Des « Je me souviens » grecs

A ma mère

‟From souvenirs to more souvenirs I live”, d’une chanson de Demis Roussos

 

Je me souviens de l’entrée de la Grèce dans l’Union européenne ; c’était en 1981. Je me souviens d’Athènes, capitale culturelle de l’Europe ; c’était en 1985.

Je me souviens qu’au cours des offices en la cathédrale catholique d’Athènes, Saint Denis l’Aréopagite, j’étais pris par la rêverie devant le marbre de Tinos des colonnes monolithiques qui bordent la nef, un marbre vert serpentineux au fond vert pâle avec des taches d’un vert parfois presque noir mélangées à des taches laiteuses. Je me souvenais alors de tempêtes en Bretagne, d’une eau marbrée par le choc contre les rochers…

Je me souviens de la librairie grecque de Paris, une toute petite librairie bleue, 14 rue Vadamme, au pied de la Tour Maine-Montparnasse, du côté de la rue de la Gaîté. Je me souviens que mon premier achat y fut ‟La France devant l’hellénisme”, une étude d’André Mirambel.

Je me souviens de mon plaisir à emprunter l’ilektrikos, qui reliait Athènes au Pirée — la mer ! Je me souviens que ce plaisir tenait aussi au fait que, tout au long du trajet, mon œil débusquait des vestiges des Longs Murs de Thémistocle dans un paysage fortement urbanisé.

 Les fortifications de Thémistocle avec les Longs Murs entre Athènes et Le Pirée

 

Je me souviens de promenades, à la nuit tombante, sur la colline des Nymphes et la collines des Muses d’où je regardais le soleil se coucher sur Éleusis.

Je me souviens que, selon la légende, le Lycabette est un rocher qu’aurait laissé tomber la déesse Athéna qui s’était mis en tête de le placer sur l’Acropole après l’avoir arraché au Pentélique.

Je me souviens de nuits d’étés passées à déambuler dans Athènes, le corps en sueur, les narines dilatées. Je me souviens des odeurs et des parfums d’Athènes, celui du jasmin dans les banlieues et celui de la pistache dans le centre, à Monastiraki et aux abord du marché central, un parfum aussi discret que pénétrant, le parfum d’Égine, l’île aux pistaches.

Je me souviens du mal que j’eus à dire le mot Aréopage. On aurait pu croire à de la dyslexie mais le mot Aéroport déteignait en quelque sorte. Je mis fin à cette difficulté lorsque j’appris que l’Aréopage était la colline d’Arès, le dieu de la guerre — Ἄρειος πάγος

Je me souviens de mon plaisir à détailler de vieilles photographies d’Athènes, à pouvoir comparer l’état des lieux et à prendre la mesure du changement. Par exemple, je me souviens d’une photographie qui montrait la rampe d’accès de l’Acropole avec la Tour franque (détruite en 1874) ou de cette autre photographie qui montrait l’agora avant les expropriations et les démolitions menées au début des années 1930 par l’American School of Classical Studies at Athens.

 La Tour franque et les Propylées, Athènes.

 

Je me souviens d’un voisin passionné par Georges Guétary. Le nom de ce chanteur de variétés et d’opérettes traîna donc dans ma mémoire d’enfant sans que je puisse le rattacher à grand chose. Je me souviens que lorsque j’appris l’existence du village de Guéthary sur la côte basque, je crus tout naturellement que le chanteur était basque. Ce n’est que bien des années plus tard que j’appris qu’il était… grec.

Je me souviens d’heures passées à parler de tout et de rien, avec sur la table μεζές για ούζο.

 Un excellent ouzo (de Méthylène) avec une étiquette charmante

 

Je me souviens que le pire ennemi de Tintin est Roberto Rastapoloulos, un milliardaire Américain d’origine grecque qui s’adonne à d’affreux trafics comme celui d’esclaves dans ‟Coke en stock”.

Je me souviens que le concepteur de cette charmante voiture, la Morris Mini Minor de British Motor Corporation s’appelait Alec Issigonis.

Je me souviens de la forte impression que me laissa la lecture de ‟Paris-Athènes” de Vassili Alexakis, un homme entre deux cultures. Peu d’autobiographies m’ont si fortement pris dans leur ambiance.

