Antisionisme et antisémitisme 1/2


‟L’antisionisme est le cheval de Troie de l’islam politique” (Shmuel Trigano)

 

Dans moins de dix ans, les États-Unis ne dépendront plus des États arabo-musulmans pour leur approvisionnement en pétrole. Ce passionnant dossier est à suivre de près car il suppose des changements géo-politiques majeurs. Mais en Europe, aucune volonté politique ne semble vouloir nous soustraire à l’emprise grandissante de l’islam, à cette idéologie politico-religieuse mortifère activée par les pétrodollars saoudiens ou qataris.

 

Chez nous, l’islam est devenu le refuge des paumés et des frustrés. Il recrute à présent ouvertement dans la délinquance. Jean-Pierre Bensimon écrit dans ‟Pour un autre regard sur le Proche-Orient” (n° 8 – octobre 2012) : ‟C’est ainsi qu’en Europe, dans des sociétés en crise profonde, minées par le communautarisme, le fractionnement ethnique et un avenir fermé, les individus en rupture qui ne veulent pas demeurer dans le statut sans horizon de la délinquance, trouvent une idéologie religieuse prête-à-porter qui leur ouvre les bras, l’islam radical. Dans certaines versions, il leur permettra de partager un projet, d’exprimer tous les niveaux de rancœur et de violence, et de les justifier moralement.” On ne saurait être plus explicite. En Europe et ailleurs, des délinquants désireux de redorer leur blason passent à l’islam, comme ces droits communs qui, en Allemagne, intégrèrent la S.A. pour le prestige de l’uniforme, le confort du groupe et la justification morale de leurs plus bas instincts.

 

J’aurais aimé m’entretenir avec Buster Keaton sur le monde d’aujourd’hui…  

 

L’islam reste cependant le plus souvent une religion à usage domestique, avec rumination et stabulation. Ses mécanismes primitifs assurent le confort avec répétitions de slogans et gestes mécaniques comme la prosternation, une posture plutôt indécente. Mais l’islam, et c’est là son ‟génie”, peut à tout moment devenir agressif. Le ruminant se convertit alors en dragon de Komodo. L’un et l’autre restent fidèles au Coran, un ensemble de recettes, une ‟boîte à outils où ses adeptes puisent la justification sacralisée de leur projet du moment” pour reprendre les mots de Jean-Pierre Bensimon. Le Coran, livre rustique, propose aux adeptes des passages mielleux, d’autres fielleux voire mortifères, avec incitation au meurtre.

 

Le Juif reste la cible privilégiée des Arabo-musulmans qui bénéficient par ailleurs de formidables complaisances, en Europe et en France plus particulièrement où prospère une importante communauté arabo-musulmane.

 

Par méconnaissance, les opinions publiques européennes, principalement française, regardent Israël avec suspicion. Les médias les ont poussées à croire que le ‟Printemps arabe” (une désignation qui en dit déjà long sur le degré d’intoxication) était une sorte de Prise de la Bastille ou de Révolution des Œillets (Portugal, avril 1974). Il n’était pourtant pas bien difficile de deviner que le vide laissé par des régimes autoritaires ou dictatoriaux en terre d’islam ne pouvait être comblé que par l’islam lui-même, ce système politico-religieux qui a fait ses preuves, si je puis dire. Les Frères musulmans et d’autres tendances plus radicales encore attendaient leur heure…

 

Le djihadisme et la délinquance pure et simple s’entortilleront toujours plus pour cibler les  Juifs. J’ai souvent pensé que c’est en France qu’auraient lieu les événements les plus graves et c’est ce qui est arrivé. Ce n’est hélas qu’un début car notre classe politique n’a aucun courage…

 

Les Juifs ne sont pas les seuls ennemis de ces délinquants mais ils sont placés en plein centre de leur cible. Le djihad contre les Juifs est devenu la sixième obligation religieuse que doit respecter tout Musulman, ainsi que le signale Pierre-André Taguieff sans forcer la note. Toutes mes conversations avec des Musulmans (essentiellement des Marocains) aboutissent à des griefs exprimés avec plus ou moins de véhémence envers les Juifs et Israël. ‟Le Juif” et Israël sont au cœur de leur économie mentale. Ils ne sont pas les seuls. Des pouvoirs politiques doucereux et des mass-médias onctueux laissent entendre que si la question palestinienne était réglée tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.

