« Je me souviens » en vrac – 1/5

 

Il est possible qu’un certain nombre de « Je me souviens » qui composent cette série reprennent des « Je me souviens » déjà publiés sur ce blog. Mais qu’importe ! Je me laisse aller au souvenir, paresseusement ; et si certains d’entre eux réapparaissent, c’est sous une forme différente que je comparerai à l’occasion — et non sans plaisir.

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Je me souviens que Colette est née à Saint-Sauveur-en-Puisaye et que son père avait été amputé d’une jambe — mais laquelle ? — suite à une blessure reçue à la bataille de Magenta.

Je me souviens de mon plaisir à apprendre certains mots plus que d’autres. Pourquoi ? Parmi ces mots : jetsam, flotsam, to jeopardize, stamina, drizzle, freckles, to wooble, discrepencia, paparajote, ajuar, hechiceria, aquelarre, estraperlista, almibar, etc., etc..

Je me souviens qu’Arthur T. Harris était surnommé Bomber Harris. Je me souviens de : « They sowed the wind, and now they are going to reap the whirlwind. »

Je me souviens d’Alexandra Maria Lara dans le rôle de Traudl Junge — la secrétaire de Hitler —, dans « Der Untergang » d’Oliver Hirschbiegel.

 

 Der UntergangAlexandra Maria Lara dans « Der Untergang ». Ci-joint le trailer du film :

https://www.youtube.com/watch?v=giSdX58um9E

 

Je suis né un 23 juin et je me souviens que Peter Falk (le fameux lieutenant Columbo) est mort un 23 juin.

Je me souviens que ma mère aimait ce trompe-oreilles : Didon dîna, dit-on, du dos d’un dodu dindon. « Qui est Didon ? » me suis-je longtemps demandé.

Je me souviens que le programme d’euthanasie nazi doit son nom, « T4 », au fait qu’il a été conçu au n° 4 Tiergartenstrasse, à Berlin.

Je me souviens des « Trois K » (Kinder-Küche-Kirche) et des « Trois F » (Fátima-Futebol-Fado).

Ce « Je me souviens » a été écrit le 9 novembre 2014 : Je me souviens de la chute du Berliner Mauer, le 9 novembre 1989.

Je me souviens que ma mère est née un 4 août et qu’elle est morte un 3 juillet. Je me souviens que mon père est né un 8 août et qu’il est mort un 22 mai.

Je me souviens que mon premier professeur d’anglais était arménien.

Je me souviens, en Première et Terminale, de nuits passées à résumer des grands classiques de l’économie, parmi lesquels : « Le Nouvel État industriel » de John Kenneth Galbraith, « Le Tiers-Monde dans l’impasse » de Paul Bairoch, « Le Grand Espoir du XXe siècle : progrès technique, progrès économique, progrès social » de Jean Fourastié. Ce premier livre m’a particulièrement marqué ; peut-être en partie parce que j’y ai travaillé un été, dans le grand salon de Cesson, tandis que les mouches bourdonnaient contre les vitres et que le parquet sentait bon la cire — toute une ambiance. Le souvenir que nous gardons d’un livre tient en partie au lieu où nous l’avons lu. Ainsi, « Histoire de l’œil » de Georges Bataille reste dans ma mémoire inséparable de la pureté de la neige, d’un hiver dans les Alpes de Haute-Provence :

http://zakhor-online.com/?p=4360

Je me souviens de certains Google doodles.

Je me souviens d’une visite chez Tante Léonie. Je me souviens que c’est elle qui offrit à son neveu « un de ces gâteaux courts et dodus appelés Petites Madeleines qui semblent avoir été moulés dans la valve rainurée d’une coquille de Saint-Jacques. »

Je me souviens que sur l’un des albums des Pink Floyd, « Animals », figurait l’énorme construction de Battersea Power Station avec, flottant quelque part entre ses quatre cheminées, un cochon gonflé à l’hélium. A ce propos, je me souviens que les disques microsillons — les vinyles — étaient d’abord un plaisir pour les yeux, avec leurs larges pochettes.

 

BatterseaBattersea power Station (1929-1939)

 

Je me souviens quand il n’était pas rare de trouver dans les chambres d’adolescents un poster des Beatles, notamment celui qui montre les quatre amis traversant Abbey Road, à la queue leu leu — mais dans quel ordre ? Je me souviens que l’un d’eux — mais lequel ? — était pieds nus. Je me souviens que Che Guevara et Bob Marley étaient également très présents sur les murs de ces chambres, comme l’était le symbole Peace and Love, par ailleurs volontiers dessiné à la pointe feutre sur les battle dress.

Je me souviens de « La station Rennes est fermée au public ». A propos de stations de métro, je me souviens de « Bercy Madeleine » de Pierre Perret :

https://www.youtube.com/watch?v=ejJ3pZ2YdI0

Je me souviens de « L’important c’est d’aimer » d’Andrzej Żuławski. Je me souviens que c’est au cours du tournage de ce film que débuta la liaison entre Romy Schneider et Jacques Dutronc, alors marié à Françoise Hardy.

 

L'important c'est d'aimerRomy Schneider et Jacques Dutronc dans « L’important c’est d’aimer » (1975) d’Andrzej Żuławski, d’après le roman de Christopher Frank, « La Nuit américaine ». 

 

Je me souviens que j’ai longtemps attribué les sculptures animalières d’Auguste Caïn, dans le jardin des Tuileries, à Antoine-Louis Barye. Je me souviens que j’ai découvert le nom Auguste Caïn en lisant « La Peste » de Camus où l’écrivain porte un jugement plutôt méprisant sur les deux lions qui ornent l’escalier d’honneur de l’Hôtel de Ville d’Oran.

Je me souviens de : Mon premier est bavard. Mon second est un oiseau. Mon troisième est du chocolat. Mon tout est un délicieux gâteau…

Je me souviens qu’une des lionnes couchées en symétrie devant la porte Jaujard du Louvre a été traversée de part en part, au niveau du flanc, par une balle au cours de la Libération de Paris. Je me souviens d’autres traces d’impacts sur les murs de Paris, balles ou éclats d’obus. J’ai toujours été très attentif à ces traces de l’histoire. Je me souviens notamment de celles qu’ont laissées les combats de la fin août 1944, autour du Sénat et du jardin du Luxembourg, notamment sur la façade de l’École des Mines, boulevard Saint-Michel.

Je me souviens de la Room 237, dans « Shining ».

Je me souviens des enzymes gloutons, ces petites têtes rondes à grandes bouches armées de dents triangulaires comme celles des piranhas. Je me souviens que cette trouvaille fut un échec commercial : les consommateurs craignaient qu’ils dévorent non seulement la saleté mais aussi le linge.

Je me souviens que Coluche s’appelait Michel Colucci et qu’Anouk Aimée s’appelle Françoise Dreyfus.

Je me souviens…

Olivier Ypsilantis 

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