A propos du Qatar, de l’Arabie Saoudite et de l’Iran – 1/2

 

Le Qatar est enfin montré du doigt ; je ne m’en plaindrai pas ; il y a des années que je dénonce ce réduit comme l’un des principaux financiers du terrorisme international. Il n’est pas nécessaire d’appartenir à des services secrets – d’être dans le secret des dieux – pour en avoir connaissance. Par ailleurs, la tension entre l’Arabie Saoudite et le Qatar est une vieille histoire sur laquelle a surfé Donald Trump, avec peut-être l’aide d’Israël dans le but d’affaiblir le monde arabo-musulman, en attendant plus, ce à quoi j’applaudis. Divide and Rule, on connaît l’extraordinaire efficacité de ce motto qui explique en partie le British Empire.

Pendant ce temps, l’immense Inde et l’immense Chine montent en puissance, et nous n’en sommes qu’aux débuts. Et, à ce propos, je m’adresse à ceux qui déclarent que l’islam va submerger le monde. Non ! Ces derniers sont victimes des breaking news ; autrement dit, ils manquent de recul, de champ de vision, de viewing range ; ou bien ils se sont saoulés à la propagande coranique, et ils vont dessaouler parce qu’ils seront réduits en morceaux sanglants, tout simplement. L’immense Inde et l’immense Chine observent et se taisent. Elles observent les agissements d’un certain islam, de l’islam. Les Indiens et les Chinois sont patients, plus patients que nous ; mais lorsque cette patience sera mise à bout, cette patience orientale, des violences dont nous n’avons pas même idée commenceront avec une tranquillité et une précision de cuisinier qui découpe la viande…

Je vais faire simple. La Chine ne supportera pas d’être importunée par des braillements et de l’agitation coraniques. Les Chinois aiment vaquer à leurs affaires et en bons commerçants ils apprécient la politesse. Quant aux Indiens hindous (soit environ un milliard d’individus), ils représentent à présent environ 80% de la population totale du pays, une proportion certes confortable mais qui a tendance à décroître aussi discrètement que régulièrement depuis quelques décennies au profit de l’islam. Il faut avoir voyagé en Inde pour prendre la mesure d’une certaine inquiétude dont on parlera beaucoup dans les années à venir. Problème de natalité, certes, mais il faut compter avec ce fait : on naît hindou, on ne se convertit pas à l’hindouisme, tandis que l’islam ramasse tout ce qui traîne pour le mettre dans son chariot. Mais, surtout, pour l’Inde l’islam c’est d’abord le Pakistan, pays atroce entre tous où tout Sunnite a droit de vie et de mort sur les non-Sunnites, soit principalement les Chiites (c’est au Pakistan que vit la plus grande communauté chiite après celle d’Iran), les Hindous et les Chrétiens. Je signale que si le Pakistan est devenu ce qu’il est devenu, soit la terre musulmane de plus grande intolérance, c’est en grande partie pour cause de capitaux saoudiens déversés depuis des décennies dans ce pays, avec notamment construction à tout-va de mosquées salafistes.

Il me semble que l’un des problèmes géopolitiques majeurs (et peut-être même LE problème géopolitique majeur) que pourrait affronter le monde dans une décennie, ou un peu plus, est bien la question Inde-Pakistan. Le Pakistan qui pour l’heure est quasiment un protectorat américano-saoudien. Personne n’ignore que le programme nucléaire pakistanais a bénéficié de l’appui financier saoudien. Commencé en 1972, il s’est considérablement accéléré au cours de ces dernières années, passant de quelques dizaines à quelques centaines de têtes nucléaires. Mais tout le monde s’en fout, les mass media sont occupés ailleurs… Mieux dit : l’information est d’abord destinée à… désinformer.

