Des histoires dans l’Histoire

 

Valentin Feldman au Mont-Valérien, le 27 juillet 1942, dans ce qui allait devenir la Clairière des Fusillés.

Paul Ferdonnet fonde l’Agence Prima presse. Le « traître de Stuttgart » finira lui aussi devant un peloton d’exécution (le 4 août 1945, au fort de Montrouge) mais pour d’autres raisons.

Eugène Dabit (célèbre pour son roman « Hôtel du Nord ») est invité par André Gide à faire un voyage en U.R.S.S. où il tombe malade et meurt à Sébastopol, en août 1936, à l’âge de trente-huit ans. Son « Journal intime » tenu entre 1928 et 1936.

Léo Voline, né à Paris en 1917, décédé à Clamart en 2002. Troisième fils du célèbre anarchiste ukrainien V.M. Eichenbaum, dit « Voline », auteur de la trilogie « La Révolution inconnue. 1917-1921 ». Léo Voline se rend en Espagne en 1937 où il s’engage dans une colonne de la C.N.T. En février, au cours d’un engagement, cette colonne est décimée. Sur ses quelque quatre mille combattants à peine plus de cinq cents survivent. Léo Voline est à l’initiative de la réédition (augmentée) de la trilogie de son père, en 1986. La première édition datait de 1947.

https://translate.google.fr/translate?hl=es&sl=ca&u=http://www.estelnegre.org/documents/leovolin/leovolin.html&prev=search

Je n’ai pas connu Léo Voline mais j’ai bien connu son fils, Marc, un camarade d’école. A ce propos, il ressemblait étonnamment à son père, avec les oreilles moins décollées, si ma mémoire est exacte. Et je pourrais à ce propos me lancer une fois encore dans une suite de « Je me souviens ». Par exemple, je me souviens que Marc me prêta l’édition originale de « La Révolution inconnue » que je lus presque d’une traite, un document auquel je reviendrai volontiers dans l’édition dont j’avais fait l’acquisition (Ed. Belfond / Poche-Club, 1972). Je me souviens de discussions passionnées sur cette période de l’histoire dont il était si connaisseur que le professeur lui cédait à l’occasion sa place. Marc Eichenbaum-Voline avait une autre passion, la BD, l’Américaine surtout. C’est lui qui m’a fait découvrir « Little Nemo in Slumberland » dont je suis resté un passionné. Plus récemment, j’ai appris qu’il avait traduit de l’américain au français « Krazy Kat » (1913-1944) de George Herriman (1880-1944), un exercice plutôt ardu :

http://www.du9.org/entretien/traduire-krazy-kat/

 

V.M. Eichenbaum, dit « Voline » (1882-1945)

 

Un événement peu connu : le bombardement d’Almería par des navires allemands au cours de la Guerre Civile d’Espagne. J’ai eu la surprise de constater que Valentin Feldman l’évoque, en date du 15 avril 1940, dans « Journal de guerre 1940-1941 », en page 118 aux Éditions Ferrago. Il écrit : « L’Admiral Scheer est coulé. Ce sont les marins de ce navire de guerre qui ont bombardé Almería. Almería ! Comme c’est loin ! ». Lorsqu’il écrit ces mots Valentin Feldman, alors soldat à la 107e Compagnie du Train hippomobile, est stationné à Rethel (sous-préfecture des Ardennes), et il est vrai qu’Almería est alors bien loin. Valentin Feldman commet toutefois une erreur : l’Admiral Scheer ne sera coulé qu’en avril 1945, le 9. Le 31 mai 1937, il avait bombardé Almería en représailles à l’attaque, l’avant-veille, du Deutschland en rade d’Ibiza, par l’aviation républicaine.

18 juin 1178, des moines de l’abbaye Christ Church de Canterbury observent quelque chose d’extraordinaire du côté de la Lune, une sorte de feu d’artifice (voir ce qu’écrit à ce sujet le chroniqueur officiel Gervase). Des experts contemporains pensent qu’il pourrait s’agir de l’impact d’un astéroïde dont l’énorme cratère Giordano Bruno serait la marque.

Michel Saint-Denis (alias Jacques Duchesne) et son équipe à la BBC. « La petite académie » ou « La discussion des trois amis ».

