Griffonné entre le 15 et le 25 juin 2017 – 3/5

 

L’une des plus fascinantes batailles de l’histoire européenne, les Champs Catalauniques, fin juin 451, dans les environs de Châlons-en-Champagne, une bataille internationale car les troupes qui s’affrontaient étaient constituées de confédérations de peuples (avec une importante présence de Barbares), tant du côté des Huns que du côté des Romains/Wisigoths.

L’entrevue Attila et Léon I le Grand, aux portes de Rome, au cours de l’été 452. Que se sont-ils dit ? Attila n’a pas mis la ville à sac. Pourquoi ? Le pape a-t-il tout simplement payé le tribut exigé ? Il est vrai que l’empereur Marcien avait massé des troupes sur les arrières des Huns, dans les Balkans, ce qui suffit peut-être à expliquer le retrait des Huns ?

Traduire de l’espagnol au français certains articles de Mauricio Meschoulam, géopoliticien, professeur à la Universidad Iberoamericana. Ses articles publiés dans El Universal :

http://www.eluniversal.com.mx/blogs/mauricio-meschoulam/arenas-movedizas-0

Écrire un article sur António José da Silva O Judeu (1705-1739), le plus grand dramaturge portugais de son temps (actif entre 1725 et 1739). Il finira sur le bûcher de l’Inquisition, à Lisbonne. Ses souffrances et celles de sa famille, à commencer par sa mère, Lourença Coutinho, accusée de judaïser. Lire quelques-unes de ses pièces satiriques dans l’original, pièces dans lesquelles il se moque de la société portugaise d’alors, en prenant prétexte de la mythologie mais aussi de Don Quixote. Commencer par lire « Vida do grande D. Quixote de la Mancha e do gordo Sancho Pança » (1733).

Souvenir d’un voyage au Chili. Les momies du Nord du pays, dans les environs d’Arica, à la frontière avec le Pérou donc. Chinchorro, Valle de Camarones. Ces momies sont considérées comme les plus anciennes du monde, plus anciennes que les momies égyptiennes, une ancienneté que le Chili revendique haut et fort. Elles furent découvertes entre 1909 et 1917 par l’archéologue allemand Max Uhle. L’extraordinaire complexité de leur processus de momification.

 

 Max Uhle (1856-1944) en 1907

 

17 juin 2017. J’apprends par hasard (mais le hasard n’existe pas m’objectera-t-on, et à raison) le décès d’une grand-tante, Tante Birgit, à l’âge de quatre-vingt-seize ans. Célébration prévue en l’église suédoise, 9 rue Médéric, Paris XVIIe. J’ai très peu de souvenirs de cette femme. Il me semble même que je ne l’ai rencontrée qu’une fois. J’étais adolescent et je revois une grande femme blonde et fine, la taille ceinte d’une large ceinture bleue de la couleur de ses yeux. Au cours du repas (on m’avait assis à sa gauche), je lui ai posé des questions sur le maréchal Mannerheim dont je lisais une biographie. Tante Birgit me félicita pour mon intérêt et déclara admirer cet homme sans réserve, et pour diverses raisons, à commencer par son anticommunisme actif. Tante Birgit… A présent que je note ce souvenir, un autre souvenir me vient – il m’a été rapporté par ma grand-mère. Lorsque ses parents (des Grecs, citoyens britanniques) furent internés (à Besançon puis à Vittel), Tante Birgit mit à profit sa maîtrise de l’allemand et son physique d’« Aryenne » pour solliciter l’Occupant dans l’espoir de faire libérer ces parents par alliance. Les citoyens britanniques étaient pourtant fort bien traités ; et lorsque je lis les carnets de captivité de l’aïeule, il m’arrive d’éprouver une honte diffuse… Quand je pense que ma mère et sa famille reçurent pendant la guerre des douceurs envoyées… d’un camp, colis de Queen Mary aux British Citizen, tandis que des millions de Juifs (et de prisonniers de guerre soviétiques) étaient exterminés de diverses manières, en particulier par la faim. De fait, je ne me suis jamais défait d’un sentiment de honte à ce sujet.

