Quelques notes retrouvées – 2/3

 

Ready made. Marcel Duchamp. Le premier de ses ready made, une roue de bicyclette (1913). Parmi ses « Ready made aidés » (ou rectifiés) les plus reproduits, ce portrait de La Joconde avec moustache et barbiche intitulé « L.H.O.O.Q. » (1919).

Rayographie, un procédé mis au point par Marcel Duchamp (en 1921), avec radiographies réalisées en posant directement des objets divers sur le film ou le papier à impressionner. A ce sujet voir les Schadographies, des photogrammes réalisés par Christian Schad à partir de 1917, soit disposer des arrangements (de choses trouvées ici et là, par hasard) sur une surface sensible (plaque ou papier) puis les exposer à la lumière qui peut être voilée ou diaphragmée. Voir les autres manipulations qui s’en suivent à l’occasion et que décrit Christian Schad.

Étudier l’œuvre de Marcel Janco dont la part la plus remarquable (à ma connaissance) est cette série de masques qu’il réalise au cours de sa période dada. Je ne connais presque  rien de sa période israélienne (1942 à sa mort, en 1984). Me renseigner.

Il y a peu, en lisant un poème dada de Hans Arp, une confusion m’a empêché de trouver le sommeil. Dans ce rêve, je lisais e-mail mais, à ce que je sache, l’e-mail n’existait pas en 1920, même chez les dadaïstes et les surréalistes… Je me suis donc levé et j’ai cherché le poème à l’origine de cette confusion ; j’ai compris que j’avais lu e-mail au lieu de émail ; et j’ai enfin pu trouver le sommeil.

La prolifération de Die Schwitters Saüle (deviendra Der Merzbau), un assemblage qui grandit tant que Kurt Schwitter, propriétaire d’une maison à Hanover et qui n’en occupait qu’une partie, donna congé au locataire du dessus pour permettre la croissance de la chose en pratiquant une ouverture dans le plafond. Der Merzbau lança alors des excroissances, gagnant jusqu’aux lucarnes du toit. Lire le compte-rendu que fit Hans Richter de sa visite chez Kurt Schwitter — peut-être en rajouta-t-il pour faire sourire le lecteur. Kurt Schwitter partit pour la Norvège en 1937 pour ne plus revenir. En 1943, sa maison et Der Merzbau seront écrasés sous les bombes.

 

Kurt Schwitter, « Der Merzbau » (détail)

 

J’ai lu « Sagesses barbares – Les limites de l’hellénisation » il y a une dizaine d’années ; et j’ai si souvent repensé à cette lecture que je m’y suis replongé et me suis décidé à en faire une présentation partielle, soit la quatrième partie (trois chapitres) et la sixième partie (cinq chapitres). Le livre se divise en six parties respectivement intitulées : « Les Grecs et leurs voisins dans le monde hellénistique », « Polybe et Poséidonios », « Les Gaulois et les Grecs », « La découverte hellénistique du judaïsme », « Grecs, Juifs et Romains d’Antiochos III à Pompée », « Iraniens et Grecs ».

Cet ouvrage a d’abord été publié en anglais sous le titre « Alien Wisdom ». Ainsi que le précise son auteur, Arnaldo Momigliano, la matière de cette étude a été présentée au cours d’une série de Trevelyan Lectures, à l’université de Cambridge, en mai 1973, et reprise sous une forme nouvelle au cours des A. Flexner Lectures, à Bryn Mawr College, en février-mars 1974. Spécialiste de l’Antiquité greco-romaine et historien de la connaissance historique d’une immense stature, Arnaldo Momigliano a dédié cet ouvrage à sa mère assassinée par les nazis : Per mi madre presente sempre nel suo vigile amore.

En quatrième de couverture à l’édition française que j’ai entre les mains (Folio/histoire – Gallimard), on peut lire : « Étrange aventure : cinq civilisations se rencontrent à l’époque hellénistique — après la conquête d’Alexandre — au hasard de la constitution des royaumes ou des voyages des explorateurs : les Grecs, les Iraniens, les Romains, les Juifs, les Celtes. Tant que les Grecs demeurent maîtres du jeu, ils ignorent tout des « sagesses barbares ». Leur « ethnocentrisme », comme nous le disons aujourd’hui, est total. La seule exception est celle de l’ennemi politique de la Grèce, la Perse. S’ils s’intéressent cependant aux religions des Égyptiens et des Perses, c’est pour les transformer à leur façon. Tout commence à changer avec la conquête romaine. La sagesse grecque s’intéresse alors au monde barbare ; Polybe, otage, découvre Rome et s’efforce de décrire sa constitution dans le langage de la cité grecque. C’est alors que la traduction des Septante, conçue d’abord pour le seul usage culturel des Juifs hellénisés, commence son parcours méditerranéen et que les Juifs deviennent le peuple d’un livre grec. Sagesse barbares prend toutes les dimensions de cette invraisemblable aventure. »

