L’affaire Mohamed al-Durah, encore.

 

Tout le monde connaît la vidéo de Richard Landes, Pallywood. Je la mets en lien, à tout hasard (durée environ 14 mn) :

http://www.youtube.com/watch?v=3geiT77mlY4

 

Je ne vais pas expliquer ici pourquoi je tiens la version présentée par France 2, le 30 septembre 2000, pour une imposture et pourquoi je soutiens l’action de Philippe Karsenty qui a accusé ladite chaîne télévisée ‟d’imposture médiatique”. Je précise simplement que lorsque je me suis avisé de remettre en question la version de l’affaire al-Durah très complaisamment véhiculée par les médias, en signalant notamment mon soutien à Philippe Karsenty, j’ai été censuré par diverses modérations. Motif : diffamation. Je le signale non dans le but de faire passer mon intéressante personne pour une victime mais pour rendre sensible un certain état d’esprit qui sévit dans les médias français, pour ne citer qu’eux.

 

 

Tout le monde connaît le témoignage du Dr Yéhuda David, chirurgien israélien d’origine française, qui a opéré le père de Mohamed al-Durah, Jamal, plusieurs années avant le reportage diffusé par France 2. Dans l’interview accordée à Clément Weill-Raynal pour ‟Actualité Juive”, ce chirurgien précise que les traces de blessures que porte Jamal al-Durah sont antérieures à la fusillade de Netsarim puisque c’est lui-même qui, en 1994 à l’hôpital Tel-Hashomer, avait soigné la blessure à la main droite de Jamal al-Durah, une blessure infligée par des membres du Hamas qui l’accusaient de collaborer avec Israël. Suite à une plainte en diffamation déposée par Jamal al-Durah, Yéhuda David et Clément Weill-Raynal ont été condamnés en 2011 par le Tribunal correctionnel de Paris… avant d’être relaxés par la Cour d’appel de Paris.

 

C’est cette blessure que Jamal al-Durah a exhibée devant les caméras du monde entier, en 2004, en prétendant qu’elle lui avait été infligée par des tirs israéliens, à Netsarim, en 2000. Le Dr Yéhuda David fait cette remarque : ‟Jamal al-Durah dit avoir été blessé par douze balles. Avez-vous vu une seule petite tache de sang sur sa chemise blanche ? Je suis chirurgien militaire et j’exerce ma profession dans le plus grand hôpital d’Israël. J’ai opéré un grand nombre de blessés et je peux affirmer qu’un homme qui reçoit dans l’aine une balle qui lui déchire la veine et l’artère fémorales se vide de son sang en une minute ! (…) Mes confrères experts en la matière ont approuvé mon analyse. Le professeur Stéphane Romano a rédigé une expertise en notre faveur après avoir vu le dossier.”

 

Ci-joint, un lien à écouter attentivement (durée environ 5 mn), un exposé très précis du professeur Stéphane Romano  :

http://www.youtube.com/watch?v=SkUBqDnyi-A

 

J’ai particulièrement apprécié la conclusion de l’article de Marc Reisinger, ‟Les silences d’Enderlin” : ‟Charles Enderlin a-t-il raison parce que la majorité le croit ? Rappelons qu’au départ, seules quelques personnes croyaient à l’innocence de Dreyfus. Le rapprochement n’a rien d’abusif, car si le reportage d’Enderlin est un bidouillage, il aura peut-être fait autant de tort aux Juifs que le faux de l’affaire Dreyfus. Mais comment oser une telle comparaison, alors qu’Enderlin est juif, israélien et soutenu par une partie de l’opinion juive ? Étrange, mais n’oublions pas qu’il y eut des Juifs anti-dreyfusards. Certains étaient même journalistes, comme Arthur Meyer.” En lisant ces lignes, j’ai pensé à une autre affaire, moins dramatique mais lamentable, avec Sara Daniel comme actrice principale, une Juive, fille de Jean Daniel, qui avait mis en cause l’armée et le peuple d’Israël en les accusant de vouloir faire assassiner les femmes palestiniennes en les violant ? Vous vous souvenez ? Vous vous souvenez des arguments lamentables du père ? A pleurer. Ci-joint, un lien de Jean Tsadik de Metula News Agency :

http://harissa.com/D_forum/Judaisme/affairesaradaniel.htm

 

J’ai pu constater tant chez les Juifs de la diaspora que d’Israël le désarroi suscité par l’affaire al-Durah, un désarroi qui se décline de bien des façons. Et je vais ajouter une remarque à l’attention de ceux pour qui Israël est coupable de la mort de cet enfant. J’espère qu’ils entrevoient dans leur aveuglement combien cette affaire fait souffrir les Juifs et Israël, non parce que leur image de marque souffre (a priori ils savent qu’ils ne sont guère aimés, et je fais usage de la litote) mais parce que la mort d’un être humain, plus particulièrement celle d’un enfant, ne peut réjouir un Juif. Côté palestinien, plus généralement côté arabe, la mort d’un enfant juif — d’un enfant juif d’Israël plus précisément — est toujours considérée comme une petite victoire, un coup porté à l’État d’Israël. Une telle affirmation est massive, je le sais : il arrive que des Arabes souffrent de voir un enfant juif tué ou blessé, et je pense tout particulièrement à la grande Wafa Sultan, mais ils sont trop peu nombreux et ils ne bénéficient pas, chez nous, d’un soutien résolu.

 

Un mot encore. J’apprécie la diversité juive, son sens aigu de la critique, de l’auto-critique, et la rigueur de sa morale. Mais les Juifs, tant d’Israël que de la diaspora (et je ne leur apprends rien) doivent garder à l’esprit que la dénonciation plus ou moins sournoise de l’État d’Israël telle que la pratiquent les Nouveaux Historiens israéliens (pour ne citer qu’eux) sont du crack pour les foules non juives. Un dénonciateur radical juif de l’État d’Israël fait plus de mal au pays que le Hamas et le Hezbollah réunis, je n’exagère rien. C’est pourquoi j’en sais gré à Benny Morris de s’être repris…

 

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