Je me souviens de la librairie de Jean-Gilles Malliarakis où se retrouvait le gratin de l’extrême-droite, rue de l’Abbé-Grégoire. Je me souviens que son père dont le nom d’artiste était ‟Mayo” avait conçu de nombreux costumes pour le théâtre et le cinéma.

Je me souviens d’Andréa Papandréou et de Dimitra, l’hôtesse de l’air, Mimi pour les intimes. Pour ceux qui veulent se rafraîchir la mémoire et rire, cet article publié dans ‟Paris Match” :

http://www.parismatch.com/People-Match/Politique/Actu/Andras-Papandrou-et-l-hotesse-de-l-air-316631/

Je me souviens de mon plaisir lorsque je dégotais chez un bouquiniste un livre de Jean Moréas, Ioánnis A. Papadiamantópoulos de son vrai nom. Je me souviens de mon plaisir lorsque je découvris dans le Jardin National d’Athènes le buste du poète par Bourdelle.

Je me souviens des yeux de Mélina Mercouri et du profil d’Irène Papas, si grec, si antique, un profil dorique !

Irène Papas dans ‟Électre” (1962) de Michael Kakoyannis

 

Je me souviens que la dénomination Bataillon sacré (ἱερὸς λόχος) se retrouve tout au long de l’histoire, de Thèbes à la Deuxième Guerre mondiale, avec ce bataillon constitué en 1942 par des officiers grecs d’Alexandrie qui, l’année suivante, se mettront aux ordres de la Force L du général Leclerc.

Je me souviens qu’André Chénier, le poète assassiné par la Révolution française, et Antonin Artaud ont un point commun : une mère grecque. Je me souviens qu’Agnès Varda et Georges Haldas ont un point commun : un père grec.

Je me souviens d’avoir lu à Athènes ‟Un homme” de la grande Oriana Fallaci. Je me qu’elle y narre son amour pour Alexos Panagoulis qui, en août 1968, organisa un attentat contre le chef de la junte des colonels, Georgios Papadopoulos.

Je me souviens de baignades à Asini, en Épire, dans la baie de Navarin (cette baie dont les eaux furent rougies par les sang de milliers d’Ottomans), dans les Cyclades… Je me souviens de tant de baignades grecques !

Je me souviens de ‟Z” de Costa-Gavras, plus particulièrement de Jean-Louis Trintignant dans le rôle du magistrat.

Je me souviens que lorsque j’étais enfant, ma mère me fit asseoir à côté d’elle pour me commenter des images de Tanagra, dans une revue. Elle aimait particulièrement ces petites sculptures béotiennes en argile au point qu’aujourd’hui je ne puis voir l’une d’elles ou simplement lire le mot Tanagra sans penser à elle.

Je me souviens de Theophilos. Il reste dans ma mémoire l’une des plus belles découvertes de mes séjours grecs ; un homme dont je ne savais rien, dont j’ignorais jusqu’au nom et qui me fut révélé au Musée Benaki.

 Une œuvre de Théophilos (1870 ?- 1934)

 

Je me souviens de mon plaisir lorsque j’appris que derrière ‟Vangelis” se cachait un artiste grec. De fait, j’avais depuis l’adolescence une passion pour certaines de ses créations, son rapport de la musique à l’image comme dans la opening scene de ‟Chariots of Fire”. Cette puissance sonore qui confirme une amplitude scénique est comparable à celle d’Ennio Moricone pour les films de Sergio Leone. Ci-joint la musique de ‟Titans”, hommage d’un Grec à un autre Grec qui fut le plus grand chef de guerre et civilisateur de l’Occident. Ci-joint, deux séquences de la bataille de Gaugamèles extraites du film d’Oliver Stone (2004) :

http://www.youtube.com/watch?v=WY46l51kA_8

http://www.youtube.com/watch?v=EJgrzJlHXT4

Je me souviens quand nous fredonnions tous : ‟Avec ma gueule de métèque / De Juif errant, de pâtre grec / Et mes cheveux aux quatre vents / Avec mes yeux tout délavés / Qui me donnent l’air de rêver / Moi qui ne rêve plus souvent…”

Je me souviens que les funérailles de La Callas eurent lieu en l’église orthodoxe grecque de la rue Georges Bizet, à Paris, celles d’Edith Piaf également car elle s’était mariée à un Grec orthodoxe, Théo Sarapo.

