Je me souviens d’elles – 2/2

Giovanna Casotto (en Header, à droite de l’image) 

Je me souviens d’Inés de Castro, de son assassinat pour raison d’État.

Je me souviens de Juana la Loca, de son internement à Tordesillas.

Je me souviens de Gertrud von Le Fort, je m’en souviens surtout par Georges Bernanos.

Je me souviens d’Anna Magnani. Il arrive souvent qu’une scène du cinéma néo-réaliste où elle apparaît me vienne à l’improviste et avec précision, comme cette scène de « Mamma Roma » :

https://www.youtube.com/watch?v=vx52cBite_E

Je me souviens de cette aventurière à l’identité incertaine qui se présentait comme « princesse Tarakanova », et j’en oublie, et se faisait passer pour la fille de la défunte impératrice de Russie, Élizabeth Ire, la fille de Pierre le Grand. Combien de dupes et de dettes a-t-elle faits ? Catherine II qui n’avait prêté qu’une attention amusée aux prétentions de l’aventurière finit par en être agacée voire inquiète. Elle se la fit livrer par la ruse (voir le rôle tenu par Alexeï Orlov) puis l’enferma dans la forteresse Pierre-et-Paul. Nombre de légendes circulèrent au sujet de sa mort. L’une d’elles a été mise en scène par Constantin Flavitsky ; et c’est essentiellement par cette composition (la plus connue de l’artiste) que nous nous souvenons d’elle.

Princesse Tarakanova

Les derniers moments de la « princesse Tarakanova » peints par Constantin Flavitsky (Константин Дмитриевич Флавицкий, 1830-1866) en 1864, selon la légende qui veut qu’elle soit morte noyée dans l’inondation de 1777.

 

Je me souviens de Jeanne Hersch, de son concept d’étonnement philosophique.

Je me souviens d’Oriana Fallaci, une femme de courage.

Je me souviens de Carmen Silvera, Edith Artois dans la série télévisée « ‘Allo ‘Allo ! »

Je me souviens de Helly Luv, l’égérie kurde. Je me souviens qu’elle se rendit populaire par « Risk It All » :

https://www.youtube.com/watch?v=33Zd1c4QDIs

Je me souviens de Brigitte Lahaie (Brigitte Vanmeerhaeghe), actrice X mais pas seulement, de sa reconversion à la radio, sur RMC, avec l’émission « Lahaie, l’Amour et Vous ».

Je me souviens de Jennifer Saunders et de Joanna Lumley dans « Absolutely Fabulous », de fous rires en leur compagnie.

Je me souviens de Bouboulina, héroïne de la Guerre d’Indépendance grecque de 1821. Je me souviens que ce nom ne cesse de revenir dans la bouche d’Anthony Quinn, dans « Zorba le Grec » de Michael Cacoyannis. A ce propos, je me souviens de Lila Kedrova, « Bouboulina », Madame Hortense.

Je me souviens d’Anne Dorval dans la série télévisée québécoise, « Le cœur a ses raisons ».

Je me souviens d’être tombé amoureux de Bibi Andersson dans « Sourires d’une nuit d’été » (Sommarnattens leende) d’Ingmar Bergman où elle ne tient pourtant qu’un tout petit rôle ; mais cette joie de vivre transmise par chacune de ses expressions me reposait des mélancolies véhiculées par la littérature, d’August Strindberg à Stanisław Przybyszewski.

Ingmar Bergman et Bibi AnderssonSur le tournage de « Persona » (en 1966) : Bibi Anderson (à gauche), Liv Ullmann et Ingmar Bergman. 

 

Je me souviens de Lee Miller, un nom qui suscite en moi mille souvenirs ; mais l’un d’eux domine les autres sans que je sache pourquoi, le dégoût probablement, avec cette photographie qui montre ce top model prenant un bain dans la baignoire de Hitler, en 1945, à Munich :

http://www.dailymail.co.uk/news/article-2292365/Dark-secret-woman-Hitlers-bathtub-How-war-photographer-Lee-Miller-raped-child-forced-pose-naked.html

Je me souviens de Maryam Radjavi, haute figure de la résistance iranienne.

Je me souviens de compositions peintres et gravées de Geneviève Asse, espaces de délicatesse et de silence. Je me souviens que cette artiste s’engagea dans les FFI, fut conductrice-ambulancière à la 1re D.B. et participa à l’évacuation du camp de Theresienstadt.

