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En lisant Pierre Lurçat, « Jusqu’à la victoire ! La plus longue guerre d’Israël » – 3/6

Autre leçon du 7 octobre. Tsahal s’en est trop remis à la technologie, suivant une doctrine élaborée par Ehud Barak, soit celle de la « petite armée intelligente » (selon l’expression traduite de l’hébreu), une doctrine funeste. Tsahal doit rester l’armée du peuple, une armée non seulement capable de défendre mais aussi d’attaquer (attaque préventive). Les investissements doivent concerner l’infanterie (essentielle dans la guerre en cours) mais aussi les blindés, l’artillerie, etc. Par ailleurs, l’industrie de l’armement israélienne doit plus se préoccuper d’Israël, du marché intérieur (et moins des exportations), afin de rendre le pays moins dépendant d’autres pays, y compris de l’ami américain.

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On laisse volontiers entendre, en France particulièrement, que Benyamin Netanyahu cherche à faire durer la guerre afin de se maintenir au pouvoir et ainsi s’épargner des affaires judiciaires. L’explication séduit le plus grand nombre, toujours à la recherche d’explications simples, simplistes. L’explication est à rechercher ailleurs, au début de la guerre Irak/Iran (sept. 1980), avec la doctrine de la « guerre longue » mise en œuvre par l’ayatollah Khomeini qui, ainsi, a entraîné l’Irak dans une guerre de huit ans (1980-1988), l’Irak qui misait sur une offensive surprise d’une quinzaine de jours maximum. On connaît la suite. Cette doctrine est aujourd’hui mise en œuvre par les proxys de l’Iran. Elle s’oppose à celle de David Ben Gourion dans les premières années de l’État d’Israël. Afin d’imposer une guerre longue, le Hamas et le Hezbollah ont : 1. Éparpillé sur de vastes zones des batteries de missiles. 2. Élaboré un très dense système de défense, en surface, dans des réseaux souterrains extraordinairement ramifiés, notamment dans les zones urbaines, surtout dans le cas du Hamas.

2024 : l’année la plus longue de l’histoire d’Israël    

Janvier 2024

La présence juive à Gaza remonte à l’époque des Patriarches, et le port de Gaza a été un important port de commerce juif. La présence juive y est permanente jusqu’à l’expulsion ordonnée par les Britanniques en 1929, suite aux émeutes arabes. Les Juifs y reviennent en 1946, avec un kibboutz situé au centre de la bande de Gaza, le Kfar Darom, qui est évacué et refondé en 1967, avec la reconquête de la bande de Gaza au cours de la guerre des Six Jours. A partir de 1970, vingt-et-une implantations juives sont fondées ; elles représentent 18% de la superficie de la bande de Gaza et un tiers de sa façade maritime. Leur principale activité, l’agriculture. En 2005 environ 8 600 Juifs et 600 Bédouins sont installés dans le Goush Katif.  Ces implantations ont par ailleurs un rôle sécuritaire et politique (voir le plan élaboré par Yigal Allon) ; elles permettent de séparer le Sud de la bande de Gaza de la ville de Gaza. La mise en œuvre du plan Allon est progressive. Les agriculteurs du Goush Katif développent une agriculture de pointe sur des dunes de sable, avec une production considérable (env. 320 000 tonnes de produits divers). Aujourd’hui, les Israéliens espèrent revenir dans la bande de Gaza et plus massivement, pour des raisons symboliques, morales, existentielles et stratégiques. Il s’agit de reconstruire la sécurité perdue en 2005 et de punir les Arabes en leur retirant du territoire, ce qui pour eux est autrement plus important que les vies humaines.

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Le témoignage de l’ex-otage Mia Shem selon lequel « tout le monde est terroriste à Gaza ».

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Ils sont nombreux à craindre qu’Israël soit autre chose qu’un État occidental, qu’une démocratie libérale. Pour la gauche laïque israélienne, toute affirmation publique d’une identité juive israélienne revient à plonger dans les ténèbres ; et cette gauche s’imagine comme étant la seule à pouvoir empêcher ce « cauchemar ». C’est ce que pense Ami Ayalon pour qui le combat contre le Hamas est secondaire en regard de ce combat contre « l’obscurantisme ». Pour lui et d’autres membres de l’establishment, le Hamas n’est pas un ennemi irréductible d’Israël ; et si les Palestiniens soutiennent le Hamas, ce n’est pas parce qu’ils adhèrent à l’idéologie de ce mouvement mais parce qu’ils jugent que le Hamas est la seule organisation qui se bat pour leur liberté. Bref, pour Israël la menace existentielle selon cette gauche ne vient pas du Hamas mais des Juifs nationalistes, religieux et messianiques. Inutile de préciser que leurs propos sont en Europe très complaisamment relayés par les médias.

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Il y a la « pureté des armes », il y a les pièges que tendent les ennemis d’Israël (en utilisant cet élément fondateur de la doctrine militaire israélienne), avec ces civils utilisés comme boucliers humains, ces civils exposés délibérément aux attaques aériennes afin d’augmenter le nombre de victimes civiles et ainsi accuser et faire accuser Israël de génocide, sans oublier ces civils utilisés comme « embuscades humanitaires ». Ces pièges placent Tsahal dans une situation cauchemardesque : ne pas tenir compte de la présence de civils revient à augmenter le nombre de victimes civiles, ce que cherche le Hamas afin de faire augmenter la pression internationale sur Israël ; tenir compte de cette présence limite l’efficacité des actions de Tsahal et augmente le danger pour ses soldats.