 

Kafka Project FAQ’s, soit le official international search des papiers perdus de l’écrivain, confisqués par les Nazis à Dora Diamant, en 1933, à Berlin. Parmi ces documents volés, trente-cinq lettres datées de 1923-1924, adressées à Dora Diamant, et une vingtaine de carnets de notes. Lire avec une attention particulière « How will the Kafka Project find the papers ? » :

http://www.kafkaproject.com/faq.html

Quelle est la somme précise des écrits de Franz Kafka détruits (sur son insistance) par Dora Diamant ? Car elle n’a pas tout détruit ; elle aurait même plus épargné que détruit. Dora Diamant commence à mentir à Max Brod, son exécuteur testamentaire, en affirmant ne plus avoir aucun manuscrit de Franz Kafka en sa possession ; mais lorsque la Gestapo  fait une descente dans son appartement et emporte en vrac tous les papiers qui lui tombent sous la main, Dora Diamant est prise de remords et écrit à Max Brod pour lui avouer son mensonge et lui demander de l’aide dans l’espoir de retrouver les papiers de Franz Kafka. Juste après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, Max Brod et un jeune chercheur, Klaus Wagenbach, se lancent à leur recherche. Ils apprennent que ces papiers auraient été transférés en Silésie. Survient la Guerre Froide. En 1998, Kathi Diamant (auteur de « Kafka’s Last Love: The Mystery of Dora Diamant ») poursuit l’enquête. A cet effet, elle distribue en Silésie un texte d’alerte (traduit en tchèque, polonais, slovaque et allemand) à toutes les institutions susceptibles d’avoir des manuscrits de Franz Kafka dans leurs réserves, en espérant qu’un employé livre une piste. Kathi Diamant est la fondatrice et la directrice du Kafka Project, basé à San Diego State University.

Que Franz Kafka ait été sioniste semble déplaire à certains, parmi lesquels Judith Butler, Juive américaine, professeur à la University of California (Berkeley), qui se définit comme « Juive anti-sioniste ». Je me suis un peu intéressé à elle, suite à ses réflexions sur le procès relatif aux manuscrits de Franz Kafka. Je rejoins sa dénonciation de la marchandisation de ces manuscrits ; par ailleurs, je reconnais la richesse de la diaspora juive et son apport au monde sans pour autant me saisir de cette richesse dans le but de dénoncer le sionisme et de le présenter comme un enfermement face à « l’universel », comme une brisure dans l’universel. Je ne vois aucune pertinence dans l’opposition universalité / sionisme, Diaspora / Eretz Israël. Une question n’en demeure pas moins (je me la pose souvent) : peut-on souhaiter le retour de l’ensemble de la Diaposa en Israël ? La richesse du monde juif — et du monde — se souffrirait-elle pas de son effacement ? Par ailleurs, une autre question mérite d’être posée : l’effacement de la Diaspora ne risquerait-elle pas d’affaiblir Israël ? Autrement dit, la Diaspora ne contribue-t-elle pas elle aussi à la force et à la permanence d’Israël ?

 

Albert Göring, frère de Hermann Göring. Matthias Göring, petit-neveu de Hermann Göring. Heinz Siegfried Heydrich, frère de Reinhard Heydrich. Katrin Himmler, petite-fille de Ernst Himmler, le jeune frère de Heinrich Himmler. Martin Bormann junior… Ces hommes et cette femme ont en commun d’être de proches parents de hauts responsables nazis et d’avoir effectué chacun à leur manière un rachat — je ne sais à quel autre mot faire appel. Ce n’est que très récemment que j’ai découvert l’existence de Martin Bormann junior. Il ne s’est pas dirigé vers le judaïsme comme Matthias Göring mais vers le christianisme, en réaction contre les idées de son père. Les idées de son père ? Martin Bormann était profondément anti-chrétien et désirait lutter contre l’Église par tous les moyens. Il poussa Hitler à pendre Mgr August von Galen après que ce dernier ait protesté publiquement contre le régime au cours de sermons, ce que Hitler refusa dans la crainte d’en faire un martyr. Mais des zones d’ombre subsistent dans la vie de Martin Bormann junior et elles s’épaississent à mesure que je l’étudie.

 

A lire : « Être chrétien en Israël », un article mis en ligne par le CRIF, un article écrit spécialement à l’attention des promoteurs et des suiveurs du BDS (Boycott  Désinvestissement Sanctions) :

http://www.crif.org/fr/revuedepresse/etre-chrétien-en-israël/60183

  Olivier Ypsilantis

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