Caroline Herschel, astronome allemande, découvre des objets célestes dont plusieurs comètes. L’étroite collaboration entre Caroline et son frère William. Un astéroïde porte son deuxième prénom, Lucretia, et un cratère de la Lune a été nommé Caroline Herschel.

Ludwig Beck manque son suicide et est achevé. N’oubliez jamais la Résistance allemande dans toutes ses composantes !

 

Ludwig Beck (1880-1944)

  

Parmi ceux qui ont été formés par le Special Operations Executive (S.O.E.), la Kompani Linge dont l’un des exploits a été la destruction d’une usine de production d’eau lourde, à Vemork, en Norvège. Souvenir d’enfance : je regarde « The Heroes of Telemark » (1965) d’Anthony Mann, avec Kirk Douglas dans le rôle principal.

La bataille des V (V pour Victoire) initiée par Radio-Londres sur BBC, en mars 1941, une bataille non moins efficace – et peut-être même plus efficace – que celle des V1 et des V2 (V pour Vergeltungswaffe)

William Randolph Hearst veut à tout prix empêcher la sortie sur les écrans de « Citizen Kane ».

27 mars 1941, le roi Pierre II de Yougoslavie, âgé de seulement dix-sept ans, opère un coup d’État contre le gouvernement du président du Conseil yougoslave qui a ratifié le pacte tripartite germano-italo-japonais avec Hitler. Ce putsch ramène le pays à la neutralité. Toutefois, le jeune monarque ne tarde pas à promettre de le ratifier afin de protéger son pays. Peine perdue. L’Allemagne et ses alliés attaquent dans les jours qui suivent. A partir du 6 avril 1941, sans aucune déclaration de guerre, commence l’Opération Châtiment (Unternehmen Strafgericht) au cours de laquelle les stukas bombardent Belgrade par vagues durant plusieurs jours, causant la mort de près de dix-sept mille civils et d’énormes dégats matériels, notamment sur des monuments historiques. Une bombe incendiaire tombe sur la Bibliothèque Nationale, détruisant tout le bâtiment. Des manuscrits médiévaux d’une valeur inestimable et des éditions dont il ne subsiste qu’un exemplaire disparaissent dans les flammes. Ces bombardements sont combinés avec l’invasion du pays qui capitule le 17 avril 1941.

 

Pierre II de Yougoslavie (né en 1923, décédé en 1970, roi de 1934 à 1945)

 

Richard Sorge avertit Staline que le Japon n’a pas l’intention d’attaquer l’Union soviétique.

Paul Colette tire sur Pierre Laval le 27 juillet 1941 alors que ce dernier passe en revue des membres de la Légion des Volontaires Français contre le Bolchevisme (L.V.F.) dans la cour de la caserne Borgnis-Desbordes, à Versailles. « J’ai tiré sur Laval » (chez Ozanne & Cie, 1946) est un document à lire.

Le Chemin des Dames, appelé ainsi en souvenir des deux filles de Louis XV, les « Dames de France », Victoire et Adélaïde. Elles empruntèrent fréquemment cette voie carrossable pour se rendre au château de la Bôve, propriété de Françoise de Chalus qui avait été dame d’honneur d’Adélaïde.

Haakon VII de Norvège et le monogramme du chef de l’État, monogramme royal, H7, symbole de la résistance de tout un peuple à l’occupation allemande, H7 dessiné partout, et jusque sur la neige. N’oubliez pas Haakon VII de Norvège et n’oubliez pas Christian X de Danemark. Ils furent des hommes de courage, d’honneur et de fidélité à l’heure de toutes les trahisons. Âme de la résistance norvégienne en exil à Londres, Haakon VII refusa d’abdiquer afin d’empêcher la constitution d’un gouvernement légal à la solde des Allemands. Il faut relire son discours du 8 juillet 1940. Ci-joint, un article sur The Royal House of Norway au cours de la Seconde Guerre mondiale et un lien émouvant (j’y reviens, il figure dans un article publié sur mon blog) sur Christian X de Danemark. Le roi avait l’habitude de sortir chaque matin pour une promenade à cheval, le matin, sans escorte dans sa capitale :

http://www.royalcourt.no/artikkel.html?tid=28689&sek=27269

https://www.youtube.com/watch?v=DuTtxvDWiqU

 

Haakon VII de Norvège (1872-1957)

 

 Olivier Ypsilantis

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