« Je me souviens » en vrac – 4/5

 

Je me souviens de « Je me souviens » de Georges Perec. Ci-joint, quelques bribes de sa mémoire récitées par lui-même :

https://www.youtube.com/watch?v=TNhN77tyep8

Je me souviens de tant de morts — mais comment pourrais-je m’en souvenir ? Serais-je capable de réciter de mémoire ces millions de noms ? (Ce « Je me souviens » a été écrit le 11 novembre 2014).

Je me souviens de « Je me souviens » de Lara Fabian la Canadienne :

https://www.youtube.com/watch?v=L6BZFz4wh5g

Je me souviens que ma mère chantait volontiers : « J’ai la mémoire qui flanche / J’me souviens plus très bien » :

https://www.youtube.com/watch?v=2NL02eCEuUs

Je me souviens quand I.G.F. (Impôt sur les Grandes Fortunes) se fit I.S.F. (Impôt de Solidarité sur la Fortune). La belle affaire !

Je me souviens de mon plaisir à fouiner chez les bouquinistes de la rue de l’Odéon — les jours de pluie surtout —, plus particulièrement chez l’un d’eux, la Librairie Rieffel. Je me souviens que c’est dans cette antre que j’ai découvert l’œuvre délicieuse de Jean Moréas, Ιωάννης Α. Παπαδιαμαντόπουλος de son vrai nom.

 

Librairie Rieffel de ParisLibrairie Rieffel, au 15 de la rue de l’Odéon, dans le VIe arrondissement, Paris.

 

Je me souviens que Jacques Delmas et Philippe de Hauteclocque ajoutèrent leurs noms de guerre à leurs noms, ce qui donna Jacques Chaban-Delmas et Philippe Leclerc de Hauteclocque.

Moi aussi je me souviens des actualités au cinéma (Georges Perec en 461 de « Je me  souviens »).

Je me souviens de certaines révélations du « Canard enchaîné », dont l’affaire des diamants de Bokassa.

Je me souviens du plaisir que j’eus dans ma chambre d’enfant à lire « Naufragé volontaire » d’Alain Bombard et « Le Pourquoi pas ? dans l’Antarctique » de Jean-Baptiste Charcot.

Je me souviens que « Le Crapouillot » (une revue que je lisais chez mon oncle) est né au cours de la Grande Guerre, dans les tranchées, et que son nom désigne un mortier de tranchée.

Je me souviens de l’attentat contre la gare de Bologne — la strage di Bologna —, le 2 août 1980, un attentat particulièrement meurtrier.

Je me souviens de la Seat 600 — la Seiscientos  et de la Trabant 601.

Je me souviens du Reichstag et du Pont Neuf emballés par Christo.

Je me souviens du général au monocle, António de Spínola. Je me souviens de la sympathie que cet homme m’inspira d’emblée.

 

 Général SpinolaGénéral António de Spínola (1910-1996)

 

Je me souviens de Notre corps nous appartient (ou Mon corps m’appartient ou bien encore Mon corps est à moi) brandit au cours de manifestations pour la légalisation de l’I.V.G.

Je me souviens qu’Idi Amin Dada se vengea de son ministre des Affaires étrangères, la belle princesse Elizabeth Bagaya (il l’accusait de l’avoir trompé avec un Blanc dans des toilettes de l’aéroport d’Orly) en publiant en première page de « The Voice of Uganda » une photographie d’elle nue. A ce propos, je me souviens de « Madame Le Pen nue fait le ménage » en couverture de « Playboy » :

http://www.daily-buzz.fr/buzz/pierrette-le-pen-nue-dans-playboy-nsfw-20131102.html

Je me souviens qu’il y eut de nombreux attentats à Paris, en 1985 et 1986. Je me souviens plus précisément de l’attentat contre le magasin « Tati », rue de Rennes, le plus meurtrier (et le dernier) d’une longue série :

http://www.ina.fr/video/CAB86024906

Je me souviens des mariages collectifs de la secte Moon.

Je me souviens du chapeau avec lequel François Mitterrand cherchait à se donner un air Léon Blum.

Je me souviens quand Allied Checkpoint Charlie n’était pas un musée.

Je me souviens qu’aux funérailles du roi Baudouin 1er de Belgique, sa femme, la reine Fabiola, était tout de blanc vêtue.

Je me souviens de Malcolm Forbes et de ses Harley Davidson.

Je me souviens de l’espoir que j’eus de voir Michel Ier de Roumanie monter sur le trône après la chute de Ceauşescu ; et de l’espoir que j’eus de voir Siméon II de Bulgarie monter sur le trône après la chute de Jivkov.

Je me souviens que Bambu, la compagne de Serge Gainsbourg, affirmait être la petite-nièce du generalfeldmarschall Friedrich Paulus.

Je me souviens des doigts pleins d’encre, des genoux écorchés, des coups de règles sur les doigts et de bien d’autres emblèmes de mes années de primaire.

Je me souviens de François Mitterrand et d’Helmut Kohl, main dans la main, à Verdun :

http://www.ina.fr/video/I00012031

Je me souviens que deux jours avant sa mort, en 1973, mon grand-père s’était mis en tête de changer de voiture, sa Chevrolet pour une Citroën SM et son moteur V6 Maserati. Je me souviens que cette voiture qui comportait de nombreuses innovations techniques fut victime des chocs pétroliers de 1973 et 1975.

Je me souviens quand je « dévorais » des Henri Bergson, publiés à la Librairie Félix Alcan, dans la collection Bibliothèque de philosophie contemporaine, des livres brochés à la couverture vert pâle.

 

L'énergie spirituelle de BergsonMa lecture d’Henri Bergson a commencé par ce livre, au cours d’un hiver neigeux, dans une pâle lumière que tamisaient des voilages.  

 

Je me souviens du regard de Jorge Luis Borges.

Je me souviens des Photo Transformations de Lucas Samaras.

Je me souviens…

Olivier Ypsilantis

 

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