Je me souviens qu’il y avait chez ma grand-tante des numéros de la revue ‟Minautore” dont le Grec Tériade fut l’un des principaux collaborateurs.

Je me souviens d’Aristote Onassis et de Jaqueline Kennedy.

Je me souviens du bleu de la NΔ, du vert du ΠΑ.ΣΟ.Κ et du rouge du KKE, une véritable guerre de couleurs, notamment sur les routes.

Je me souviens très confusément des violences entre la communauté grecque et la communauté turque à Chypre, en 1963. Je me souviens de photographies de ‟Paris Match” qui montraient des cadavres turcs dans une rue — de Nicosie ? —, des Turcs tués par l’EOKA au cours de la ‟Semaine noire”. Je me souviens de propos peu aimables, en famille, à l’égard des Turcs. Je me souviens confusément de l’intransigeance de Mgr Makarios ; mais ce n’est que bien des années plus tard que j’appris en quoi elle consistait.

Je me souviens du Magne et de Patrick Leigh Fermor.

Un village dans le Magne (Mani)

 

Je me souviens des ‟Cahiers d’art” de Christian Zervos.

Je me souviens d’Anthony Quinn dans le rôle de Zorba le Grec et de sa manière inimitable de prononcer : ‟Bouboulina”. Je me souviens d’Anthony Quinn dans ‟Les canons de Navarone” inspiré du roman d’Alister MacLean dont le scénario se déroule dans les Cyclades.

Je me souviens qu’un oncle, fin juriste, avait donné à sa chienne le nom de la déesse de la justice, Thémis.

Je me souviens du μπρίκ, une cassolette, et du φλιτζανάκι, une petite tasse à l’anse pleine. Je me souviens du eλληνικό, le café grec ; il nous fallait préciser au garçon, pour le sucre : σκέτο, μετριο ou γλυκό. Je me souviens du καφές φραπέ ou, plus simplement, du φραπέ. Ces simples mots suffisent à me redire tout Athènes.

Je me souviens du collectionneur Alexandre Iolas :

http://www.universalis.fr/encyclopedie/alexandre-iolas/

Je me souviens que les cierges étaient en cire pure. Dans les églises et les chapelles de Grèce, je ne manquais jamais d’en triturer afin d’en exalter le parfum ; comme celui de l’encens, il me donnait un léger vertige.

Je me souviens que la première victoire des Alliés contre l’Axe revint à l’armée grecque qui, bien que très inférieure en nombre et en armement, repoussa les troupes de Mussolini loin à l’intérieur des frontières albanaises.

Je me souviens des maisons de Chios, blanches et ornées de frises aux figures géométriques noires obtenues par grattage, la technique du sgraffito.

Une façade de Chios

 

Je le souviens de la μαστίχα de Chios, un produit moins connu que le miel ou le sirop d’érable mais qui lui aussi laisse penser que Dieu existe :

http://www.amb-grece.fr/grece/mastic.htm

Je me souviens du café NEON, sur la place Omonia. Je revois son décor néo-classique et ses très hauts plafonds ; j’aurais aimé les abaisser au cours de l’hiver 1986-1987 qui vit Athènes sous la neige.

Je me souviens de mon plaisir à écouter des musiques de Mikis Theodorakis, ses musiques de films en particulier, et de mon déplaisir à entendre ses propos sur les Juifs et le sionisme.

Je me souviens que le roi Othon 1er était tellement entiché de la Grèce que, même en exil, il continuait à porter la fustanelle.

Othon 1er, roi de Grèce de 1833 à 1862, peu avant sa mort en 1865.

 

Je me souviens des beaux sols du Dodécanèse faits de galets noirs et blancs disposés sur chant, le krokalia. Je retrouverai cette technique à Cordoue avec le chino cordobés.

