Notes en marge – 1/2

 

Des notes prises tout en travaillant à d’autres écrits, des traces de lectures, de souvenirs et de ces petites choses qui me passent par la tête comme malgré moi, notées à l’occasion dans les marges. Avant de brûler ces carnets et ces cahiers, après en avoir reconsidéré le contenu entre le clavier et l’écran, j’ai voulu m’attacher à ces notations dans les marges. J’en ai fait un tri sévère, j’ai reconsidéré et amplifié ce que j’en ai gardé en y adjoignant occasionnellement un lien Internet.

1 – En octobre 1934, les mineurs des Asturies se soulèvent et établissent une « Comuna asturiana » qui aura des répercussions au Pays basque et en Catalogne. Ce qui mit le feu aux poudres, l’entrée dans le gouvernement de la Segunda República Española de ministres la CEDA (Confederación Española de Derechas Autónomas) de José-María Gil-Robles.

Très brièvement, car il ne s’agit pas dans le présent article de faire un compte-rendu détaillé de ce que fut la « Comuna asturiana ». La bibliographie relative à ce sujet est immense et, par ailleurs, de nombreux documents sont consultables en ligne. Il s’agit plutôt de présenter le travail de trois journalistes de l’époque qui nous ont laissé des témoignages de grande valeur sur ces événements : Manuel Chaves Nogales, José Díaz Fernández et Josep Pla. Jordi Amat est l’auteur de « Manuel Chaves Nogales, José Díaz Fernández, Josep Pla – Tres periodistas en la Revolución de Asturias ». Manuel Chaves Nogales et Josep Pla sont alors des écrivains connus, José Díaz Fernández l’est beaucoup moins. Le présent livre réunit les chroniques de Manuel Chaves Nogales et de Josep Pla sur le sujet ainsi que le reportage de José Díaz Fernández intitulé « Octubre rojo en Asturias ».

2 – A méditer, ces mots d’André Siniavski : « La vie humaine ressemble à un service commandé. Elle est courte et pleine de responsabilités. Il ne faut pas compter y trouver une demeure définitive et s’y installer en propriétaire terrien. Mais elle ne nous permet pas non plus de vivre en bohème ou de gaspiller son temps en vacancier perpétuel. Des délais sont imposés, une certaine durée accordée. Et notre cas n’est pas unique. Nous ne sommes sur la terre ni invités ni maîtres, ni touristes ni indigènes. Nous sommes tous en service. »

3 – Le plus grand peintre chinois de dragons, Tch’en Jong (première moitié du XIIIe siècle), faisait usage, selon un contemporain, d’une technique plutôt originale. Il rapporte que lorsque Tch’en Jong était ivre, il poussait une sorte de rugissement puis se saisissait de son bonnet qu’il plongeait dans de l’encre pour esquisser un dessin qu’il affinait au pinceau. Sa suite Nine dragons (peinte en 1244 et visible au Museum of Fine Arts, Boston) aurait été réalisée de la sorte : les nuages avec son bonnet, les dragons au pinceau.

4 – Le massacre de la Division Acqui, à Céphalonie.

5 – André Siniavski : « Qui sait pourquoi l’homme semble avoir le monopole de l’ordure ? Dans la nature rien de pareil. Les animaux ne salissent guère s’ils ne sont pas enfermés dans une étable ou dans une cage, c’est-à-dire, encore une fois, par l’intervention de l’homme. Et quand ils salissent ce n’est pas répugnant, la nature se charge immédiatement de faire place nette, sans qu’ils aient à s’en soucier. Mais l’homme, lui, tout sa vie, du matin au soir, est obligé de nettoyer derrière lui. Parfois, c’est tellement accablant qu’on souhaiterait une prompte mort pour ne plus souiller ni se souiller. Suprême immondice, notre cadavre même qu’il faut enlever au plus vite. »

6 – Me procurer « Come, Tell Me How You Live » d’Agatha Christie Mallowan (voir Max Mallowan).