Y a-t-il des civils innocents dans la bande de Gaza ? Tout d’abord, la doctrine du djihad fait partie intégrante de l’islam. La plupart des assaillants du 7 octobre n’étaient pas des membres du Hamas porteurs de son uniforme mais des civils accourus spontanément. Cette guerre n’oppose pas seulement Israël et le Hamas mais Israël et la population de Gaza. Toute la population collabore avec le Hamas, d’une manière ou d’une autre, il y trouve ses supplétifs.

Un débat entre Alain Finkielkraut et Pierre Lurçat : « Pas d’innocents à Gaza ? » :

https://www.youtube.com/watch?v=gdcghyj9yKU

Mars 2024

La solution ne peut pas être que politique – la création d’un État palestinien. La solution doit passer par le militaire pour éventuellement conduire à une solution politique De fait, à cette date, le Hamas a déjà subi une défaite stratégique. Une démocratie peut gagner la guerre contre une guérilla ou un mouvement terroriste : nous ne sommes pas au Vietnam, la bande de Gaza et Israël ont une longue frontière commune. Par ailleurs Israël est engagé dans une guerre existentielle et non pas dans une guerre coloniale. La seule solution : vaincre militairement.

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Ces représentants de la gauche qui ont ouvert les yeux après le 7 octobre et qui doivent aujourd’hui se faire lanceurs d’alerte. Ces représentants de la gauche qui ont employé des Gazaouis et qui les ont aidés à suivre des traitements médicaux.

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Ces Juifs qui considèrent l’actuel gouvernement d’Israël comme un repaire d’ennemis plus dangereux pour Israël que ne l’est le Hamas. Ainsi, selon cette gauche, les sionistes religieux (qui selon leurs détracteurs n’auraient en tête qu’une politique d’épuration ethnique) seraient plus redoutables que le Hamas. Et nous pourrions évoquer la prétention de ces personnalités juives qui, enfoncées dans leur confort et leur incompétence, jugent la stratégie militaire d’Israël. Comment ces intellectuels peuvent-ils défendre Israël contre ceux qui l’accusent de génocide, d’épuration ethnique et j’en passe ?

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« Souviens-toi d’Amalek ! » L’échec à anticiper l’attaque du 7 octobre interroge jusqu’aux fondements du projet sioniste. Contrairement à la guerre du Kippour, cet échec ne concerne pas seulement le gouvernement, l’armée et les services de sécurité ; il s’agit de l’échec conceptuel et philosophique du peuple juif à pleinement appréhender le mal. En dépit des multiples agressions dont a été victime Israël, en dépit de la persistance de l’antisémitisme en diaspora et des nouvelles formes de la haine antijuive, une illusion s’est installée avec la création de l’État d’Israël, à savoir que plus aucun Juif ne serait irrémédiablement en danger. La notion d’État refuge s’est trouvée terriblement fragilisée après le 7 octobre, le 7 octobre qui par ailleurs a renforcé la vocation d’Israël comme État juif.

Avril 2024

Les Arabes ont perpétré des pogroms dans le Foyer national juif, en 1921 notamment. Pierre Lurçat qui a fait son alya en 1993, à l’époque des funestes accords d’Oslo, témoigne de l’accoutumance au terrorisme de la population israélienne. De ce point de vue, le 7 octobre aura sonné le réveil. Il n’aurait pas fallu oublier Amalek ; il ne faudra plus jamais oublier Amalek.

Ci-joint, « L’islam et les Juifs : le dossier vérité d’Ephraïm Herrera » :

https://www.youtube.com/watch?v=CujIeckCFjk

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La révision de la conceptsia au lendemain du 7 octobre est aussi d’ordre philosophique. Auparavant, on pensait que le conflit israélo-palestinien était d’ordre territorial et qu’il pourrait être réglé par des concessions territoriales selon le principe des « territoires contre la paix », un principe qui admet que l’ennemi est raisonnable et partage avec nous certaines valeurs jugées fondamentales. Ce principe a été démoli comme l’a été cette barrière dite « intelligente ». C’est en prenant appui sur la conceptsia que l’on a autorisé, voire encouragé, le Qatar à déverser ses capitaux dans la bande de Gaza. Ainsi, pensait-on acheter sa tranquillité avec des voisins bien nourris. Mais les ennemis d’Israël ne s’endorment pas dans le confort. Les Gazaouis (soit les membres du Hamas et toute cette population de supplétifs) veulent exactement l’inverse de ce que veulent les Israéliens. Voir leurs enfants mourir en martyrs est pour eux une consécration. Il ne s’agit pas de contenir le Mal mais de l’anéantir.

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Quelle est cette gauche israélienne qui préfère ses intérêts partisans aux intérêts supérieurs d’Israël ? L’identité de la gauche israélienne et juive est une identité du ressentiment. La gauche sioniste (y compris David Ben Gourion) n’a cessé de pratiquer la reductio ad hitlerum pour asseoir et maintenir son hégémonie. La gauche juive fait usage, et frénétiquement, de la cancel culture pour écraser ses adversaires (soit les sionistes révisionnistes, les sionistes religieux, etc.) et les réduire au silence. À présent, elle applique sa méthode à Benyamin Netanyahu. Pierre Lurçat adresse une lettre cinglante à Alain Finkielkraut qui déclare que « le problème d’Israël c’est Netanyahu et non le Hamas. »

Olivier Ypsilantis

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