2/2 – A propos de la France et de son vote en faveur d’une résolution du Conseil exécutif de l’UNESCO (niant tout lien historique entre le peuple juif et ses deux sites les plus sacrés à Jérusalem)

 

« Jamais, avant cette résolution, la France n’avait autant cautionné les vieux fantasmes islamo-palestiniens qui aiment à croire que les Juifs veulent détruire les mosquées de Jérusalem.

Ainsi, au point 14 de l’étrange motion, les Juifs perfides sont accusés d’avoir fabriqué de fausses tombes pour s’emparer des cimetières musulmans…

La vieille politique arabe de la France, main dans la main avec ces nouveaux fonctionnaires acculturés qui se soumettent à la lecture coranique de l’Histoire. Le consulat de France à Jérusalem doit exulter », écrit Gilles William Goldnadel dans son article « Trêve de mondanités » mis en lien à la fin du présent article.

 Dry Bones

 

Dans un article de Jean-Pierre Bensimon intitulé « Une autre lecture de la décision de l’UNESCO sur la ‟Palestine occupée” », concernant la résolution du Conseil exécutif de l’UNESCO (du 15 avril 2016), l’auteur insiste sur « le négationnisme qui sous-tend en filigrane » ce texte. Que les Arabes cherchent une fois encore à s’attribuer ce qui est juif n’a rien d’étonnant ; ils ne vivent depuis des siècles (depuis l’apparition de l’islam dont ils constituent le cœur historique) qu’en pillant les Juifs, le Coran n’étant qu’une très pauvre « adaptation » de la Bible, « adaptation » figée dans une majeure partie du monde musulman, à commencer par le monde sunnite. L’effort d’interprétation existe dans ce monde mais il est porté par des tendances marginales, volontiers menacées et persécutées par le gros de la troupe.

Les Musulmans ne sont pas les seuls à piller et avoir pillé les Juifs. Mais pour l’heure je n’insisterai pas. Israël, l’« État juif », une désignation qui donne de l’urticaire au pro-arabe Alain Juppé, peut-être futur président de la RF, l’« État juif » donc ne peut qu’irriter le monde arabe, et plus généralement le monde musulman, puisqu’il constitue une sorte de pied-de-nez à ceux qui avaient relégué les Juifs, un pied-de-nez par lequel les Juifs réintègrent pleinement l’histoire, et la tête haute. Or, le Juif qui a la tête haute est envisagé comme un affront chez eux et, dans une moindre mesure, chez nous : on tolère le Juif comme tel aussi longtemps qu’il ne s’affirme pas sioniste. Quant au Juif anti-sioniste, c’est du pain béni ; on l’invite et chaleureusement, on lui tend le microphone après avoir réglé les haut-parleurs au maximum de leur puissance. Ce dernier permet aux non-Juifs antisionistes de se déclarer purs de tout antisémitisme… puisque des Juifs sont antisionistes.

L’islam, ce nouveau-venu, a un besoin frénétique de se substituer à tout ce qui l’a précédé, à commencer par le judaïsme et le christianisme. Toute sa hargne envers Israël s’explique par cette volonté de substitution, volonté qu’activent le Coran et, à sa manière, la Bible des Chrétiens. Or, la re-fondation d’Israël contrarie cette volonté. En conséquence, ça trépigne et ça éructe. C’est comme un rentier qui se verrait privé de ses rentes ou un pantouflard qui se verrait privé de ses pantoufles. Cette volonté de se substituer aux Juifs, et à tous les niveaux, trouve tout naturellement son expression et son accomplissement dans l’appropriation des symboles, avec changements toponymiques et rapt sur les lieux les plus chargés en symboles pour les Juifs. Jérusalem est au cœur de cette stratégie d’encerclement et d’appropriation. En Israël il y a d’autres lieux pareillement chargés, mais il est certain que Jérusalem (à commencer par le Kotel) dépasse tous les autres lieux par sa charge symbolique.