 

Les djihadistes trouvent dans nos sociétés un terreau favorable, et pas seulement dans ce Lumpenproletariat (l’expression est en la circonstance de Pierre-André Taguieff) issu de l’immigration. Il y a des connivences, des signaux discrets, du politically correct (la France  droit-de-l’hommiste est passée maître en la matière), sans oublier que l’Europe a une longue tradition d’antisémitisme religieux et intellectuel : c’est là qu’ont été élaborées les théories antisémites les plus extrêmes, des théories qui ont trouvé d’excellents débouchés à nos portes, dans le vaste monde arabe. Les Arabes ont fait et font leurs courses chez nous, on ne le dira jamais assez. ‟Les Protocoles des sages de Sion” et le Coran dansent à présent des slows amoureux.

 

Rappelons que les Musulmans ont eu leurs théoriciens antisémites bien plus tardivement, des théoriciens qui ont en quelque sorte adapté à leur milieu des idéologies élaborées chez nous. Parmi ces théoriciens, citons l’un des plus ‟brillants”, l’Égyptien Sayyid Qutb (1906-1966), auteur d’un opuscule intitulé ‟Notre combat contre les Juifs”, écrit dans les années 1950 et devenu une référence pour les islamistes sunnites.

 

Ne nous enfermons pas dans une mentalité d’assiégés face à l’islam, ce serait déjà lui accorder la victoire ! La mondialisation avec notamment l’information instantanée (de ce fait souvent brouillonne, faisant plus appel à l’émotion qu’à la réflexion) crée une ivresse mais aussi une inquiétude, profonde et tenace. Pourtant, avec un peu de recul, que voyons-nous ? Un État d’Israël avec lequel des masses frustres et frustrées aimeraient en finir, mais un État solide. L’histoire d’Israël est tellement incroyable qu’on pense rêver… Notre pessimisme sur le court terme favorise un optimisme sur le long terme.

 

Parmi les contempteurs de l’État d’Israël, on trouve aussi les ‟alterjuifs”, un néologisme élaboré Muriel Darmon : un ‟alterjuif” est un Juif qui déteste le Juif qui vit dans un pays juif (et qui déteste ce pays parce que juif, même s’il y vit) et qui aime les autres, parce que non-Juifs et parce qu’ils vivent dans un pays non-juif. Vous avez suivi ? Les ‟alterjuifs” représentent une minorité mais très influente, très écoutée, surtout chez les non-Juifs pour lesquels ces Juifs viennent à point : pensez-donc, des Juifs qui tirent à boulets rouges sur Israël ! Ces non-Juifs peuvent donc brailler leur antisionisme sans craindre d’être accusés d’antisémitisme. On n’imagine pas des Musulmans se disputer de la sorte ; l’ochlocratie écrase tout esprit critique et ceux qui ne veulent pas braire avec le troupeau doivent s’en éloigner discrètement s’ils tiennent à la vie. Je ne trouve qu’une excuse aux ‟alterjuifs” : ils participent à la richesse juive. Piètre consolation, il est vrai.

 

Le post-sionisme s’inscrit dans la mouvance des ‟alterjuifs” ; il bénéficie de l’appui des ‟nouveaux historiens” (parmi lesquels l’inénarrable Shlomo Sand) qui s’emploient à déconstruire le récit national juif et en aucun cas à faire un travail universitaire digne de ce nom. Enfermés dans leurs obsessions, ils n’hésitent pas à distordre l’histoire pour qu’elle se plie à leur pathologie. Mais il me semble qu’ils ne convainquent que ceux qui sont déjà convaincus… Les ‟alterjuifs” dispensent une morale qui se veut d’une implacable rigueur ; le problème est qu’ils en prennent à leur aise avec la rigueur intellectuelle et la connaissance historique. Ce sont des charlatans qui cherchent à refourguer de la marchandise avariée. La clientèle ne manque pas et leur chiffre d’affaires est en constante augmentation. Pensez donc, des Juifs qui agonissent d’injures Israël est un blanc-seing pour les non-Juifs diversement antisémites et antisionistes.

 

Je le répète, un ‟alterjuif” pèse plus lourd dans la délégitimation d’Israël que mille non-Juifs. En France, les ‟alterjuifs” sont les chouchous des mass-médias qui s’efforcent d’en faire des maîtres à penser. Et dans un même élan, on s’épanche en minauderies chez les Arabo-musulmans.

