Griffonné entre le 15 et le 25 juin 2017 – 5/5

 

Je me souviens d’une attaque de train, dans la plaine de La Calahorra, dans la province de Granada, un tournage pour je ne sais quel film. Ce n’était pas « 100 Rifles » de Tom Gries, avec la si belle Raquel Welch, tourné en partie là, en 1969 ; c’était une quarantaine d’années plus tard :

https://www.youtube.com/watch?v=OxEjXQLqxfU

 

Wallis Simpson (1896-1986) et le duc de Windsor (1894-1972)

 

Hitler tente de se concilier le duc de Windsor qui se sent humilié par son frère devenu George VI. Le duc de Windsor avait été Edward VIII, roi et empereur du 20 janvier au 11 décembre 1936. Il avait abdiqué. On lui avait refusé le mariage avec une divorcée par ailleurs roturière, Wallis Simpson. Le duc de Windsor, dont personne n’ignore les sympathies pour l’Allemagne et le sentiment d’humiliation qu’il porte en lui, serait une pièce de choix pour ce pays qui espère encore s’allier le Royaume-Uni et son immense empire. Il faut suivre le séjour en Espagne puis au Portugal du duc et de la duchesse de Windsor (il a épousé Wallis Simpson le 3 juin 1937, en France) au cours de l’été 1940 (alors que la France vient de signer l’Armistice) et ces tractations conduites tant par les agents de Hitler que de Franco pour comprendre les inquiétudes de Churchill.

Le ralliement de cet ex-souverain aurait probablement été un rude coup porté à la détermination britannique activée par Churchill de ne pas céder face à l’Allemagne, à son refus d’une paix dictée par l’Allemagne. Étudier Operation Willi : se concilier ou kidnapper le duc de Windsor et sa femme. Joachim von Ribbentrop pense même le remettre sur le trône et l’utiliser comme l’Allemagne utilise déjà le maréchal Pétain. Churchill finit par intimer l’ordre au couple de quitter Madrid dans les plus brefs délais et de se rendre à Lisbonne afin d’embarquer aussitôt pour la Grande-Bretagne. Le couple tergiverse avant de quitter la capitale espagnole le 2 juillet 1940 pour le Portugal. Mais le soulagement de Churchill va être de courte durée puisque tout un monde ayant partie liée avec Hitler et Franco (sans oublier l’homme le plus riche du Portugal, l’opportuniste Ricardo do Espirito Santo Silva) s’efforce d’amener le couple à lui. Alors que l’on échafaude un plan pour faire revenir de son plein gré le couple en Espagne (ou de les kidnapper au cas où), arrive à Lisbonne, le 28 juillet, l’émissaire personnel de Churchill, Walter T. Monckton, porteur d’un ultimatum : le couple doit embarquer le 1er aout à bord de l’Excalibur. Walter Schellenberg, alors le meilleur espion de Hitler, reçoit l’ordre de séquestrer le couple qui prend enfin la décision de ne pas trahir et d’obtempérer aux ordres de Churchill. Walter Schellenberg fait parvenir un message à Wallis Simpson, message par lequel il l’avertit (pur mensonge) que le M16 a projeté de l’assassiner, elle et son époux. Trop tard. Le couple ne reviendra pas sur sa décision. Le 30 juillet, Hitler et son état-major mettent au point les derniers détails de Unternehmen Seelöwe (Operation Sea Lion). Le lendemain, et conformément aux ordres de Churchill, le couple quitte Lisbonne à bord de l’Excalibur.