Jean-Pierre Bensimon écrit dans ce même article que l’Autorité palestinienne a fort bien compris que les Palestiniens sont « les grands experts contemporains de la guerre idéologique, diplomatique et juridique ». Je ne puis qu’acquiescer mais il ne faudrait pas présenter ces derniers comme doués de talents particuliers. Ils profitent d’une tendance générale, répandue à des degrés divers dans des populations diverses. Ils savent que ces propositions présentées à l’UNESCO (par six pays, tous arabo-musulmans, à l’exception du Liban) ne pourront que séduire le gros de la troupe. L’antisionisme sous toutes ses formes ne peut que séduire la masse puisque l’antisionisme est la voix de la masse… 

Mais je cède la parole à Jean-Pierre Bensimon : « La force de la Tradition juive ne dépend pas du consentement de Ramallah ni de Paris, mais de la conviction intime de ceux qui s’en réclament. La légitimité et la matérialité de la présence juive à Jérusalem, la pérennité du pouvoir juif en Israël, ne découlent ni de la reconnaissance de l’Autre, ni de la force des textes juridiques qui les établissent. Elles doivent tout à l’unité du peuple, à la capacité de défense et de dissuasion de l’État juif, à son aptitude à passer des alliances, et à sa contribution indispensable à la modernité du monde dans son ensemble ». A bon entendeur, salut ! A word to the wise.

Cette volonté de se substituer aux Juifs, et de diverses manières, est une véritable turbine continuellement alimentée par des forces venues des profondeurs. Certes, ainsi que nous y invite l’auteur, il ne faut pas « limiter la portée de la décision de l’UNESCO à un antagonisme ou à une négation cantonnés à la sphère religieuse » mais il ne faut pas pour autant pousser de côté cette sphère au seul profit de la sphère politique ; car dans cette partie du monde, et probablement plus que partout ailleurs, le religieux et le politique tiennent l’un à l’autre comme fil de trame et fil de chaîne.

(Je me permets d’ouvrir une parenthèse pour redire que la Théologie de la Substitution reste très active chez les Chrétiens, même après Vatican II et les efforts sincères visant à la dépasser, tant de la part de Chrétiens que des autorités religieuses. Le Christianisme ne se résume pas à l’Inquisition, le Christianisme n’est pas que violences et ténèbres. Mais ne pas vouloir admettre, et sans renier sa foi, que cette Théologie est insérée dans les fondations mêmes du Christianisme, et qu’elle le soutient comme des haubans soutiennent un mat, c’est commencer à partir tout de travers et à s’emberlificoter. Cette Théologie est patente à chaque page de la Bible des Chrétiens. J’en suis extraordinairement conscient, ce qui ne m’empêche pas de reconnaître les grandeurs du Christianisme. Je ne suis pas de ces laïcards grincheux, je ne m’érige pas en juge, je respecte la foi, chrétienne en l’occurrence, et je sais apprécier ce que le Christianisme a donné d’admirable. Mais cette Théologie ne peut être cachée comme de la poussière sous le tapis.)

Je ne partage pas l’optimisme de Jean-Pierre Bensimon lorsqu’il écrit que « le narratif arabo-palestinien qui nie l’existence d’un temple juif antique à Jérusalem » provoque « plutôt l’amusement du Juif, du chrétien, du théologien musulman » ; je n’en suis pas vraiment convaincu. Il me semble que cet amusement n’est guère partagé par un grand nombre de Musulmans et par certains Chrétiens qui prennent la chose très au sérieux, pour argent comptant dirait-on ; et, surtout, je sais que l’inquiétude des Juifs est grande, très grande, surtout dans la diaspora mais aussi chez les Juifs d’Israël. Il y a aussi que ces divagations en arrangent beaucoup et qu’elles sont volontiers instrumentalisées. Soyons sans illusion. Quand on sait que « Les Protocoles des Sages de Sion » restent une pitance goulûment avalée par un nombre considérable de quidams…

Ceux qui dirigent aujourd’hui la France me font honte pour la plupart, à commencer par le promoteur de ce vote, le Ministre des Affaires étrangères et du Développement international, Jean-Marc Ayrault. L’arrivée d’Alain Juppé à la présidence de la République (en supposant qu’il soit élu) ne risque pas d’arranger les choses. Le monsieur s’est dit perturbé par la désignation « État juif », prétextant qu’il n’y avait pas que des Juifs en Israël… Cet homme est une lopette qui traîne sa morgue et sa fatuité ici et là. A tordre.

