Des « Je me souviens », encore…

 

Je me souviens du mot de la fin dans ‟Casablanca” : ‟Round up the usual suspects” ; ainsi que dans ‟Some like it hot” : ‟I’m a man”, à quoi il est répondu : ‟Well, nobody’s perfect.”

Je me souviens dans les années 1980 de la fièvre des radios libres.

Je me souviens qu’enfant, je jouais avec l’auto-rameur de mon père qui avait joué avec dans le jardin du Luxembourg et dans la cour du 27 de la rue de Fleurus, devant l’appartement de Gertrude Stein.

 

Chez Gertrude SteinGertrude Stein à droite, en compagnie d’Alice B. Toklas, dans leur appartement au fond de la cour de l’immeuble du 27 rue de Fleurus (Paris, VIe arrondissement). Photographie de Man Ray.

 

Je me souviens que j’aimais fredonner ‟La fleur aux dents” de Joe Dassin, le refrain surtout : ‟Il y a des filles dont on rêve / Et celles avec qui l’on dort / Il y a des filles qu’on regrette / Et celles qui laissent des remords / Il y a des filles que l’on aime / Et celles qu’on aurait pu aimer / Puis un jour il y a la femme / Qu’on attendait”

Je me souviens une fois encore du trouble de Benjamin (Dustin Hoffman) devant Mrs. Robinson (Anne Bancroft) :

https://www.youtube.com/watch?v=0x5fJzmqza8

Je me souviens de la rue Visconti, une rue rectiligne et étroite entre la rue Bonaparte et la rue de Seine. Je me souviens que c’est dans cette rue que Christo fit son premier happening pour protester contre le Mur de Berlin, en 1961.

Je me souviens de certains lapsus de Georges Marchais qui savait se rattraper avec humour, reconnaissons-le :

http://www.dailymotion.com/video/xfe7ah_municipales-pc-lapsus-comique-de-georges-marchais_news

Je me souviens des Annales Vuibert, de ces fascicules que j’emportais pour les vacances d’été. Les mathématiques me faisaient souffrir…

 

Annales Vuibert

Je me souviens de certaines petites annonces d’Elie Semoun et de Franck Dubosc.

Je me souviens de ‟Je me souviens de tout” de Gérald de Palmas.

Je me souviens du Journal Tintin, d’Indésirable Désiré, de sa contrebasse et des problèmes qu’elle ne cessait de lui poser.

Je me souviens de ‟Mon jardin est plus petit que Rome, mais mon pilum est plus solide que votre sternum !”

Je me souviens de mon plaisir d’enfant à apprendre des mots et à en étudier l’étymologie. Je m’efforçais de mémoriser des noms de dinosaures, de plantes, d’algues, de minéraux, etc.

Je me souviens quand la belle José Toledo présentait à Televisión española l’émission Cartelera.

Je me souviens de visites avec mon père, au Hangar Y du Musée de l’Air, à Meudon. Je me souviens qu’il m’évoqua la figure d’Edmond Marin la Meslée, un nom qui dans ma mémoire reste inséparable de mon père, d’un jour d’hiver gris et froid, dans ce hangar. Je me souviens que l’avion que j’y ai le plus admiré était un Nord 1500 Griffon II. Je me souviens que cet avion conçu dans les années 1950 pouvait dépasser Mach 2 et que sa propulsion était mixte: stratoréacteur/turboréacteur.

 

Griffon IILe Nord 1500 Griffon II 

 

Je me souviens de Juan Carlos I à la synagogue de Madrid, à l’occasion du 500ème anniversaire de l’expulsion des Juifs d’Espagne. 1492-1992.

Je me souviens avoir lu ‟I remember” de Joe Brainard, un été en Bretagne, sur la plage, entre deux baignades.

Je me souviens en Espagne de rues de poussière aujourd’hui asphaltées ; et en France de rues pavées aujourd’hui asphaltées.

Je me souviens de L’essentiel est dans Lactel, du lapin Duracell, de Mettez un tigre dans votre moteur, de Raider : deux doigts coupe faim. Je me souviens de Fins, chics, Dim… ; mais je ne me souviens qu’en pointillé de ce qui suit :

http://totalost.free.fr/docdim-historique.htm

Vous souvenez-vous de la pub Citroën 1987, Les chevrons sauvages ? :

http://www.culturepub.fr/videos/citroen-les-chevrons-sauvages

Je me souviens que le chauffeur de Victor Pivert (Louis de Funès) dans ‟Les Aventures de Rabbi Jacob” s’appelle Salomon (Henri Guybet). Je me souviens d’une des répliques les plus célèbres du cinéma français : ‟Vous êtes juif ?! Comment Salomon, vous êtes juif ?!… Ah ben écoutez, ça ne fait rien, je vous garde quand même !” :

http://www.youtube.com/watch?v=m1vL8iTNJmg

Je me souviens quand j’écoutais des musiques de Sergio Leone sur des 45 Tours.

Je me souviens que sur les affiches électorales LE PEN était souvent suivi d’un IS griffonné.

Je me souviens qu’Ehud Barak se déguisa en femme pour chasser les terroristes au Sud-Liban. Je me souviens que Golda Meir se déguisa en homme pour rencontrer Abdallah de Transjordanie.

Je me souviens qu’avant l’apparition des CD et des mp3, il y avait des cassettes audio  — ou minicassettes — dans les boîtes à gants des automobiles.

Je me souviens du parfum du jasmin qui dans les nuits athéniennes réactivait la griserie que l’ouzo avait mise en moi.

Je me souviens de ‟Je me souviens” de Lara Fabian.

Je me souviens de Goussainville. Je n’y ai jamais mis les pieds, mais le nom de cette commune me fait immédiatement penser Tupolev — l’accident au Salon du Bourget 1973.

 

 Goussainville crash3 juin 1973, un Tupolev Tu-144 s’écrase au cours d’une démonstration en vol lors du 30e Salon du Bourget.

 

Je me souviens que je m’ennuyais durant les cours de mathématiques mais que j’étais attentif à la beauté des symboles, parmi lesquels de nombreuses lettres de l’alphabet grec. Je me souviens de mon plaisir lorsque j’appris que le symbole de l’infini était ∞. Je l’associai tout naturellement au ruban de Möbius.

 Olivier Ypsilantis 

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