 

Le responsable indirect de la plus grande catastrophe de toute l’histoire de l’aviation, Antonio Cubillo (1930-2012). Sur le drapeau accroché au mur, on peut lire Canarias independiente. Chaque étoile représente une île de cet ensemble de sept îles :

https://www.youtube.com/watch?v=fFgyJEBCziw

 

Le plus grave accident de l’histoire de l’aviation : 27 mars 1977, sur l’aéroport de Los Rodeos, Tenerife. Collusion au sol de deux Boeing 747, l’un de la compagnie KLM, l’autre de la compagnie PanAm. Ainsi, la plus grande catastrophe aérienne a-t-elle eu lieu au sol. Bilan : 583 morts. Cette catastrophe est due à une sorte d’ « effet papillon ». Je force à peine la note. Bref rappel des faits. Une bombe artisanale de faible puissance explose chez un fleuriste du terminal de l’aéroport de Las Palmas de Gran Canarias. L’attentat est revendiqué par le M.P.A.I.A.C. (Movimiento por la Autodeterminación e Independencia del Archipiélago Canario) qui avertit d’une seconde explosion. L’aéroport de Las Palmas de Gran Canarias est alors fermé et les avions détournés vers celui de Los Rodeos, à Tenerife, dont le trafic se voit surchargé. Ainsi, sans vraiment le vouloir, Antonio Cubillo, responsable du M.P.A.I.A.C., va-t-il être indirectement responsable de la plus grande catastrophe aérienne de l’histoire de l’aviation. Le nombre de victimes simultanées dépasse, et de loin, les “exploits” de l’E.T.A. et du G.R.A.P.O. alors très actifs en Espagne, sans oublier ceux des groupuscules d’extrême-droite et du terrorismo tardofranquista qui sévit entre la mort de Franco (1975) et le début des années 1980, avec entre autres groupes, la Alianza Apostólica Anticomunista (Triple A) ou les Grupos Armados Españoles (G.A.E.)

 

Emmanuel Macron, président de la République ? Je vais finir par lui accorder ma confiance à reculons, par lassitude, une confiance qui aurait été plus franche s’il n’avait été soutenu dès le début par les médias officiels du pays, des médias détestables tant dans la presse (et je pense en particulier au quotidien Le Monde) qu’à la radio et la télévision. Ma question la plus pressante, mon inquiétude principale : va-t-il libéraliser l’économie avec audace ou bien n’est-il qu’un technocrate, Monsieur Encore-plus-d’État ? Je penche pour le technocrate. A suivre.

Mon rêve récurrent d’une authentique société anarcho-capitaliste est mis à mal. La fascination (le mot n’est pas trop fort) qu’exercent sur moi les penseurs de ce courant si riche en nuances, des penseurs qui par leur audace et leur intelligence me semblent très au-dessus des autres penseurs politiques – toutes tendances confondues. L’anarcho-capitalisme est non seulement intelligent, il est élégant. Il désigne de vastes espaces tandis que le socialisme sous toutes ses formes – et il en a ! – ne désigne le plus souvent qu’une cour de caserne ou qu’une paire de pantoufles.

Mais j’en reviens au bazar national. L’explosion des partis traditionnels m’amuse franchement, à commencer par celui du Parti socialiste. Socialisme, le mot de plus frelaté du dictionnaire, un fourre-tout capable d’adopter toutes les formes, une soupe dans laquelle flotte de tout. Ce mot devrait aujourd’hui inspirer de l’horreur à tout homme libre. Il n’en a pas été toujours ainsi : des femmes et des hommes libres se sont battus en son nom.

 

1989, Roumanie, quelques jours après l’exécution de Nicolae Ceaușescu. Je photographie une rue d’Oradea dans laquelle marche un groupe de cinq soldats. L’un d’eux se retourne d’un coup se dirige vers moi, menaçant, en désignant mon appareil photographique. Les amis roumains qui m’accompagnent s’interposent. Le soldat finit par rejoindre son groupe tout en me maudissant moi et mon appareil, en me traitant d’espion, ce que m’expliquent ces amis. 2014, Iran, l’autocar longe la Natanz Nuclear Facility, laissant les passagers photographier ses abords sans restriction. Je revenais d’une excursion au village montagnard d’Abyaneh. Je me souviens du dispositif de défense antiaérienne, avec des batteries qui me semblèrent ultra-modernes et, disséminées dans les champs, au milieu de troupeaux de chèvres, d’autres batteries franchement vieillottes, dérisoires sous le ciel immense, avec servants aux treillis élimés assoupis à l’ombre de toiles tendues par des piquets. Je me suis interrogé sur cette « liberté » qui nous était laissée avant de comprendre qu’avec les yeux des satellites capables de voir depuis des hauteurs extraordinaires un soldat se mettre les doigts dans le nez ou pisser, nos photographies ne pouvaient porter préjudice à la sécurité et au programme nucléaire du pays. Et puis, n’était-ce pas une manière de nous laisser entendre : « Voyez, nous n’avons rien à cacher ! » ?

