Carnet 22

 

Au sujet de la résolution française portant sur la reconnaissance d’un État de Palestine. Je ne vis plus en France depuis longtemps ; mais je suis français et, aujourd’hui, je suis honteux de l’être. Comment la France ose-t-elle ainsi fourrer son nez dans les affaires d’Israël, un État non moins souverain que lui ? J’ai honte et je suis en colère. La France a décidé de pratiquer la démagogie dans l’espoir de préserver sa tranquillité ; or, la démagogie est la mère de toutes les catastrophes. Croyant s’épargner la tempête, la France sème le vent…

 

DB, Eurabia

 

Ci-joint, un lien de Jean-Pierre Bensimon, un homme particulièrement stimulant en cette période d’avachissement, un homme dont j’apprécie les analyses :

http://www.europe-israel.org/2014/12/letat-de-palestine-pour-les-nuls-par-jean-pierre-bensimon/

Jean-Pierre Bensimon a raison de souligner que cette résolution discutée le 28 novembre 2014 à l’Assemblée nationale puis le 11 décembre suivant au Sénat — une résolution « symbolique » — est sous-tendue par des manœuvres électorales dans lesquelles se trouve pris l’ensemble de la classe politique française, un cloaque qui dépasse largement le bon vieux clivage gauche-droite. Il est vrai que pour l’heure les socialistes sont à la manœuvre… Ils ont besoin de gibier électoral et quoi de mieux pour rameuter le gibier
arabo-musulman que d’offrir aux « humiliés » une humiliation d’Israël. Jean-Pierre Bensimon a mille fois raison d’écrire qu’outre le déficit abyssal de la dette publique dans l’Hexagone, s’ajoute un déficit non moins abyssal des connaissances sur les réalités du Proche-Orient. Madame Élisabeth Gigou dit se sentir (voir son blog) presqu’aussi marocaine que française parce qu’elle pédalait devant l’Atlas en se rendant à son lycée. Les bouffées lyriques de cette brave fille ne peuvent toutefois suppléer à son manque de connaissance sur la question palestinienne. Sait-elle (et je m’adresse également à ses compères) que les Arabes de Palestine — je ne dis pas « les Palestiniens » — sont les premiers à repousser la reconnaissance d’un « État palestinien », puisque cette reconnaissance implique de leur part la reconnaissance de l’État d’Israël. Or, considérant la force de l’ochlocratie dans le monde musulman (arabo-musulman plus particulièrement), personne ne se risquera à franchir ce pas, car le franchir représenterait un grand danger, y compris pour les plus puissants. Souvenez-vous d’Anour el-Sadate et des accords de Camp David, d’Abdallah 1er de Jordanie et de son pacte avec Golda Meir. Ils furent désignés comme traîtres et assassinés ; et leurs assassins furent (et restent) des héros dans le monde arabo-musulman. L’ochlocratie est le socle de l’islam ; il lui permet de perdurer et de se fortifier.

http://www.jpost.com/Edition-française/Moyen-Orient/Israël-3-Iran-383420

L’article en lien ci-dessus (publié dans The Jerusalem Post du 12 février 2014) a été écrit par un jeune chercheur du Centre Ezri d’études pour l’Iran et le Golfe persique de l’université de Haïfa. On peut y lire : « En tant qu’Israéliens originaires d’Iran, nous pensons que le problème entre les deux pays se situe à l’échelon gouvernemental et non pas au niveau des nations. Les Israéliens aiment les Iraniens. Les Iraniens aiment les Israéliens. Nous avons bénéficié d’une solide amitié historique pendant des milliers d’années. Ce n’est que très récemment que nous sommes devenus ennemis. Il y aura de nouveau la paix très bientôt, j’espère. »

Je le redis, toutes mes conversations avec des Iraniens d’Iran et de l’exil m’ont conduit à ce constat : il y a une sympathie iranienne pour Israël et les Juifs. Tandis que les propos des Arabes sont tous marqués par le ressentiment ou la colère envers Israël et les Juifs. Une fois encore, je ne rapporte que ce que j’entends au cours de mes conversations, loin du battage médiatique. Hier encore, un Iranien : « Je me lie d’amitié avec les Juifs parce qu’ils ont beaucoup à m’apprendre. Ils viennent de partout et ont accumulé une expérience unique parmi les peuples ». Et un Arabe du Maroc : « Les Juifs sont d’une puissance diabolique. Il faut les arrêter avant qu’ils ne soumettent le monde entier à leur pouvoir. » Des considérations de ce genre, tant iraniennes qu’arabes, j’en ai relevées de quoi faire un livre. C’est l’une des raisons de mon iranophilie, un sentiment qui s’est construit dans l’étude, le voyage et de nombreuses conversations. Je ne suis pas un ami du régime de Téhéran mais je sais que c’est avec l’Iran qu’Israël pourra renouer des relations fécondes et stables, et en aucun cas avec les pays arabes, y compris la Jordanie. S’allier aux Saoudiens et autres Bédouins pour affaiblir l’Iran, la belle affaire !

