La France vendue aux Arabes

 

La gauche a une vieille tradition antisémite, je dis bien antisémite. Que le lecteur se reporte au livre de Michel Dreyfus et au compte-rendu en neuf parties que j’en ai fait sur ce blog même sous le titre : « En lisant ‟L’antisémitisme à gauche – Histoire d’un paradoxe, de 1830 à nos jours” de Michel Dreyfus ».

Michel Onfray écrit : « J’aimerais qu’on arrête, à gauche, d’être sur une position islamophile qui suppose un antisémitisme forcené. Il y a une tradition, à gauche, qui fait qu’on est islamophile par antisémitisme. Il y a dans l’histoire de la gauche, depuis la création d’Israël, une complaisance pour les gens qui veulent en finir avec Israël. »

Ainsi que je l’ai noté à plusieurs reprises, il y eut d’abord une sympathie de la gauche pour Israël, sympathie activée et soutenue par l’U.R.S.S. qui voyait dans la création de cet État un excellent moyen de contrarier les visées anglo-saxonnes. Mais l’U.R.S.S. déchanta vite et, à partir de 1956, favorisa l’antisémitisme, dans le monde arabe principalement, tout en s’en prenant aux Juifs soviétiques ainsi qu’aux Juifs du bloc soviétique. Cette orientation permit à l’ensemble de la gauche de suivre un mot d’ordre généralement implicite et d’autant mieux accepté qu’il lui permettait de vivre sans complexe son antisémitisme. Les effets de cette politique se font toujours sentir puisque nombre de braves citoyens pensent plus ou moins ouvertement qu’Israël est la principale source de l’instabilité au Moyen-Orient voire dans le monde, ce qui suppose logiquement que, pour eux, la disparition de l’État d’Israël permettrait à la région et au monde de connaître enfin la tranquillité…

 

 Prix du pétrole de 1880 à 2011

 

Au risque de me répéter, j’en reviens à l’état de la France, aujourd’hui. On ne peut le comprendre sans un retour dans l’histoire. Pointer du doigt une certaine immigration ne suffit pas. Il faut revenir au Général de Gaulle, au quai d’Orsay et à l’AFP., à 1967, avec la guerre des Six-Jours et l’écrasante victoire des armées d’Israël contre une coalition égyptienne, jordanienne et syrienne. Cette victoire mit à mal l’image du Juif faible, ne survivant que par la grâce de ses protecteurs. Le Général et bien d’autres avec lui « pétèrent un boulon » ; on me pardonnera cette expression argotique mais, en la circonstance, je n’en vois pas de mieux appropriée. Il ne s’agit pas de traiter le Général d’antisémite ; à Londres, il était entouré de Juifs, des Français Libres. Il n’empêche que c’est lui qui a initié la politique antisioniste de la France. Le Général plaçait l’intérêt de la France au-dessus de tout, comment lui en vouloir ? On peut même l’en féliciter. Mais il se trouve que la politique arabe de la France, censée coïncider avec les intérêts essentiels du pays, aurait au fil des décennies d’incalculables conséquences. La France voulait assurer son indépendance énergétique mais aussi s’attirer les bonnes grâces de l’ensemble des pays arabo-musulmans qui pesaient (et pèsent toujours) d’un poids considérable à l’O.N.U. et, ainsi, devenir un acteur incontournable de la diplomatie mondiale, entre les deux géants d’alors, les U.S.A. et l’U.R.S.S. Une fois encore, il ne s’agit pas de refaire l’histoire ni même de vitupérer le Général de Gaulle mais d’analyser quelques-unes des causes de la situation actuelle. Les minauderies de Sarkozy envers le Qatar ont une généalogie.

On fit ses calculs : les pays arabes pesaient bien plus lourd qu’Israël ; et puis la démographie était du côté des Arabo-musulmans. Car, enfin, le « peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur » disposait d’un territoire équivalent à deux départements français et sa population n’était en millions qu’à un chiffre tandis que celle des pays arabes était à trois. On se souvient : en octobre 1973, la guerre de Kippour déclenche le premier choc pétrolier ; le prix du pétrole produit dans le Golfe Persique est multiplié par quatre en quelques semaines. Nessim Robert Cohen-Tanugi écrit dans un article intitulé « Comment en est-on arrivé là ? » (titre qui reprend une récente question de François Hollande) rappelle ce qui suit : « Après la guerre de Kippour, le monde arabe utilisa sans fard le langage du chantage au pétrole. Les Européens, et les Français en tête, multiplièrent de nombreuses réunions et conférences, dont celle, par exemple, du 10 juin 1975, quand une délégation de la CEE rencontra la Ligue arabe et l’OLP, où le porte-parole, M. Dajani, jouait cartes sur table : les accords économiques avec l’Europe dépendront de l’alignement européen sur la politique arabe concernant Israël. Depuis, ce principe est resté parfaitement observé, tel le soutien en janvier de la motion de l’Autorité palestinienne exigeant le retrait d’Israël aux prétendues et imaginaires frontières de 1967, incluant le mur des Lamentations ». L’Europe, France en tête, n’a cessé de faire du zèle, gouvernements de gauche et de droite confondus. Véritables bras armés de l’État dans la dénégation d’Israël, le quai d’Orsay (que j’ai qualifié de «somptueux repaire antisioniste ») et l’AFP dont les mercenaires distillent suivant des techniques directement inspirées du stalinisme des commérages sur Israël, notamment en se livrant un trafic lexical. J’ai pris la mesure de cet insidieux travail chez nombre d’individus pas vraiment méchants, pas vraiment antisémites (une accusation à manier avec prudence) mais doucettement travaillés par les appareils médiatiques, jour après jour, mois après mois, année après année… Ce constat est, je dois le dire, absolument déprimant.

Fort de l’arme du pétrole, les Arabes ont déversé leur rancœur chez nous. L’histoire de la région est réécrite au profit de ce sentiment qui ne connaît pas la raison. La France fait le dos rond, non seulement parce qu’il lui faut ménager les producteurs de pétrole et des masses considérables mais aussi parce que toutes ces dénonciations d’Israël permettent de montrer que les victimes d’hier sont devenues des bourreaux, ce qui soulage l’Europe, aire de la Shoah. Dans les relations de la France (et de l’Europe) avec Israël, le souvenir de la Shoah pèse autant que le pétrole et la démographie.

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Ci-joint l’article de Jacques Tarnero, « Il y a en France deux catégories d’anti-juifs », article qui propose une profondeur historique et prolonge ce que je viens d’écrire :

http://www.huffingtonpost.fr/jacques-tarnero/moussa-coulibaly-antisemite-fascisme-islamiste_b_6642940.html

Ci-joint, un article de Brice Couturier, « L’ensemble des médias français est brutalement ou discrètement hostile à Israël » :

http://www.skardanelli.com/2015/02/lensemble-des-medias-francais-est.html

Ci-joint, un exposé implacable de Bat Ye’or (Gisèle Littman-Orebi) :

http://www.europe-israel.org/2015/02/effrayant-attentats-islamistes-en-europe-lanalyse-de-bat-yeor/

Et, enfin, une note d’espoir, une très bonne nouvelle, l’ère du pétrole arabe touche à sa fin :

http://www.europe-israel.org/2015/01/bonne-nouvelle-lere-du-petrole-arabe-touche-a-sa-fin/

 

Olivier Ypsilantis

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