Je me souviens du kamakiharpon en grec — à la terrasse des cafés. Vêtu d’un simple short et chaussé de claquettes (des Nike en caoutchouc le plus souvent), il commandait un frappé et fumait des blondes, Winston ou Marlboro. Une chemise à moitié boutonnée laissait entrevoir sa virilité. Parlant un anglais des plus rudimentaires, le kamaki chassait la touriste, la blonde de préférence, en se proposant comme guide. Il rêvait surtout de séjours chez la princesse et à ses frais. Il n’empêche que la partie de chasse — de pêche plus exactement — était assez souvent fructueuse : on retrouvait les couples, à la nuit tombée, dans les tavernes de Plaka. Des mariages s’en sont même suivis.

Je me souviens de poses nonchalantes comme nulle part ailleurs : un commerçant dormant la tête sur le comptoir et qu’il me fallut réveiller ou un vendeur de billets de loterie dormant les pieds sur le guichet. Les poses de la nonchalance grecque m’agaçaient, elles me subjuguaient aussi. Je me souviens de Grecs dont l’activité principale était le κομπολόι (komboloï). Il est vrai que certains de ces très nombreux nonchalants étaient capables d’une stupéfiante vivacité lorsqu’il s’agissait de manier la tapette à mouches…

Je me souviens que la femme de mon dentiste s’appelait Xanthippe — le prénom de la femme de Socrate, véritable virago qui, dit-on, vida un pot de chambre sur la tête du philosophe. Mais cette Xanthippe n’avait rien d’une virago ; et je puis dire sans forcer la note qu’elle était aussi belle que cette koré visible au Musée de l’Acropole.

 L’une des korés de l’Acropole, à mon goût la plus belles de toutes.

 

Je me souviens d’un boulanger du nom d’Agamemnon et, dans la même rue, d’une vendeuse de chaussures du nom de Clytemnestre.

Je me souviens de Jacques Stroumsa, Juif de Salonique, et de sa femme, Laura, Juive d’Athènes, tous deux rescapés de la Shoah.

Je me souviens qu’Athéna devint protectrice d’Athènes à la suite d’un concours avec Poséidon. La déesse fit pousser un olivier et le dieu fit jaillir une source d’eau salée. Cécrops, l’arbitre, jugea l’olivier plus utile.

Je me souviens de Yannis Tsarouchis, un peintre très peu connu à l’étranger mais qui, en Grèce, était considéré comme le plus grand peintre de son pays :

http://www.lesdiagonalesdutemps.com/article-le-monde-hellenique-de-yannis-tsarouchis-104586825.html

Je me souviens que les chauffeurs de taxis d’Athènes étaient renfrognés et roublards, toujours prêts à hausser le ton. J’en ai pourtant connu un assez différent de ses collègues. Son taxi ne sentait pas bon, il mettait du sirtaki à fond sans vous demander votre avis, il mangeait des souvlakis et battait la mesure sur son volant. Il conduisant certes un peu dangereusement mais j’aimais sa bonne humeur et sa vitalité.

Je me souviens de nuits tièdes passées sur le pont de grands navires blancs… en route vers les îles ! Je me souviens d’embarquements au Pirée avec des panneaux partout couverts de cette écriture grecque qui exerce sur mon œil une séduction immédiate.

Je me souviens qu’avant tout voyage en Grèce on vous recommandait ‟The Colossus of Maroussi” de Henry Miller. Je l’ai emporté lors de mon premier voyage en Hellade et je ne puis cacher qu’il m’a ennuyé, contrairement à d’autres livres de cet auteur.

Je me souviens des lunettes de Nana Mouskouri.

Je me souviens d’un antiquaire de Plaka qui faisait commerce de casques de parachutistes allemands. Il les avait alignés sur des étagères, plus d’une centaine, deux cents peut-être, certains troués ou déchiquetés. A ce propos, je me souviens d’un monument entre La Canée et Malème érigé en souvenir des parachutistes allemands de l’Opération Merkur, un monument étrangement intact, surmonté d’un aigle posé sur un svastika dont on avait toutefois pris soin de noyer les branches dans du ciment.

 La Crète fut appelée le ‟tombeau des paras allemands”

 

Je me souviens qu’enfant l’expression ‟aller se faire voir chez les Grecs” me demeura longtemps mystérieuse. ‟Aller se faire voir” ? et pourquoi ‟chez les Grecs” ?

