Ygal Allon, un grand sioniste.

 

Ygal Allon naît en Galilée en 1918. Il fréquente une école d’agriculture avant de s’enrôler dès l’âge de quatorze ans dans la Haganah. Puis il confonde en 1937 le kibboutz Guinossar, sur la rive occidentale du lac de Tibériade. En 1941-1942, il sert chez les Britanniques au Levant (Syrie et Liban) contre les troupes françaises restées fidèles à Vichy. Il participe à la création du Palmah qu’il commande de 1945 à 1948. C’est ainsi qu’il va avoir un rôle très actif au cours de la Guerre d’Indépendance (1948-1949) où il remporte plusieurs succès déterminants contre la coalition arabe, à Lod, à Safed, dans le corridor de Jérusalem, à Beersheva, à Eilat et dans la péninsule du Sinaï. David Ben Gourion le freine et lui ordonne de ne pas prendre El-Arish (sur la côte nord-ouest du Sinaï) et, surtout, de ne pas attaquer la Cisjordanie, le gouvernement israélien ayant passé un accord secret avec Abdallah 1er, roi de Jordanie, accord selon lequel la Cisjordanie restait à la Transjordanie.

 

Ygal Allon (1918-1980)

 

Ygal Allon quitte Tsahal en 1950 pour se consacrer à son kibboutz et à sa carrière politique. Élu député en 1955, il obtient à plusieurs reprises des portefeuilles ministériels dans les gouvernements Eshkol et Meir, mais jamais celui de la Défense. On se méfie de son tempérament et de son caractère indépendant qui lui avaient déjà coûté le commandement de l’état-major en 1949. En 1978, bien que fermement de gauche, il refuse de voter en faveur du plan de paix de Camp David selon lequel Israël doit abandonner la totalité du Sinaï. Il aimerait conserver le saillant de Rafah (à l’est de la bande de Gaza), la pointe de Sharm el-Sheikh (à l’extrême sud de la péninsule du Sinaï) et quelques bases militaires proches de la frontière israélienne.

Ygal Allon est essentiellement connu pour son plan, le Plan Allon que je vais exposer dans ses grandes lignes. Ygal Allon reste l’un des meilleurs stratèges israéliens. Mais, une fois encore, son caractère peu conciliant et son audace ont provoqué une certaine inquiétude dans les hautes sphères tant politiques que militaires d’Israël, ce qui explique qu’il n’ait pas accédé aux plus hautes responsabilités militaires et stratégiques.

En 1968, peu après la guerre des Six Jours, il présente un plan, le Plan Allon, qui vise à un partage des territoires nouvellement conquis sur la base de deux paramètres : l’un géostratégique, l’autre démographique.

 

Carte du Plan Allon

 

Le paramètre géostratégique. Israël doit annexer des zones précises afin de se protéger. Les zones à annexer sont :

la vallée du Jourdain et la ligne de crête la dominant à l’ouest, ce qui permettrait de séparer la Cisjordanie de la Transjordanie et de faire barrage aux infiltrations de commandos terroristes mais aussi aux attaques d’unités de l’armée régulière, terrestres et dans une certaine mesure aériennes ;

les piémonts (bandes plus ou moins larges de plaines ou de collines localisées au pied d’un volume montagneux) cisjordaniens face à Tel-Aviv qui offrent un palier surplombant l’étroite vallée côtière du Sharon ;

le Goush Etzion et les environs de Latroun, situés en hauteur, qui protègent le corridor de Jérusalem ;

un grand Jérusalem-Est qui disjoint les quartiers arabes orientaux de la ville d’avec les villes de Cisjordanie ;

l’espace sud-cisjordanien désertique (Judée orientale), comprenant Kyriat Arba et le large couloir qui y mènerait à partir de la mer Morte, qui entoure les zones à forte densité arabe de la région d’Hébron ;

le saillant de Rafah dans le Sinaï qui circonscrit la bande de Gaza par l’ouest et la sépare de l’Égypte ;

Sharm el-Ckeikh qui contrôle le détroit de Tiran et donc l’accès maritime à Eilat ;

le plateau du Golan (jusqu’aux crêtes qui le limitent à l’est) qui protège la vallée israélienne de Hulé en Galilée et surplombe la plaine syrienne du Hauran menant à Damas.

Le paramètre démographique. Le Plan Allon colle à la doctrine de moindre inclusion arabe possible. Autrement dit, toutes les villes palestiniennes, de Djénine au nord à Gaza au sud (en passant par Naplouse, Tul Karem, Kalkilya, Ramallah, Bethléem et Hébron), sont exclues des zones susceptibles d’être annexées suivant le Plan Allon. Elles se situent comme pour les huit cent mille Palestiniens de Cisjordanie (la bande de Gaza ayant un statut lié à l’Égypte) dans l’espace censé devenir la fédération jordano-palestinienne.

Le Plan Allon n’a jamais séduit un gouvernement israélien et n’a jamais été accepté par un gouvernement arabe. Les Palestiniens l’ont systématiquement rejeté. Néanmoins, ses paramètres et certaines de ses propositions demeurent des référentiels pour nombre d’Israéliens, membres du gouvernement ou simples citoyens.

 

Ci-joint, un lien qui reprend les lignes principales du Plan Allon et son texte intégral relatif : au Sinaï, à la Rive occidentale, à Jérusalem, au Plateau du Golan :

http://www.monbalagan.com/47-chronologie-israel/4-de-l-independance-a-la-guerre-de-kippour/344-1967-juin-plan-allon.html

Olivier Ypsilantis

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