 

 

Je viens de suivre en direct la cérémonie qui s’est tenue le 1er novembre 2012, à l’école Ozar Hatorah (Ohr Torah, à présent) de Toulouse où ont été assassinés des enfants juifs, le 19 mars dernier. J’ai admiré la dignité des parents des petites victimes en particulier Eva Sandler qui m’a profondément impressionné. Ce qu’elle disait m’était familier, d’une certaine manière, je retrouvais ce que l’étude m’a appris, à savoir que le judaïsme est irrémédiablement du côté de la vie : ‟Tu choisiras la vie” (Deutéronome 30, 19), telle est l’injonction fondamentale du judaïsme. En écoutant ces témoignages, je songeais que la Torah devrait être étudiée par tous, par les Juifs (trop nombreux à la délaisser) mais aussi par les non-Juifs. L’exercice mental et spirituel que suppose une telle étude serait bénéfique à l’homme.

 

J’ai apprécié que le chef de l’État, François Hollande, se soit déplacé et ait affirmé que la sécurité des Juifs et la lutte contre l’antisémitisme étaient ‟une cause nationale.” J’espère que ce ne sont pas des paroles en l’air, comme trop de paroles aujourd’hui. Mais je suis surtout reconnaissant à François Hollande d’avoir enfin osé prononcer le mot antisémitisme — un juste diagnostic — et d’en avoir reconnu la gravité, aujourd’hui, en France. Il ne pouvait hélas pas déclarer officiellement que la présence d’une forte communauté musulmane abritant des éléments criminels y était pour beaucoup.

 

François Hollande pour lequel je n’ai pas voté m’a favorablement impressionné en cette occasion. J’ai été heureux de le voir en compagnie de Benyamin Netanyahou. J’espère que cette rencontre aura des conséquences durables et que, par exemple, on réfléchira au moins à deux fois  sur le fonds d’investissement que le Qatar veut créer en France pour les quartiers défavorisés. François Hollande saura-t-il partager l’inquiétude de Richard Prasquier qui déclarait, il y a peu, que le danger de prosélytisme devait être pris en compte et qu’il ne fallait pas ‟que nous laissions des problèmes aussi importants, aussi urgents, aussi graves pour l’avenir de notre société être contrôlés par un État qui, quels que soient les services qu’il a rendus à la société française, est un État de type wahhabite.” Richard Prasquier ajoutait que l’imam le plus important du Quatar était un homme qui avait approuvé les attentats-suicides…

(à suivre) 

 

 

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4 Responses to Antisionisme et antisémitisme 1/2

  1. Macina says:

    Remarquable, mon Cher Olivier!
    J’attends la suite avec impatience.
    Amical souvenir.

    Menahem

  2. allegra says:

    Bonjour Olivier
    J’ai lu le 1 et le 2, mais je ne vois pas où poster les commentaires à la suite du 2. Vous connaissez mes préoccupations et ma colère face à ce que j’appelle l’antisionosémitisme.
    Excellente analyse Je suis en tous points d’accord avec vous. Je suis occupée à lire Joseph Anton, le livre de mémoires de Rushdie. On y voit comment une partie du monde politique et de l’opinion s’agenouille devant les islamistes, et même l’islam. Rushdie lance une alerte et écrit à plusieurs reprises que cette fatwa n’était pas l’avertissement de ce qui attendait seulement Rushdie, mais l’avertissement, le premier oiseau annonciateur des autres, « le premier merle qui semblait unique, particulier, spécifique » le prologue de cette guerre bien réelle entre ceux qui croient à la sacralité d’un livre et au jihad, et ceux qui n’y croient pas et se sentent libres de dire que le coran est un livre écrit de la main des hommes. Voir mon dernier billet où je rrends notamment compte d’un épisode qui m’a bouleversée et marquée, celui où Rushdie ” s’est arraché la langue de sa propre bouche.”
    http://lavissauve3.blogs.nouvelobs.com/archive/2012/11/03/la-fatwa-etait-le-premier-oiseau.html

  3. Hanna says:

    Excellent comme toujours! Vos articles mériteraient une diffusion bien plus importante.
    A bientôt sur le net.

  4. ABEL says:

    Olivier,
    J’ai eu un grand plaisir à lire votre article, vraiment remarquable ! Un peu tard, certes, car je suis pris par mon site dont je vous parlerai dans un prochain mail !
    A bientôt, en espérant avoir le plaisir de lire la deuxième tranche bientôt !
    A. (de Netanya) mais je pense que vous m’avez reconnu !

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