 

En feuilletant une revue anglaise, je retrouve Henry Tonks, chirurgien et artiste. Quelques repères biographiques. Henry Tonks (1862-1937) commence par exercer comme chirurgien en 1886 et suit des cours du soir à la Westminster School of Art en 1888. A partir de 1892, il enseigne l’anatomie (à la London Hospital Medical School) mais aussi l’art (à la Slate School of Fine Art) où il deviendra le plus réputé des professeurs de sa génération. Parmi ses nombreux élèves devenus des artistes reconnus, Stanley Spencer et Paul Nash. Avant de devenir official war artist, en 1918, Henry Tonks avait notamment travaillé au cours de la Première Guerre mondiale pour Harold Gillies (considéré comme le père de la chirurgie plastique), en dessinant au pastel des « gueules cassées » (broken faces) dans des hôpitaux anglais, des séries qui donneront lieu à des expositions dont « Faces of Battle » au National Army Museum. Ci-joint, deux riches liens aux titres éloquents, respectivement « Flesh Poems: Henry Tonks and the Art of Surgery », signé Suzannah Biernoff ; et « Henry Tonks: Torn Portraits: The Art of Facial Reconstruction », signé Jeanne Willette :

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3158130/

http://arthistoryunstuffed.com/henry-tooks-torn-portraits-the-art-of-facial-reconstruction/

Dans cette revue, il est également question de Gert Heinrich Wollheim, un nom que je retrouve avec plaisir et pour une raison simple : bien moins connu que d’autres artistes allemands de sa génération, parmi lesquels Otto Dix et George Grosz, il égale pourtant les meilleurs d’entre eux par sa force d’expression.

 

Magnifique autoportrait de 1931 de Gert Heinrich Wollheim (1894-1974)

 

Parmi les peintures les plus puissamment érotiques (la puissance du suggéré), le portrait en pied de Madame X (Madame Pierre Gautreau) de John Singer Sargent. Le rapport de la peau si blanche au noir satiné de la longue robe. Le décolleté somptueux. L’histoire de la précieuse bretelle qui a glissé et qu’il lui faut remettre en place suite au scandale occasionné au Salon des artistes français de 1884.

 

Une surprise dans le quotidien « El Mundo » du vendredi 17 mars 2017, un article sur Hedy Lamarr. Il s’ouvre sur cinq photographies assez suggestives – l’orgasme féminin porté à l’écran, un scandale alors (voir « Ecstasy », 1933, de Gustav Machatý). Titre de l’article : « Hedy Lamarr, la diosa que “inventó” el wifi ».

L’article en question rend compte de la publication de l’autobiographie de cette actrice (et inventrice) en espagnol, sous le titre « Éxtasis y yo » (chez Notorious Ediciones). En 1965, Hedy Lamarr avait signé un contrat appuyé par la Metro Goldwyn Mayer pour la publication de ses mémoires, un livre écrit par deux nègres, Leo Guild et Cy Rice, à partir d’une entrevue enregistrée, d’une cinquantaine d’heures. On connaît la suite et le scandale que fit la belle Hedy. Curieusement, ce document ne fait pas la moindre allusion aux recherches de cette actrice qui fut aussi une inventrice puisqu’elle mit au point, en compagnie du musicien George Anthiel, un Radio Guidance System pour le guidage des torpilles, des recherches qui ont grandement contribué au développement des communications. L’US Navy ne s’y intéressa que tardivement. Avec du recul, on peut considérer que des technologies telles que Wi-Fi, CDMA (Code-division multiple access) et Bluetooth lui doivent quelque chose…

https://www.kvart-bolge.com/single-post/2015/10/02/HiFi-History-The-Arguably-Best-Looking-Inventor-of-all-Times-Hedy-Lamarr

 

Olivier Ypsilantis

 

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