Souvenirs de discussions à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts avec Jean Asselbergs (1928-2015) surnommé « Pitaine », ce que j’ai appris récemment et par Internet. Jean Asselbergs, 1er Grand Prix de Rome de gravure en médailles (1960) puis chef d’atelier de gravure en médailles à l’E.N.S.B.A. de 1978 à 1993. Je revois son atelier, sous les mansardes de l’Hôtel de Chimay, quai Malaquais, à côté du premier atelier de gravure en taille douce où j’ai étudié, sur le même palier. Il y a quelques jours, au cours d’une discussion, ce nom m’est revenu, un nom et le visage d’un homme souriant et avenant. Donc, en consultant Internet, j’ai trouvé cette série de photographies mises en lien et découvert un aspect de ce professeur avec lequel j’aimais parler de médailles – je me souviens plus particulièrement d’une conversation sur les profils de Pisanello, tant féminins que masculins. Ci-joint, une série d’images pour le souvenir. Elles m’ont fait comprendre pourquoi ce surnom, « Pitaine ». Jean Asselbergs à bord de son pointu, La Bellalix :

http://abpvillefranche.canalblog.com/archives/2015/03/01/31625057.html

Alexandre le Grand est-il mot assassiné ? Empoisonnement ? Ou bien est-il mort de maladie ? La fièvre du Nil occidental ? L’enquête de John Grieve, l’un des plus fins limiers de Scotland Yard. Me procurer « Alexander the Great » de Robin Lane Fox, l’un des meilleurs connaisseurs d’Alexandre le Grand. Peu avant sa mort, il planifiait la conquête de toute la péninsule arabique. Il aurait ainsi bouleversé plus encore l’histoire du monde et l’islam n’aurait peut-être jamais été.

 

Robin Lane Fox (né en 1970) lors de sa visite à Madrid, en 2007.

 

Lu quelques articles de Delphine Minoui (née en 1974, à Paris), une Franco-Iranienne qui a durablement vécu en Iran. Son dernier livre : « Je vous écris de Téhéran ». Elle souligne à raison que le régime iranien s’est enfermé dans la rhétorique depuis 1979, rhétorique que Mahmoud Ahmadinejad a portée à son comble, rhétorique qui a infecté les relations du pays avec l’extérieur, en particulier les États-Unis, Israël et l’Europe. J’ai rencontré des Iraniens d’Iran et de l’exil qui l’ont déplorée, et amèrement. Cette rhétorique agressive porte préjudice à l’ensemble de la société civile iranienne. Les mass medias en rajoutent, notamment en gommant les nuances qu’elle contient à l’occasion, histoire de chauffer la salle et de faire monter l’audimat. On ne voit plus l’Iran que comme une menace nucléaire, en oubliant par exemple les forces réformatrices bien présentes dans le pays, et jusque chez les ayatollahs, parmi lesquels le défunt Hussein Ali Montazeri.

 

 

La société iranienne est jeune et la présence de la femme y est considérable, ce dont j’ai témoigné dans plusieurs articles sur ce blog. Je me garderai de présenter sa condition en Iran comme idéale mais, je le redis, sa présence est considérable. Parmi les grands sujets d’étonnement de cette Franco-Iranienne, son séjour à Qom, ville religieuse par excellence, berceau de la Révolution islamique de 1979, qui abrite aussi les principaux opposants au régime. C’est à Qom que vécut l’ayatollah Hussein Ali Montazeri (qui avait été désigné comme le successeur de l’ayatollah Khomeini) dont le fils, Ahmad, diffuse à présent les idées. Mais qui s’intéresse au fils de cet ayatollah, chez nous ? On préfère le sensationnel cuisiné maison à partir de la rhétorique du régime.

(à suivre)

Olivier Ypsilantis

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2 Responses to Griffonné entre le 15 et le 25 juin 2017 – 3/5

  1. On ne dénonce sera jamais assez les trahisons d’Obama. Envers le peuple iranien lors de l’avant dernière élection ; envers Israël bien évidemment ; envers le peuple américain, tout au moins la partie restée lucide.

  2. Olivier YPSILANTIS says:

    J’ai égaré le post où tu précisais qu’il fallait lire “On ne dénoncera jamais…” (et non “On ne dénonce jamais…). Obama avait de belles chaussures et des costumes de bonne coupe. Pour le reste, je te rejoins. Un traître à tous comme le sont les arrivistes.

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