La rivalité Arabie Saoudite / Qatar est une assez vieille histoire sur fond de Frères musulmans (le Qatar) et de Wahhabisme (l’Arabe Saoudite). C’est pourquoi le coup de gueule de Donald Trump n’a pas été sans effet : tout était en place pour qu’il se traduise illico presto dans les faits. Commencer par pénaliser le Qatar, l’un des argentiers des Frères musulmans, est bienvenu dans la mesure où ces derniers sont plus intelligents et efficaces que les tendances que soutient l’Arabie Saoudite, à commencer par le Wahhabisme. Mais il ne faudra pas s’arrêter en si bon chemin et serrer progressivement le collier passé au cou de cette dernière afin de parvenir à son étouffement progressif, un étouffement que les U.S.A. ont commencé à organiser puisqu’ils ne dépendent plus d’elle pour leurs approvisionnements en énergies fossiles. A nous Européens de suivre !

Dans un article publié sur le site Causeur, intitulé « Arabie Saoudite – Qatar : l’histoire d’une rivalité. Pourquoi la brouille diplomatique était inévitable » et signé Aurélien Marq, on peut lire : « Le reproche fait à Doha de soutenir les Frères musulmans s’inscrit dans la même logique de rivalité au sein de l’extrémisme sunnite, la Confrérie représentant à long terme une menace particulièrement sérieuse, que les pays occidentaux ont d’ailleurs le grand tort de sous-estimer. Qu’elle privilégie l’influence culturelle et l’entrisme politique plutôt que la violence grossière des attentats, qu’elle se pose en recours pour « apaiser les tensions entre les communautés » en faisant progresser l’islamisation à coups « d’accommodements raisonnables », ne la rend pas moins dangereuse, au contraire ». Analyse impeccable dont il va falloir tirer toutes les conséquences. Je reviendrai à cet article, il contient une remarque qui rejoint certaines de mes observations au sujet de l’Iran.

Le Jaïnisme ne représente qu’un très faible pourcentage de la population indienne, mais son influence économique et intellectuelle est considérable. Ci-joint, Palitana, haut lieu de pèlerinage jaïn.  

 

L’Iran ? Quel intérêt aurais-je à défendre ce pays : je suis sioniste, une maladie dont l’état de gravité est tel dans mon cas qu’elle a été jugée incurable, et par les meilleurs spécialistes. Tout d’abord, je ne défends pas le régime iranien, en aucun cas, et j’espère que ceux qui me lisent l’ont compris. Mais je dis et redis qu’en prenant un peu de distance par rapport aux News, c’est du côté de ce pays qu’un avenir respirable se dessine. Cette entente ne se fera pas à n’importe quel prix, c’est pourquoi je m’empresse d’ajouter que les tentacules que poussent l’Iran au Moyen-Orient doivent être sectionnées, à commencer par la plus puissante d’entre elles, celle qui partie d’Irak s’étend vers la Syrie et le Liban, avec le Hezbollah aux portes d’Israël. Mais dans un même temps, il faut comprendre qu’un certain isolement historique explique l’agressivité du régime, autrement plus qu’une quelconque idéologie conquérante. Je signale que l’Iran n’a jamais attaqué ses voisins dans une guerre de conquête, comme l’ont fait les Arabes, ces propagateurs de l’islam. L’Iran a été conquis par les Arabes et islamisé par eux. La guerre Irak-Iran (1980-1988), si proche de nous, a été déclenchée par l’Irak de Saddam Hussein. Mais je ne vais pas me répéter ; j’ai exposé mon point de vue dans un certain nombre d’articles publiés sur ce blog (voir Iran dans « Categories »). Je vais simplement reprendre quelques éléments de réflexion et frontalement : je ne suis pas un adepte de la langue de bois. Point de départ : j’ai toujours jugé l’Iranien supérieur à l’Arabe, et que les chiens de garde de l’antiracisme retournent à leurs niches et à leurs réflexes pavloviens ; je me suis expliqué à ce sujet et je n’y reviendrai pas.

(à suivre)

Olivier Ypsilantis

 

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