéliens et à Emmanuel Levinas.

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Suite à la lecture de « Contre l’indifférenciation » de Jacques Dewitte, Pierre Lurçat se voit confirmé dans son impression d’un rapport entre le Hamas présenté comme un mouvement de résistance et la théorie du genre. Nous vivons l’ère de l’indifférenciation, soit le refus des distinctions les plus élémentaires, comme celle entre l’homme et la femme ou entre le bien et le mal. Le choix primordial et ontologique de l’Occident (gréco-latin, judéo-chrétien) en faveur de la différenciation est remis en question et dans les domaines les plus variés. Selon cette tendance « les noms et les formes, étant parfaitement arbitraires, sont aussi interchangeables ». Et ainsi en vient-on à déclarer que le 7 octobre est aussi légitime (sinon plus) que la violence exercée en retour par Israël contre le Hamas.

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A écouter sur la chaîne 14, dans l’émission Les Patriotes, rav Avraham Zerbib. Le 7 octobre, il redevient soldat et en première ligne alors qu’il a la cinquantaine. Il combat avec la Shayeret Givati, une unité d’élite. Il faut prendre exemple sur cet homme face aux ennemis qui veulent la mort des Juifs. Il faut prendre exemple sur tous ceux qui savent que dans la bande de gaza il n’y a pas de civils innocents.

Ci-joint, sur YouTube, « “Everything is destroyed”. Israeli soldier boasts about bulldozing buildings in Gaza » :

https://www.youtube.com/watch?v=YVh2N1qOrUk

Février 2025

Le Hamas est comparable aux nazis ; il est même pire à certains égards – il y aurait un article à écrire à ce sujet. Ce qui est certain : le Hamas doit être dans un premier temps militairement anéanti comme l’a été l’Allemagne nazie. La destruction de la bande de Gaza est un impératif militaire, stratégique et moral. Vaincre le Hamas passe aussi par une implacable punition collective à l’égard de tous les Gazouis, une punition dont ils doivent se souvenir sur plusieurs générations. Le mal ne peut être simplement contenu par une barrière aussi « intelligente » soit-elle, il doit être anéanti.

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Israël est trop humain dans sa guerre contre le Hamas. Comment triompher du mal (le Hamas et consorts) quand on incarne les valeurs morales léguées par Israël à l’humanité ? Comment vaincre un ennemi qui aime la mort et qui jouit en faisant le mal ? Et je paraphrase rav Oury Cherki : on ne part pas à la guerre pour tuer des coupables et sauver des innocents, l’ennemi est à considérer comme une entité collective, ce qui est trop souvent oublié et ce qui est le symptôme d’une dégradation morale. Il convient de « terroriser les barbares ». Israël doit se montrer implacable dans sa lutte contre Amalek. Il lui faut oublier la posture de la victime et refuser ses normes éthiques inspirées d’une vision chrétienne – normes dont les chrétiens ne tiennent généralement pas compte. Il faut remettre à jour le « Code éthique de Tsahal » et s’inspirer de certains propos de rav Abraham Isaac Kook.

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Dans l’islam, le sacré n’est pas sans rapport avec la violence. La violence n’est pas le fait d’une dérive de l’islam, soit l’islamisme. Rappelons que les atrocités du 7 octobre ont été commises principalement par des civils de la bande de Gaza. Dans l’islam il n’y a pas de valeurs autonomes et universelles, pas d’impératif moral catégorique, philosophique ou religieux. Seuls importent les préceptes du Prophète qui était avant tout un chef de guerre. Par ailleurs, la force de l’islam tient à son double narratif : le triomphant (celui de Médine) et le victimaire (celui de La Mecque). Ce double narratif reste très actif, ce qui permet au Hamas de déclarer qu’il ne fait que se défendre quand il attaque Israël. Voir le discours de Rima Hassan et Cie.

Mars 2005

Oded Lifshitz, un militant pacifiste assassiné par le Hamas et fondateur du kibboutz Nir Oz, un homme trahi par ceux qu’il a aidés. Journaliste de gauche, il avait entre autres actions protesté contre la création de localités juives en Judée-Samarie, au lendemain de la guerre des Six Jours. Cet homme est représentatif de ces membres des kibboutz proches de la bande de Gaza qui ont cru pouvoir établir des liens d’amitié avec les Gazaouis. Une fois encore, Pierre Lurçat nous rappelle que parmi les assaillants du 7 octobre figuraient de nombreux Gazaouis qui n’étaient pas membres du Hamas. Conclusion : le pacifisme est un poison, il ne conduit en aucun cas à la paix. Si vis pacem, para bellum. Et le pacifisme israélien refait surface à chaque génération, depuis le Brith Shalom des années 1930.

Olivier Ypsilantis

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