Jean-Pierre Bensimon rappelle que si la « la France a voté sans équivoque en faveur de la décision présentée le 15 avril 2016, il est très important de noter que de grands pays occidentaux, le Royaume-Uni, l’Allemagne, les Pays-Bas et les États-Unis ne se sont pas abstenus mais ont voté contre », ne se sont pas abstenus mais ont voté contre…

Avec ce vote, la France qui ne cesse de perdre en influence dans un domaine où elle a longtemps brillé, la diplomatie, et forte de l’échec des négociations menées par John Kerry en avril 2014, la France donc s’est empressée de remplir le vide relatif laissé par les Américains (leurs élections présidentielles approchant), ainsi que le rappelle Jean-Pierre Bensimon. Ce n’est pas la première fois qu’un gouvernement de la France se risque à manœuvrer de la sorte dans cette région du monde ; mais ce qui vient de se concocter dépasse en bassesse tout ce qui s’est concocté jusqu’à présent.

L’attitude de la France avec cette résolution du Conseil exécutif de l’UNESCO a une généalogie. Il faut lire le livre de David Pryce-Jones, « Un siècle de trahison » sous-titré « La diplomatie française et les Juifs, 1894-2007 ».

Je profite de ce contexte très inquiétant (puisque l’anti-sionisme officiel s’attaque à présent ouvertement aux symboles) pour rappeler que si les appareils d’État en France (Quai d’Orsay, AFP et autres tripots) ont été (et restent) doucereusement et insidieusement hostiles à Israël, des responsables ont su aider Israël, et dans un moment particulièrement inquiétant de son histoire : Guy Mollet, de la S.F.I.O., et Maurice Bourgès-Maunoury, un radical-socialiste. Certes, la France voulait se débarrasser de Nasser qui soutenait l’Algérie dans sa lutte pour l’indépendance — et Israël était un allié potentiel dans cette lutte puisque Nasser constituait pour ce pays une menace directe. Il n’empêche, l’action de ces hommes ne doit pas être oubliée. Pour comprendre l’importance de leur action en des temps encore héroïques, je recommande la lecture des mémoires du colonel Benjamin Kagan, « Combat secret pour Israël » — également disponible en anglais sous le titre « The Secret Battle for Israel ». Ce livre m’a fait oublier pour un temps les manigances de dirigeants indignes. Autre homme qui m’empêche de sombrer dans le dégoût de la France, le général Pierre-Marie Kœnig. De vieilles histoires me dira-t-on. Peut-être. Mais les « vieilles histoires » ne sont pas seulement derrière nous, elles sont aussi devant nous — elles nous précèdent :

http://www.akadem.org/public/Documents/FINIS/TANGUY-Koenig_883_A1/Bio-Koenig-Doc1.pdf

Ci-joint, l’intégralité de l’article de Jean-Pierre Bensimon intitulé « Une autre lecture de la décision de l’UNESCO sur la ‟Palestine occupée” » et publié par l’Association France-Israël Marseille Alliance général Koenig :

http://fim13.blogspot.com.es/2016/04/une-autre-lecture-de-la-decision-de.html

Ci-joint, un article intitulé « Le glas de l’intelligence française » et publié par Léon Rozenbaum sur son blog SourceIsrael.com :

http://sourceisrael.com/2016/05/le-glas-de-lintelligence-francaise/

Enfin, je soumets à la réflexion du lecteur cet article sans concession de Gilles William Goldnadel intitulé « Trêve de mondanités » :

http://blognadel.over-blog.com/2016/05/treve-de-mondanites.html

 

 Olivier Ypsilantis

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