Je me souviens de Simone de Beauvoir. J’ai lu l’intégralité de son œuvre autobiographique avec un élan qui amusait mon entourage. Je leur expliquais que ces écrits au style épuré et précis m’intéressaient autrement plus que le salmigondis de Jean-Paul Sartre plus connu sous le nom de Jean-Sol Partre.

Je me souviens de ma surprise en apprenant que cette critique d’art que je lisais avec assiduité dans « Art Press » au cours de mes années d’études, Catherine Millet, était une libertine frénétique, ce que je découvris par « La vie sexuelle de Catherine M. », un ouvrage que je lus avec un mélange d’étonnement et d’ennui, sans jamais cesser d’apprécier la qualité de l’écriture.

 Catherine Millet

L’une des éditions des mémoires de Catherine Millet (née en 1948) 

 

Je me souviens quand Michèle Barzach, alors ministre de la Santé, déclara que Tchernobyl n’avait en rien affecté la France et qu’en conséquence la population (y compris les femmes enceintes) n’avait aucune précaution particulière à prendre.

Je me souviens que le nom « Madame Claude » intrigua mon enfance. Une grand-tante chuchotait ce nom comme s’il s’agissait du Diable. J’avais oublié « Madame Claude » ; mais sa mort, fin 2015, me fit revenir ces chuchotements.

Je me souviens que la garde des sceaux, Christiane Taubira, a été comparée à un singe.

Je me souviens des tache de rousseur de Marlène Jobert.

Je me souviens de Romy Schneider, un nom qui fait se lever en moi tant de souvenirs. Romy que je vis comme une mère, une sœur.

 Romy Schneider

Romy Schneider (1938-1982)

 

Je me souviens des personnages loufoques interprétés par Florence Foresti dans l’émission « On a tout essayé ».

Je me souviens de Hermine dans « Steppenwolf » de Herman Hesse ; Hermine, le personnage de roman qui a le plus troublé mon adolescence.

Je me souviens d’Ana Non (voir le roman d’Agustin Gómez-Arcos), le personnage de roman qui a le plus ému mes années de maturité.

Je me souviens de « The Cranberries » et de Dolores O’Riordan, de « Fleetwood Mac » et de Stevie Nicks.

Je me souviens d’une ministre de l’Agriculture au nom prédestiné, Édith Cresson. Je me souviens des colères qu’elle provoqua dans le monde agricole.

Je me souviens de mon malaise fasciné devant les actions de Gina Pane, un malaise proche de celui que j’éprouvais devant les actions de Rudolf Schwarzkogler.

Je me souviens d’Alexandra Maria Lara (Alexandra Plătăreanu) dans le rôle de Traudl Junge — voir « Der Untergang » d’Oliver Hirschbiegel.

 Der Untergang

« Der Untergang » d’Oliver Hirschbiegel (2004)

Je me souviens des rêveries de Giovanna Casotto, une artiste qui s’utilise comme modèle pour des BD érotiques particulièrement élaborées.

Je me souviens de mon plaisir au volant à écouter les chansons de Nina Gordon (Nina Rachel Shapiro Gordon), en particulier « Tonight And The Rest of My Life » :

https://www.youtube.com/watch?v=Z29Wq7vWKDI

Je crois percevoir dans cette vidéo, tant par l’éclairage que par les poses, une discrète allusion (probablement inconsciente) à l’œuvre de G. F. Watts, ce peintre victorien rattaché au symbolisme.

Je me souviens de La Mère Denis, figure emblématique de la marque de machines à laver Vedette.

Je me souviens que Florence Arthaud effectua sa première traversée de l’Atlantique au cours d’une convalescence suite à un grave accident de voiture. Mais son nom fait se lever tant de « Je me souviens » qu’il me faudrait écrire un « Je me souviens » à part…

Je me souviens de la revue de presse de Catherine et Liliane sur Canal+. Mais j’y pense, Catherine et Liliane sont des hommes ! Alex Lutz pour Catherine, Bruno Sanches pour Liliane…

Je me souviens des Vieilles dames de Jacques Faizant (dans « Le Figaro »), des Parisiennes de Kiraz (dans « Jours de France ») et des Frustrés de Claire Bretecher (dans « Le Nouvel Observateur »).

Kiraz

Kiraz, une élégance, une mise en page et une palette qui m’évoquent René Gruau.  

 

Olivier Ypsilantis

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