Que cherche l’Europe en sortant comme par enchantement le Hamas de la liste des organisations terroristes par le biais de sa Cour de justice ? J’étais en Israël au moment des attaques répétées du Hamas, Volontaire dans Tsahal. La couardise de l’Europe me laissa pantois. Ce n’était certes pas la première fois que je prenais note de cette couardise, mais l’empressement avec lequel la vieille Europe se désolidarisait ainsi de ce pays m’inquiéta. Comment expliquer une telle attitude ? Les raisons en sont multiples ; mais il en est une qui m’apparait plus nettement, une raison relativement nouvelle, une raison atrocement démagogique et qui risque de coûter très cher à l’Europe : la peur, une peur diffuse mais qui se précise de jour en jour, la peur de l’islam, d’une certaine population immigrée, de ce djihadisme qui frappe un peu partout et sous des formes extraordinairement diverses. La vieille Europe (France en tête) espère éloigner la menace et calmer ses peurs en « vendant » Israël — État souverain. Je ne dis pas que la « question palestinienne » doive en rester là, mais en tant que non-israélien, j’ai l’humilité de ne pas donner des leçons de bonne conduite à un pays souverain qui vit une situation extraordinairement complexe, des leçons que ne se privent pas de donner des meutes de citoyens venus d’horizons socio-culturels les plus divers et qui ne se sont jamais donné la peine d’étudier l’histoire de ce pays et de la région, des citoyens qui ne se préoccupent guère que de leurs analyses médicales et de leur pouvoir d’achat, des citoyens qui touchés par je ne sais quelle grâce se prennent de passion pour ces Arabes dénommés abusivement « Palestiniens ». S’ils se préoccupaient avec une même ferveur de tous les peuples véritablement en danger (je vous en épargne la liste), je me tairais. Mais non ! Ce sont les « Palestiniens » qui les préoccupent. Je sais que si ce n’étaient pas les Israéliens — les Juifs d’Israël — qui « opprimaient », ces citoyens ne prêteraient pas la moindre attention au Gazaouis et autres « Palestiniens », pas la moindre !

J’ai réussi à faire réfléchir quelques citoyens en les convaincant qu’une partie de leurs impôts passaient par des canaux divers, à commencer par l’UNRNWA (The United Nations Relief and Works Agency for Palestine Refugees in the Near East), pour finir dans les poches des dirigeants palestiniens dont la corruption n’est plus à démontrer. Le Hamas  s’est lancé dans la guerre, au cours de l’été 2014, pour mieux cacher son incapacité à verser leur salaire aux quelque quarante mille employés de la bande de Gaza. Ce fut l’une des raisons de cette course en avant…

 

Dry Bones, the sate

 

Meïr Ben-Hayoun écrit : « Le conflit que nous (Israéliens) avons avec les Arabes est responsable du djihadisme global parce que sous la pression des nations occidentales, dont la France, nous avons abdiqué devant le terrorisme arafatien lors des maudits Accords d’Oslo. Il faut rappeler qu’Israel était considéré comme le combattant ultime contre le terrorisme arabe. Si Israël fait des compromis et plie, qui ne plierait pas?Consécutivement à ceci et constatant que le terrorisme arabe paye, l’islamisme s’est engouffré dans la brèche pour empoissonner la vie du monde entier. C’est peu après les Accords d’Oslo que le terrorisme global islamique est apparu sur le devant de la scène internationale. Auparavant, il était limité et circonscrit.

En ne laissant pas Israël combattre le terrorisme arabe lors de la première Intifada, en nous imposant au forceps une « solution » pour ce peuple vil dit « palestinien », le monde occidental a donné naissance et nourri le serpent nazislamiste ; il ne sait plus comment s’en défaire. C’est la justice immanente. » Je me permets de faire un copier-coller de cette analyse car elle coïncide avec celle que j’ai faite après la déclaration du Premier ministre Manuel Valls qui vient d’affirmer, aujourd’hui 9 février 2014, que le conflit israélo-palestinien est l’une des causes du phénomène djihadiste.

 Olivier Ypsilantis

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