Je me souviens de ‟On the Greek Side of My Mind” de Demis Roussos.

Je me souviens de parties de tavli très bruyantes, d’autres plutôt calmes. Mais je sursautais moins qu’aujourd’hui dans les cafés d’Espagne, lorsque les jubilados font claquer les dominos sur le formica.

Je me souviens d’avoir étudié avec passion Iannis Xenakis : ses mises en rapport des sons et des formes, de la musique et de l’architecture.

http://www.iannis-xenakis.org/fxe/archi/archi.html

Je me souviens d’avoir été quelque peu inquiet lorsque la Grèce intégra l’Union européenne, le 1er janvier 1981. Je me souviens que le président de la République française d’alors, Valéry Giscard d’Estaing, avait lâché : ‟On ne ferme pas la porte à Platon…” Une remarque sympathique. Le peuple grec est certes doté de grandes qualités qui se sont manifestées tout au long de son histoire et j’ai pu éprouver au quotidien leurs qualités humaines. Et la Grèce, c’est aussi ma mère ; je ne m’aviserai donc pas de médire. Mais lorsque la Grèce devint le dixième membre de la CEE, j’avoue m’être dit que toute l’Europe allait se mettre à swinguer. Je connaissais un peu les Grecs, ce peuple entre Orient et Occident, entre Europe et Asie, entre un passé d’une extraordinaire richesse, d’une complexité à donner le vertige, et un étrange présent. Je me souviens avoir parlé de trafic comptable et c’est exactement ce qui est arrivé. Tout ce que l’Europe stupéfiée découvre avec la Grèce m’est familier.

Je me souviens que des milliers de soldats et officiers italiens de la Division ‟Acqui” furent massacrés par les Allemands, en septembre 1943, sur l’île de Céphalonie.

Je me souviens que lors de mon premier voyage en Crète, je me rendis le cœur battant au monastère d’Arkadi. Je me souvenais de la révolte de 1866, de l’assaut turc, de la bravoure des Grecs qui se sacrifièrent en se faisant sauter avec des barils de poudre, entraînant avec eux un grand nombre d’assaillants dans la mort. Je me souviens des traces de balles et d’épées dans le bois des tables et des chaises du réfectoire, le lieu des derniers combats.

Le monastère d’Arkadi, haut lieu de la résistance crétoise.

 

Je me souviens du néfos. Je me souviens que pour lutter contre cette pollution particulièrement lourde (Athènes était dans les années 1980 l’une des métropoles les plus polluées du monde), on eut l’idée de limiter la circulation en supprimant la sieste, ce qui provoqua un tollé et obligea les autorités à faire marche arrière. A ce propos, je me souviens que le parc automobile athénien était l’un des plus vétustes d’Europe. On trouvait presque tous les modèles des années 1950 aux années 1980, parfois même des années 1940 : les Allemands avaient abandonné un matériel considérable au cours de leur retraite. Je me souviens pas exemple d’une Kübelwagen et du side-car BMW R12 avec lequel mon voisin se rendait au bureau.

Je me souviens qu’ils allèrent chercher les Juifs jusque dans la lointaine île de Rhodes pour les déporter vers Auschwitz.

Je me souviens de la saveur de tant de mots grecs, des mots qui conservent une forte saveur antique et qui nous font archéologues. Je me souviens de ce mot délicieux : Περίπτερος. Il désigne non seulement un temple entouré d’un portique à colonnes mais aussi un kiosque entouré de stores et encombré de marchandises. Ci-joint, un lien très complet (en anglais) :

http://www.slab-mag.com/2009/05/30/1224/

Je me souviens de mon plaisir à retrouver Nauplie la verdoyante, après des visites dans une Argolide ocre, brûlée par le soleil. Argos, Mycènes, Tyrinthe…

Je me souviens du verre d’eau fraîche offert partout en Grèce. Je me souviens que Henry Miller insiste sur l’importance du mot νερο (prononcer nero), un mot à retenir absolument nous dit-il dans ‟The Colossus of Maroussi”.

Je me souviens… Μιμνῃσκομαι…

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