7 – Autre pensée impromptue d’André Siniavski, une pensée à laquelle je reviens souvent. Aujourd’hui, en marchant dans Lisbonne, elle ne m’a pas quitté et m’a fait beaucoup sourire : « Quand tout ce qui est secret se manifestera au grand jour, – mais vous entendez bien : tout ! – alors, là, on se trouvera dans un drôle de pétrin. »

8 – La classification des guerres telle que la propose Jack S. Levy : Great Power Wars / General Wars / Another Wars. Great Power Wars, soit des guerres entre États avec la participation directe d’une grande puissance d’un côté comme de l’autre, ce qui suppose un degré élevé de violence et des conséquences significatives sur le Système International. Au cours de la période 1495-1975, on compte soixante-quatre Great Power Wars sur les cent-dix-neuf guerres rapportées. « Relative human destructiveness is defined (…) as « intensity » and measured in battle deaths per million European population ». La plus meurtrière de ces guerres, et de loin, World War II (intensité 93 665) suivie par World War I (intensité 57 616). Les autres Great Power Wars qui au cours de cette même période dépassent l’intensité 10 000 : Thirty Years’ War (12 933), War of the Spanish Succession (12 490), Napoleonic Wars (16 112). Et Jack S. Levy répertorie neuf General Wars, toujours de 1495-1975, soit : Thirty Years’ War, Dutch War of Louis XIV, War of the League of Augsburg, War of the Spanish Succession, War of the Austrian Succession, Seven Years’ War, French Revolutionary and Napoleonic Wars, World War I, World War II. Le Ratio Power Involved (« … ratio of the number of participating Powers to the number of Powers in the system ») de ces neuf guerres est respectivement de 6/7, 6/7, 5/7, 5/6, 6/6, 6/6, 6/6, 8/8, 7/7.

9 – Les dessins érotiques de Thomas (Tom) Pulton, une superbe maîtrise.

10 – A Lisbonne, au 98 rua de São Bento, une très discrète plaque (je suis passé devant un grand nombre de fois sans la remarquer) sur laquelle on peut lire : De regresso definitivo a Portugal, em 1905, Fernando Pessoa viven aqui (2° esp.) com a Tia Anica, irmã de sua madre.

11 –  Iona Yakir (1896-1937), né dans une famille de la bourgeoisie juive, père pharmacien. Fut un proche collaborateur de Mikhaïl Frounze et de Mikhaïl Toukhatchevski et l’un des principaux théoriciens de l’Armée rouge, tant au niveau stratégique que tactique et opérationnel. Reconnu comme l’un des meilleurs par les observateurs étrangers. Les Allemands (voir la Blitzkrieg) s’inspireront largement des recherches initiées par Mikhaïl Frounze, poursuivies par Iona Yakir, Mikhaïl Toukhatchevski et quelques autres officiers soviétiques, notamment sur l’emploi combiné des formations blindées et aériennes. Victime de Staline, fusillé avec Mikhaïl Toukhatchevski et d’autres officiers, en juin 1937. Ci-joint, un lien biographique (en anglais) sur cet officier :

http://www.jewage.org/wiki/he/Article:Iona_Yakir_-_Biography

12 – La bionique : observer le vivant pour espérer en tirer des idées applicables aux technologies.

13 – « El crimen que desató la guerra civil » d’Alfredo Semprún, soit l’assassinat de José Calvo Sotelo. On pourrait ajouter celui du lieutenant José del Castillo, à quelques heures d’écart.

14 – L’œuvre de l’architecte Ernst Sagebiel. Le style Luftwaffemoderne.

15 – Les délires antisémites de George Montandon. Parmi ses publications, un titre éloquent, « Comment reconnaître le Juif ? » (titre qui à l’intérieur du livre en question s’amplifie puisque l’on a « Comment reconnaître et expliquer le Juif ? », téléchargeable en ligne, et intégralement, comme l’est si souvent le pire de la littérature antijudaïque, antisémite et antisioniste. Consultable en ligne, et intégralement, grâce aux « bon soins » de La Vieille Taupe, ce tissu d’inepties, « Histoire juive – Religion juive. Le poids de trois millénaires » d’Israël Shahak :

http://www.histoireebook.com/index.php?post/2012/02/26/Montandon-George-Comment-reconnaitre-le-juif

(à suivre)

Olivier Ypsilantis

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